Source : Weapons of Math Destruction
Renouveler la pédagogie avec un enseignement explicite et structuré, instructionniste, vraiment moderne et efficace. Faire connaître et reconnaître le nouveau courant de la Pédagogie Explicite.
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mercredi 26 février 2014
samedi 22 février 2014
Lecture : Enseigner explicitement, en allant du plus simple au plus complexe
Source : Le Monde du 03.02.2014
Stanislas Dehaene :
« On observe souvent un déni de la réalité scientifique »
Pour le professeur au Collège de France, psychologue cognitif
et neuroscientifique, ce sont les méthodes d'apprentissage de la lecture qu'il
faut revoir afin de lutter contre l'illettrisme.
Tous les enfants peuvent-ils vraiment apprendre à lire ?
Oui, même les dyslexiques sévères, à condition de leur
proposer un enseignement systématique. Le principe alphabétique ne va pas de
soi. Il faut en enseigner explicitement tous les détails : la correspondance de
chaque lettre ou groupe de lettres avec un son du langage, la distinction entre
voyelle et consonne, le déroulement du mot de la gauche vers la droite, les
lettres muettes, les terminaisons grammaticales – et cela, avec une progression
systématique du plus simple au plus complexe, et sans jamais proposer à
l'enfant de mots dont on ne lui ait pas enseigné, d'abord, les clés de lecture.
Vos recherches en imagerie cérébrale démontrent que tous
les enfants bénéficient des mêmes capacités cognitives. Alors, comment
expliquer que les élèves issus de milieux défavorisés ont plus de difficultés
que les autres pour apprendre à lire ?
Les réseaux fondamentaux de la vision et du langage sont
effectivement les mêmes pour tous. Ce qui manque, en revanche, aux plus
démunis, c'est un environnement stimulant. Faute de livres, leur vocabulaire
est réduit. Faute de jeux intelligents, leur flexibilité cognitive est moindre.
Résultat : ils sont plus vulnérables que les autres aux troubles de
l'apprentissage.
Les enseignants font pourtant beaucoup pour eux. Comment
peuvent-ils les aider à surmonter ces troubles, notamment en lecture ?
En s'adaptant au fonctionnement cognitif des élèves. Cela
signifie que l'enseignement doit insister sur la conversion des lettres en
sons. Pourquoi ? Parce que quand un enfant apprend à lire, son cerveau effectue
trois étapes. La première consiste à identifier la séquence de lettres. La
deuxième, le décodage de leur prononciation. Et c'est seulement en dernier
qu'intervient le sens. Il faut attendre plusieurs années avant que la lecture
devienne un automatisme. Seul un lecteur expert passe directement des chaînes
de lettres à leur signification. C'est pourquoi le déchiffrage des lettres, qui
ne devient automatique qu'au bout de deux ou trois ans chez un enfant, est une
étape extrêmement importante. Penser qu'on peut la court-circuiter afin
d'accéder directement au sens des mots, à leur signification, est une grave
erreur. C'est néanmoins ce que proposent certaines méthodes mixtes.
Mais les méthodes de lecture mises à disposition des
enseignants permettent-elles d'avoir la bonne évolution ?
Dans un manuel très populaire l'enfant doit, dès les
premières semaines de CP, différencier un article de journal d'une poésie, bien
qu'il ne sache pas lire. Aberrant également, les énoncés du type « Je sais déjà
lire des mots », où l'élève se réfère à des illustrations pour trouver les
réponses. Cela l'incite à croire que les mots se devinent. Cela explique la
présence de cinq ou six élèves en échec dans chaque classe de CP, souvent issus
d'un milieu défavorisé. Les autres réussissent parce que leur famille compense
les déficiences de l'école.
Certaines méthodes seraient donc plus adaptées que
d'autres au fonctionnement cérébral des enfants ?
Une enquête menée par le sociologue Jérôme Deauvieau montre
que l'utilisation d'un manuel « graphémique » comme Je lis, j'écris (Les
Lettres bleues, 2009) améliore les performances des élèves de vingt points sur
cent. Mais dans le fond, peu importe que l'enseignant parte des lettres pour
composer des syllabes, ou de mots simples pour les décomposer en lettres.
L'important est que celui-ci explique progressivement les principes du code
alphabétique. Ce qu'il ne faut pas, c'est distraire l'enfant. Or, comme leur
nom l'indique, les méthodes mixtes contiennent une incroyable mixité
d'exercices. Certains sont appropriés, d'autres pas. Et puis, il faut aussi
cesser de politiser les questions de méthode. C'est absurde. L'apprentissage de
la lecture n'est ni de droite ni de gauche. Le cerveau des enfants fonctionne
d'une seule et même façon. Pour délivrer un enseignement adapté, les profs
doivent simplement connaître ce fonctionnement.
Comment expliquer justement que les enseignants n'aient
pas tous connaissance de ce fonctionnement ?
Parce que la science de l'apprentissage est très peu
présente dans leur formation. Beaucoup d'enseignants ignorent ces étapes par
lesquelles un enfant apprend à lire. C'est ce qui les amène à croire qu'il
s'agit d'une opération simple. C'est normal, puisque chez un adulte, la lecture
est un automatisme.
En revanche, il faut remédier à la méconnaissance qu'ont les
enseignants des processus d'apprentissages. Les profs doivent devenir des
experts de la recherche en éducation, comme leurs homologues finlandais, qui
collaborent régulièrement aux travaux des chercheurs. En Belgique, la dyslexie
et la dyscalculie sont systématiquement détectées. Les enseignants connaissent
ces troubles, ne les nient pas et redoublent d'effort pour que les élèves
puissent les surmonter. Ce n'est pas le cas en France, où on observe souvent un
déni de la réalité scientifique.
Les apports de la science sont néanmoins à l'origine de
la réforme des rythmes scolaires…
Oui. L'école de 4,5 jours est plus respectueuse des rythmes
d'apprentissage de l'enfant. Depuis cinquante ans, les recherches montrent
qu'il vaut mieux répartir un cours d'une heure en quatre petites leçons de
quinze minutes plutôt que de le dispenser d'un coup. Le mécanisme est simple.
Chaque jour, vous accumulez des connaissances et chaque nuit, ou à chaque
sieste, vous les consolidez. Plus il y a d'alternance entre apprentissage et
sommeil, mieux fonctionne la mémoire ! Et chez les enfants hyperactifs et qui
souffrent de troubles de l'attention, allonger la période de sommeil constitue
souvent un excellent remède !
Propos recueillis par Emma Paoli
mardi 4 février 2014
Sciences de l'éducation : quelle utilité ?
Entre laboratoire et terrain : comment la recherche fait ses preuves en éducation
Olivier Rey
Dossier de veille de l'IFÉ, n° 89
01.2014
L’IFÉ (ex-INRP) n’aime pas les instructionnistes, la
pédagogie explicite et tout ce qui se réclame de l’efficacité en enseignement.
Et le fait subtilement savoir à chaque nouvelle parution. Celle-ci n’échappe
pas à la règle.
Dans cette étude, Olivier Rey part des résultats décevants
du dernier PISA pour concéder qu’ « il
devient dès lors stratégique de disposer d’une recherche en éducation forte,
bien structurée et apte à fournir aux praticiens comme aux décideurs de
politique publique des éclairages sur les questions cruciales d’éducation ».
C’est bien notre point de vue.
Mais l’auteur ajoute aussitôt : « C’est là que le bât blesse… ». Car,
comme tout le monde, il constate que « les
sciences de l’éducation, cadre disciplinaire censé rassembler les recherches
dans ce domaine, ont en effet une piètre réputation dans le monde universitaire
comme dans de nombreux cercles politiques et médiatiques, et au sein même du
système éducatif. »
Et pour illustrer cette mauvaise réputation, Olivier Rey
rappelle « la façon dont les IUFM
ont été brocardés, puis “supprimés” dans un discours présidentiel, comme la
dissolution de l’Institut national de la recherche pédagogique (INRP) dans
l’indifférence générale en 2010, est symptomatique de cet état d’esprit ».
À qui la faute ?
Depuis une quarantaine d’années, les sciences de l’éducation
sont la chasse gardée des constructivistes en tout genre, et surtout des plus
radicaux. Les IUFM ne formaient les enseignants qu’à cette démarche
pédagogique, et malheur à ceux qui ne s’y soumettaient pas. On parlait à juste
titre de « formatage idéologique », sans le moindre rapport avec la
réalité du métier, des classes et des élèves. Au terme de cette “formation”,
les enseignants n’avaient plus qu’à tout oublier s’ils voulaient enfin être
efficaces et il ne leur restait plus qu'à se former sur le tas… au détriment des cohortes d’élèves qui
se voyaient sacrifiées dans les premières années de leur carrière. Un scandale
absolu ! Aussi, lorsque les IUFM ont été supprimés, les seuls qui ont
versé des larmes étaient les formateurs bien installés dans ce fromage. Mais je
conviens que la suppression n’était pas la solution, loin de là. Quand un
médecin a affaire à un malade, il ne doit pas lui venir en aide par
l’euthanasie. Il fallait réformer les IUFM en commençant par virer tous les
“formateurs” incompétents et par instaurer la pluralité dans
l’apprentissage des démarches pédagogiques.
Quant à la dissolution de l’INRP, on peut dire que les mêmes
causes engendrent les mêmes effets. Un discours à sens unique, systématiquement
favorable au constructivisme, a fini par lasser tout le monde sauf une petite coterie de convaincus. Pourtant le “RP” du sigle signifie
“recherche pédagogique” : on aurait aimé là aussi un peu plus de
pluralisme et un peu moins de parti pris.
Remarque incidente en forme de consolation pour l'auteur : les IUFM
et l’INRP ont certes été supprimés, mais les ESPÉ et l’IFÉ les ont fait
renaître de leurs cendres peu de temps après. Et avec les mêmes !
Sur le terrain, les collègues instituteurs et professeurs
des écoles ont, pour la plupart, été littéralement dégoûtés par les discours
abscons entendus dans les animations pédagogiques ou à l’IUFM, que ce soit en formation
initiale ou continue. Qui n'a pas connu les travaux en groupe où on nous laissait patauger en
toute orthodoxie constructiviste ? Résultat : rien ne pouvait être réinvesti
le lendemain dans sa salle de classe. Et si on essayait, cela foirait immanquablement. À de rares exceptions près : il paraît que maintenant certains formateurs
se mettent à l’explicite, sans avoir peur d'être dénoncés !
Tout cela a abouti à un comble : les praticiens ne veulent plus entendre
parler de pédagogie. Même lorsqu’on leur explique que certaines recherches en
sciences de l’éducation peuvent servir, qu’il existe des chercheurs sérieux et
des études performantes qui nous offrent une assise théorique solide et
documentée. Cette allergie aux sciences de l’éducation et à la pédagogie, nous
la ressentons vraiment avec Form@PEx dont l’objet est justement de mettre à la
disposition de nos collègues praticiens ce que la recherche produit de plus
intéressant et de plus efficace à mettre en œuvre en classe.
De son côté, Olivier Rey écrit : « Au-delà des procès idéologiques, une autre
façon d’aborder la question est apparue plus récemment en France, consistant à
opposer ce qu’on estime être la recherche traditionnelle en éducation et les “recherches
scientifiques” qu’il faudrait développer ». Moi, j’aurais parlé de “recherches bidon” et de recherches sérieuses, en mettant des guillemets aux premières et pas aux secondes. Pour les distinguer les unes des autres, rien de plus simple : on utilise la taxonomie
d’Ellis et Fouts (dont l’étude qui nous occupe ne pipe mot).
Olivier Rey connaît bien, lui aussi, la différence entre ces deux types
de recherche : « Il y aurait
d’un côté les recherches “scientifiques” qui reprennent très précisément les
protocoles des sciences expérimentales et miment autant que possible la
situation du laboratoire (avec groupe témoin, variables contrôlées, etc.), et
de l’autre côté les recherches “idéologiques”, qui prôneraient des méthodes
basées sur des convictions militantes sans “preuves” scientifiques ».
Un bel exemple de ces recherches idéologiques basées sur des convictions
militantes nous est offert par le travail
d’Yves Reuter sur les miracles accomplis par la pédagogie Freinet dans un
quartier de la banlieue de Lille.
Pour bien flétrir les recherches scientifiques, on parle de « positivisme ». Exemples :
« on constate sur ces questions une
tendance assez forte au positivisme », « une certaine dérive positiviste ». En ajoutant : « comme si certaines méthodes expérimentales
offraient des raccourcis pour un accès immédiat au “réel”, débarrassé de toute
valeur ou idéologie ».
À ce stade, pour remettre les choses en ordre, je préfère laisser la parole à Gauthier et al. (2013) :
« En éducation, il nous manque la plupart du temps des données, des preuves, des études rigoureuses ; conséquemment, chacun se laisse happer par l'air du temps, la mode, ce qui est populaire et dominant. À cet égard, on observe un phénomène assez courant que l'on appelle la “circularité des références”. Un certain nombre de penseurs de l'éducation, assez prolifiques et connus d'ailleurs, se citent mutuellement. Ce phénomène de citations en boucle crée une sorte d'effet de science et fait passer pour de la recherche ce qui n'est en réalité qu'une espèce de mantra pseudo-scientifique, c'est-à-dire de simples opinions reprises de multiples fois par ces stars de l'éducation et qui produisent, par leur récurrence, un effet de vérité trompeur. Par exemple, la plupart des auteurs francophones en éducation qui affichent l'étiquette “constructiviste” prennent appui sur les mêmes références, se renvoient l'ascenseur et se citent mutuellement. On cherche en vain des preuves empiriques et des données probantes et, au bout du compte, on en arrive progressivement à la conclusion qu'elles n'existent tout simplement pas. »
Pour Olivier Rey, « la
recherche en éducation doit par conséquent toujours osciller entre chercher à
s’approcher le plus possible du Vrai, scientifiquement étayé, et du Bien, qui
est affaire de valeurs et d’éthique, sans se replier ni sur l’un ni sur l’autre ».
Décryptons : nous avons le camp du Vrai (les
instructionnistes) et le camp du Bien (les constructivistes). Hélas pour ces considérations simplistes, depuis le projet Follow
Through, on sait que l’on peut faire à la fois du Vrai et du Bien grâce à
une pédagogie explicite qui facilite les apprentissages et favorise la réussite, ce qui augmente
mécaniquement l’estime de soi.
L’auteur définit parfaitement l’Evidence-Based
Education (EBE) :
« Le concept
recouvre trois objectifs distincts bien qu’étroitement liés par les promoteurs
de l’EBE :
− baser les politiques
et les pratiques éducatives sur les résultats (« preuves ») de la recherche ;
− améliorer pour ce
faire la qualité scientifique de la recherche en éducation et en particulier sa
capacité à fournir des résultats probants de nature causale sur les activités
éducatives (telle intervention produit tel effet) ;
− privilégier des
méthodologies répondant à cet objectif, notamment les démarches expérimentales
(ou quasi expérimentales) ainsi que les “revues systématiques de recherches”
(ou méta-analyses). »
Il précise même, très justement, que « l’EBE est en effet le double produit d’une
critique, souvent virulente, de la recherche en éducation traditionnelle et de
l’ambition de reproduire dans le champ de l’éducation des méthodes utilisées
dans le champ des sciences naturelles, et particulièrement de la médecine ».
À ce propos, il rappelle ce que Slavin disait : « La révolution
scientifique qui a profondément transformé la médecine, l’agriculture, les
transports, la technologie et d’autres champs au cours du XXe siècle a laissé complètement intact le champ de l’éducation ». Hélas...
À la fin de son étude, Olivier Rey s’intéresse au problème
de l’étanchéité entre le monde de la recherche et le monde des praticiens. Il
essaie de répondre à la question de savoir d’où viennent les convictions des
enseignants. Selon lui, « les
enseignants agissent plus sur la base de croyances fondées sur leur expérience que
de connaissances produites par la recherche ». Et pour cause !
Ils ont une indigestion de « connaissances produites par la recherche »
qui ne leur ont servi à rien dans la pratique concrète de leur métier... ou qui les a noyés dans des pratiques complètement
inefficaces dans le pire des cas. Quand la recherche conduit au burn-out, on évite de
s’y intéresser !
Le malheur, c’est que les enseignants jettent le bébé avec l’eau (sale)
du bain. Les données probantes validées par des travaux sérieux, solides et
tangibles, sont ignorées. Beaucoup “bricolent” leurs solutions avec quelques
recettes glanées sur Internet. Sans se poser la question de la philosophie éducative (constructivisme ou
instructionnisme ?), sans donner de la cohérence à leur pédagogie en
fonction de ce choix initial (en mélangeant des pratiques traditionnelles
et de découverte), sans pouvoir justifier la base théorique des démarches
qu’ils mettent en œuvre en classe (ni auprès de la hiérarchie, ni auprès des
parents d’élèves).
Le site Form@PEx entend faire un travail de diffusion et de
vulgarisation des résultats de la recherche sur l’efficacité en
enseignement. Il joue donc le rôle d’intermédiaire entre recherche et
praticiens. De fait – comme nous l’apprend cette étude – avec Form@PEx, nous
assumons 8 missions :
« − faciliter les
relations entre les différentes parties prenantes en recherche et en éducation
;
− accroître la
visibilité des résultats de la recherche ;
− améliorer
l’accessibilité des recherches par des formats adaptés ;
− accroître
l’implication dans la recherche par différents modes ;
− influencer les
politiques publiques ;
− développer la
capacité à intégrer les recherches ;
− aider l’implantation
des résultats de recherche et le développement organisationnel. »
Du moins, nous essayons…
vendredi 31 janvier 2014
Pour un débat sérieux sur l'apprentissage de la lecture (Jérôme Deauvieau)
Source : Le Monde
Dans une tribune publiée par Le Monde du 31 décembre,
Roland Goigoux impute de « graves défauts
méthodologiques » à la récente enquête comparative sur les méthodes de
lecture réalisée sous ma direction.
Cette évaluation historiquement inédite a de fait toutes les
raisons de ne pas lui plaire. Elle met en évidence un effet du manuel
considérable alors que ce collègue professe qu'en matière d'apprentissage de la
lecture, « la variable ‘méthode' n'est
pas une variable pertinente ».
Le rendement pédagogique des quatre manuels comparés va
croissant, du plus marqué par la globale à celui qui propose l'approche
syllabique la plus stricte : or Roland Goigoux tourne volontiers la syllabique
en dérision, car elle serait condamnée à des textes d'une grande pauvreté.
Notre enquête enfin montre l'étroite corrélation entre la
capacité de déchiffrage et la qualité de la compréhension, alors que Roland
Goigoux s'est fait le champion d'un travail sur la compréhension dissocié du
déchiffrage. Il est compréhensible dès lors que ce collègue examine nos
procédures d'enquête de près. Mais cela ne l'autorise pas à mettre en cause mon
éthique et mes compétences professionnelles.
Je soulignerai d'abord que je n'ai rien à voir avec la
conception et la réalisation du manuel qui obtient (de loin !) les meilleurs
résultats dans notre évaluation. J'ai mené autrefois des recherches avec l'un
de ses auteurs. Celui-ci m'avait signalé l'efficacité de ce manuel, et avait
suggéré à Vincent Peillon de procéder à des enquêtes d'évaluation. C'est le
refus de ce dernier qui m'a décidé à m'investir dans cette recherche.
Quant à ce que dit Roland Goigoux de l'enquête elle-même,
quiconque pourra aisément vérifier en se reportant au texte du rapport qu'il s'agit
d'autant d'affirmations factuellement inexactes, comme si ce collègue ne
l'avait pas lu.
Ainsi là où le rapport indique que notre analyse ne permet
pas de conclure à « une opposition bloc à
bloc entre méthode mixte et méthode syllabique », et souligne qu'en réalité
c'est « la priorité donnée au déchiffrage
et l'efficacité de son enseignement » qui expliquent « à la fois l'efficacité supérieure de la syllabique et les différences
de rendement des manuels au sein tant des méthodes mixtes que des méthodes
syllabiques », Roland Goigoux me reproche de « faire croire à une opposition binaire entre noir et blanc » et de
réunir toutes les méthodes mixtes « sans
distinction ».
Le reproche encore de ne pas contrôler la composition
sociale des classes enquêtées est lui aussi inapproprié, puisque très
explicitement, et grâce à la mise en œuvre de modèles de régressions multiples,
d'usage très courant en statistique, nos résultats sont donnés « toutes choses (et au premier chef le diplôme
des parents) égales par ailleurs ». C'est d'ailleurs ce qui limite
l'inconvénient, que le rapport lui-même souligne, de ne pas avoir mesuré les
compétences des élèves à l'entrée au CP, puisque celles-ci sont liées au
capital culturel de la famille.
La dernière affirmation de Goigoux est encore inexacte : « pour établir des différences statistiques
significatives, ils suppriment de leurs analyses les classes dont les
performances finales ne coïncident pas avec leurs attentes ». Sur
l'ensemble de la population enquêtée les différences d'efficacité pédagogique
entre les manuels comparés sont statistiquement déjà parfaitement
significatives !
Effectuer une partie des calculs sur une sous-population de
19 classes sur 23 ne change que l'ampleur des écarts ; et l'existence de 4
classes « déviantes » renforce la
crédibilité de notre enquête plutôt que de l'affaiblir, puisqu'il s'est avéré
que les maîtres concernés avaient conduit les apprentissages à l'inverse de la
vocation propre de leur manuel (à la façon d'une méthode mixte quand il
s'agissait d'un manuel de la syllabique, et vice versa).
Roland Goigoux dirige actuellement une enquête sur grand échantillon
sur l'impact des pratiques des maîtres de CP, dont on peut certainement espérer
un enrichissement de nos connaissances. Je tiens d'avance qu'elle ne pourra
contester ni l'existence ni l'ampleur de l'effet-manuel. En attendant,
j'appelle à la rigueur et à la dignité du débat scientifique. L'enjeu est trop
lourd lorsqu'on sait que des millions de jeunes (à 150 000 par an, ça va vite
!) continuent à sortir de l'école « en grande difficulté de compréhension de
l'écrit ».
Jérôme Deauvieau
(sociologue et statisticien)
Maître de conférences à l'université
Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, au laboratoire Printemps-CNRS et au
Centre de recherches en économie et statistique (CREST).
Voir aussi :
Lecture : Seul l'enseignement explicite du décodage graphophonologique est vraiment efficace
Les loupés de l'apprentissage de la lecture
Lecture au CP : un effet manuel considérable
lundi 20 janvier 2014
La Pédagogie Explicite recommandée dans l'éducation prioritaire !
Enfin un motif de grande satisfaction pour les enseignants
explicites !
Le jeudi 16 janvier 2014, les ministres Vincent Peillon et
George-Pau Langevin ont présenté la réforme de l’éducation prioritaire. À cette
occasion, un Référentiel a été établi qui définit 6 priorités pour les réseaux
d’éducation prioritaire, afin de permettre aux enseignants de s’appuyer « sur des repères solides et fiables ».
La première de ces 6 priorités s’intitule : Garantir l’acquisition du « Lire, écrire,
parler » et enseigner plus explicitement les compétences que l’école requiert
pour assurer la maîtrise du socle commun.
Vous avez bien lu : « enseigner plus explicitement » !
Et pour le confirmer, le Référentiel énonce plus loin la
recommandation suivante :
Expliciter les démarches d’apprentissage pour que les élèves comprennent le sens des enseignements
Les objectifs du travail proposé aux élèves sont systématiquement explicités avec eux.
Les procédures efficaces pour apprendre sont explicitées et enseignées aux élèves à tous les niveaux de la scolarité. La pédagogie est axée sur la maîtrise d’un savoir enseigné explicitement (l’élève sait avant de commencer une leçon ce qu’il a vocation à apprendre et il vérifie lui-même après la leçon qu’il a retenu ce qu’il fallait).
L’enseignement est progressif et continu ; la vérification de la compréhension de tous les élèves est régulière.
Enfin !
Nous sommes en plein dans une démarche de Pédagogie
Explicite, et c’est le ministère qui la recommande. Bravo !
Même le Café pédagogique se voit contraint de le reconnaître dans son
commentaire :
« Le plan Peillon est précédé d'un Référentiel pour l'éducation prioritaire qui est en fait une sorte de manifeste pédagogique à travers 6 objectifs. Le premier parle « d'enseigner plus explicitement les compétences que l'École requiert ». Il s'agit d'expliciter les objectifs du travail fait avec les élèves et d'enseigner explicitement aux élèves les « procédures efficaces pour apprendre. L'élève sait ce qu'il a vocation à apprendre et il vérifie lui-même après la leçon qu'il a retenu ce qu'il fallait ». On a là les idées d'un courant pédagogique, hissées ici au niveau de pratique officielle [souligné par moi], ce qui ne manquera pas de poser de questions pour la formation des enseignants. »
En effet, après quarante années de constructivisme
pédagogique, où trouver des formateurs suffisamment compétents pour faire
connaître les pratiques efficaces de l’enseignement explicite ?
Mais à chaque jour suffit sa peine : pour le moment, contentons-nous de savourer ce qu'on peut considérer comme une victoire de la Rébellion explicite sur les Dark Vador du constructivisme et le côté obscur de la Force pédagogique (voir l'illustration de l'article !).
jeudi 16 janvier 2014
Livre : L'École, question philosophique (Denis Kambouchner)
Résumé du livre :
Presque
tous les problèmes cruciaux de notre école sont en un sens des problèmes
philosophiques : autorité pédagogique, « sens des
savoirs », laïcité et rapport entre les cultures, définition d'un système éducatif juste, transformations liées au numérique, etc.
Pourtant, les philosophes de notre époque parlent
peu de l'éducation, encore moins de l'éducation scolaire. La philosophie doit reprendre sa part
dans l'approche publique de la « crise » de l'école. C'est à quoi ce livre veut inviter.
Ces
problèmes sont philosophiques dans la
mesure où ils touchent aux principes censés régir
l'institution scolaire. Ces principes sont aujourd'hui confus ou introuvables,
s'agissant notamment de ce qui est à enseigner et
de ce qui est à évaluer. Tous
les acteurs et partenaires de l'institution scolaire sont sensibles à cette déficience, d'où s'ensuivent, à un degré trop élevé pour n'être pas
ruineux, perplexités, inquiétudes, malentendus, découragements
et rejets.
Mais
rétablir pour l'école des principes solides suppose qu'on prenne en compte
les complications modernes et tout particulièrement françaises de la relation au savoir et à la culture. C'est le double objet de ce livre. Il faut
relire Rousseau, Durkheim, Foucault, Bourdieu, pour remonter aux origines de
notre crise intellectuelle, mais aussi pour remarquer ce que les pensées les plus provocantes doivent encore à la notion classique de la culture de l'esprit.
« Rien ne s'apprend plus facilement que ce qu'il y a
de meilleur. » Si Érasme a
raison, alors l'urgence est toujours de faire que le meilleur soit offert à tous les enfants.Commentaire :
Denis Kambouchner avait publié, en 2000, Une école contre l’autre, livre dans lequel il avait décortiqué méticuleusement les affirmations de Philippe Meirieu et les avait réfutées l’une après l’autre, avec une érudition impressionnante.
Aussi, lorsqu’est paru ce nouvel ouvrage, je me suis
empressé de me le procurer. Le titre était, de surcroît, alléchant : L’École, question philosophique. Angle
sous lequel la question éducative est finalement assez rarement abordée. Connaissant
la grande qualité de l’auteur et son attachement au camp instructionniste, je m’attendais
à un nouveau démontage en règle de la philosophie constructiviste qui régente l’École
depuis une bonne quarantaine d’années. Avec, en regard, un exposé savant et
complet sur la philosophie instructionniste qui sera amenée à s’imposer dans
les années qui viennent si on veut éviter le naufrage complet du système éducatif.
Car c’est bien là que se situe le problème. Tout part de la
conception que l’on se fait de l’École, du rôle qu’elle doit jouer et de la
mission que la société lui confie. Cet aspect, qui est d’ordre essentiellement politique,
pourrait utilement être éclairé par une analyse philosophique qui montrerait
les enjeux historiques et sociétaux qu’impliquent des choix opposés. Et qui
mieux que Denis Kambouchner, esprit brillant, agrégé de philosophie et
professeur d’université à Panthéon-Sorbonne, pourrait s’atteler à cette tâche
essentielle ?
Hélas, je dois dire que ce livre n’a pas répondu à mes
attentes. En fait, il s’agit d’une compilation d’articles et de travaux portant
sur tel ou tel thème particulier, étudié de façon universitaire avec une
érudition sans égale, mais à un point tel que la lecture en devient pénible
pour un non spécialiste comme moi. Et même sans intérêt dans la dispute qui
oppose les uns aux autres.
Denis Kambouchner connaît le mot “instructionnisme” que l’on
trouve à deux reprises (pp 36 et 298). S’il parle de “pédagogie explicite” (pp
65, 67 et 92), c’est celle évoquée en son temps par Pierre Bourdieu. Au total
donc, quelques mentions assez vagues, reflétant une connaissance peu assurée de
ce courant pédagogique qui fait contrepoids au constructivisme, et de la
démarche d’enseignement qui l’illustre par son efficacité.
En conclusion : un livre à recommander aux étudiants de
master en philosophie. Mais à éviter pour qui veut trouver des arguments
solides à opposer aux bataillons constructivistes qui s’agrippent toujours aux
postes clés d’un système éducatif qu’ils ont investi depuis plusieurs décennies
et qu’ils ne veulent toujours pas lâcher.
J’ai peine à dire que l’utilité de ce livre dans le combat
instructionniste est équivalente à celle d’un « couteau sans lame auquel manque le manche ». Bien qu’ayant
utilisé cette amusante expression depuis mes années de lycée, je ne savais pas
qu’elle venait du savant et écrivain allemand Georg Christoph Lichtenberg (1742-1799),
dont j’ai appris l’existence à la page 160. Au moins, ce livre m’aura apporté
cela…
Je conserve néanmoins une grande estime et une grande considération
pour Denis Kambouchner. Pour tout dire, je ne désespère pas qu’il écrive enfin
le grand livre que j’attends toujours sur la question philosophique de l’École.
L'École, question philosophique
Denis KAMBOUCHNER
Fayard (Collection Histoire de la pensée), 354 p
01/2013
01/2013
lundi 30 décembre 2013
Quand les constructivistes parlent d’enseignement efficace
Dans Questions vives –
Recherches en éducation (vol. 6, n° 18 – 2012), Laurent Talbot, un maître
de conférence en sciences de l’éducation à Toulouse, a écrit un article intitulé
“Les recherches sur les pratiques d’enseignement efficaces – Synthèse, limites
et perspectives”.
En voici un extrait :
« Premièrement et de manière assez surprenante, certaines
études tendraient à démontrer que les enseignants efficaces et équitables
mettraient en place des activités d’enseignement “directes”, “explicites ”,
“systématiques ” ou “instructionnistes” (Dubé et al., 2011 ; Feyfant, 2011 ; Bissonnette et al., 2005 ; Swanson, 1999
cité par Briquet-Duhazé dans ce numéro). Ces recherches de type “processus-produits”
(les performances scolaires des élèves sont envisagées comme étant directement
le produit du processus d’enseignement élaboré par le professeur) déterminent
les caractéristiques de l’activité efficace des enseignants à travers leur
structuration en quatre phases essentielles :
- un premier temps de
démonstration relativement long de la
part de l’enseignant qui peut être magistral ou frontal, cette activité est
généralement peu différenciée, une mise en situation est opérée (rappel des
connaissances antérieures signifiantes par rapport aux apprentissages nouveaux
envisagés), les objectifs de l’activité et le niveau de performances attendues
sont clairement définis et les notions de bases nécessaires sont rappelées,
quelques exemples sont présentés et une démonstration est effectuée ;
- une deuxième phase
durant laquelle le professeur donne un (des) exercice(s) d’illustration à
réaliser généralement au sein du grand groupe classe collectivement,
l’enseignant pose des questions et guide l’activité d’apprentissage ;
- le troisième temps
est consacré à des exercices d’application réalisés pour le coup
individuellement, l’enseignant pourra alors évaluer les performances des élèves
et leur proposer des feedbacks sur les réponses données et les stratégies
utilisées ;
- et enfin, dans un
dernier temps, le professeur organise des révisions régulières et répétitives
en insistant sur les apprentissages de base et leur évaluation.
Ces quatre phases sont
parfois détaillées en sept temps essentiels :
1) Mise en
situation : rappel des connaissances antérieures signifiantes par rapport
aux apprentissages nouveaux.
2) Présentation des
objectifs d’apprentissage.
3) Présentation des
nouveaux éléments de connaissance de façon magistro-centrée généralement.
4) Pratique guidée
avec le groupe classe.
5) Correction et
rétroaction (objectivation) toujours avec l’ensemble du grand groupe d’élèves.
6) Pratique
indépendante (exercices autonomes et individuels), entraînements.
7) Révision régulière
(synthèse périodique de ce qui a été appris), évaluations sommatives,
contrôles. »
Manifestement, c’est à contrecœur que l’auteur reconnaît l’efficacité
des pratiques explicites et instructionnistes. Il ajoute même que cela lui apparaît
« de manière surprenante » !
La surprise n’existant que pour un partisan avéré du constructivisme. Le ton est donné…
Nous avons donc affaire à quelqu’un qui n’aime pas ce que la
recherche démontre au sujet de l’enseignement efficace. Dès lors, tout va être
bon pour mettre en doute, dénigrer, dénaturer les résultats de cette recherche.
Premier (et habituel) recours : présenter l’enseignement
explicite comme « les nouveaux
habits de la pédagogie traditionnelle » (selon l'expression de P. Watrelot sur le site des Cahiers pédagogiques, 09.2013). Quitte à
tordre la réalité et à faire des amalgames douteux. Ainsi Laurent Talbot
présente le modelage comme un temps « relativement
long ». Première erreur (ou mensonge), en pédagogie explicite le
rythme de la leçon est primordial, donc le modelage est bref. D’une part pour ne
pas saturer la mémoire de travail et d’autre part pour ne pas excéder la
capacité d’attention des élèves. Par ailleurs, notre auteur parle d’enseignement « magistral ou frontal » ou de
présentation « magistro-centrée »,
ce qui est la caractéristique même d’un enseignement traditionnel. Comme les
exercices d’illustration et les exercices d’application en lieu et place de
pratique guidée et de pratique autonome. En corollaire, aucune mention sur ce qui distingue nettement l'enseignement explicite du traditionnel : l’accent mis sur la métacognition et la nécessité d’un maintien
solide et durable en mémoire en long terme. D'ailleurs, les mots “métacognition” ou
“mémoire” ne figurent même pas dans cet article !
Plus fort encore : Laurent Talbot parle de huit autres
mystérieuses « macro-variables »
concernant l’enseignement efficace qui « sont plus proches des théories socio-constructivistes de
l’apprentissage et de l’enseignement ». Quelles sont ces
“macro-variables” ? On ne sait pas. Tout ce qu'on sait, c'est qu'elles sont huit...
On l’aura compris, le ton général de cet article, et plus
largement de ce numéro de Questions vives,
est particulièrement défavorable aux pratiques instructionnistes. On tient à nous faire savoir
que le constructivisme n’est pas mort : peu importe ce qu’assènent les
données probantes en matière d’enseignement efficace.
Nous arrivons ainsi aux « limites de ce type de recherche », qui est le cœur de l’article de Laurent Talbot,
le reste n’étant qu’une entrée en matière. On nous prévient d’emblée : « Nous avons distingué huit éléments qui nous
semblent poser problème. » Décidément, la démonstration par huit
semble être sans appel.
En fait, nous avons droit à un florilège d’arguments, dont certains
sont des resucées déjà entendues à l’IFÉ ou sur d’autres sites éminemment
constructivistes. Voyons donc ce qu’il en est :
1/ Reproche : Les
recherches sont centrées sur l’élémentaire et le secondaire. Disons que
cela représente quand même au moins dix années dans la scolarité d’un élève. Ce
qui n’est pas rien.
2/ Pinaillage : Quelle
définition donner au mot « efficacité » ? Selon moi, il
suffit d’ouvrir un dictionnaire pour avoir la réponse.
3/ Ergotage : Est-ce
l’enseignant qui est efficace ou l’enseignement ? Rappelons que les
pratiques d’enseignement efficaces ont été établies en observant les pratiques
des enseignants efficaces. L’un n’allant pas sans l’autre.
4/ Scepticisme : Les
études processus-produits ne rendent pas compte « de certains phénomènes ».
Comme si les chercheurs en enseignement efficace étaient des novices qui n’avaient
pas pesé chaque terme de leur enquête afin de retenir l’essentiel sans s’encombrer
du dérisoire ou du hors-sujet.
5/ Relativisation : Les
élèves apprennent aussi en dehors de l’activité du maître. Surtout dans un
contexte constructiviste où les familles sont bien obligées de prendre en
charge ce qui n’est plus appris en classe.
6/ Suspicion : Comment
évaluer les performances des élèves ? Pourquoi pas en prenant des
classes témoins et en les comparant aux classes testées, comme le font tous les
chercheurs sérieux. Il est remarquable de ne trouver dans cet article aucune
mention du Projet Follow Through.
7/ Dénigrement : Pratiques
déclarées ou pratiques effectives ? Les chercheurs sont allés dans les
classes pour observer les enseignants dans l’exercice leur métier, ils ne se
sont pas contentés de les écouter décrire leurs pratiques.
8/ Défiance : Les
résultats des recherches seraient contradictoires. Hélas pour l’auteur,
toutes les données probantes sur l’efficacité en enseignement sont étonnamment convergentes
et ce, quels que soient les pays où les études ont été réalisées.
Parions que ces “arguments” vont refleurir sous la plume de
tel ou tel. Les partisans du constructivisme sont bien embêtés face aux données
probantes sur l’enseignement efficace. D’une part, celles-ci montrent l’inefficience
des pédagogies de découverte. D’autre part, ces études récentes renvoient les
pratiques constructivistes – qui datent du début du XXe siècle – au musée de la
pédagogie, avec l’enseignement traditionnel. Un comble !
Après un rapide survol des autres articles de ce dossier
thématique de Questions vives, il
apparaît que tout le reste est du même tonneau. On ne s’étonnera donc pas que
le site Form@PEx n’ait rien publié à ce sujet, tant est grand le parti-pris
clairement affiché.
La revue est sous-titrée Recherches
en éducation. Il me semble que, pour ce numéro, Procès en éducation aurait mieux convenu…
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