Renouveler la pédagogie avec un enseignement explicite et structuré, instructionniste, vraiment moderne et efficace. Faire connaître et reconnaître le nouveau courant de la Pédagogie Explicite.
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mercredi 6 novembre 2024
lundi 22 novembre 2021
« L'élève doit-il apprendre par lui-même ou doit-il être instruit ? »
Par Matthieu Lahaye, spécialiste des questions de l'enseignement
Alors
que sont publiés cette semaine les résultats aux évaluations nationales,
Matthieu Layahe analyse deux visions pédagogiques qui s'affrontent en France.
En opposition aux méthodes de la découverte, il défend le savoir-faire de l'enseignant.
Cet été, l'opinion publique australienne s'est passionnée pour la pédagogie, en l'occurrence pour le débat qui oppose les partisans de la pédagogie par investigation et ceux de la pédagogie explicite, encore appelée pédagogie systématique. Dans un article scientifique repris par la presse nationale, John Sweller, professeur émérite en psychologie, établit un lien très étroit entre la baisse continue des résultats des élèves australiens aux évaluations internationales et l'introduction des pédagogies de la découverte depuis une trentaine d'années. Ce débat résonne en France, pays confronté à un niveau problématique de la performance de ses élèves et où les pédagogies par investigation sont encore très courantes.
Élaborées dans les années 60, ces pédagogies reposent à la fois sur un constat pertinent, les humains sont les seuls animaux capables de résoudre des problèmes complexes et une conclusion pédagogique discutable : apprendre consiste à confronter les jeunes élèves à des problèmes compliqués et à tâtons, avec l'aide du professeur, à les laisser découvrir une méthode pour les résoudre. Si d'innombrables études ont montré que l'efficacité des méthodes pédagogiques dépend de l'objectif d'apprentissage et du niveau de maîtrise des élèves, il est désormais clairement établi que pour apprendre une notion nouvelle, particulièrement pour les jeunes élèves et ceux issus des milieux socialement les plus défavorisés, les méthodes explicites sont les plus pertinentes.
À la différence de l'enseignement de la découverte (l'élève découvre et il fait), l'enseignement explicite repose sur une démarche contrôlée par le professeur (le professeur montre et l'élève fait). Conçu par des praticiens au cours des années 1980 à partir des découvertes de psychologie cognitive et perfectionné grâce à des « données probantes », il se déploie en trois temps modulables en fonction des besoins des élèves : d'abord l'explication par le professeur de la notion divisée en autant de notions simples avec le souci constant de lever tous les implicites, ensuite des interactions nombreuses entre le professeur et les élèves, entre les élèves grâce à des exercices guidés qui permettent de vérifier la bonne compréhension de la notion étudiée et enfin une phase de consolidation à la faveur d'un travail en autonomie, des devoirs et des évaluations. L'objectif est d'automatiser la maîtrise des compétences de base pour permettre à l'élève de consacrer toute son attention à des tâches plus complexes.
En France, ces pédagogies de la découverte, qui ont un intérêt pour développer le sens de l'investigation chez les élèves aux connaissances déjà solides, sont encore utilisées sous des formes diverses pour des apprentissages fondamentaux. Grâce à la clarification commencée par le ministère de l'Éducation nationale depuis quatre ans sur l'enseignement de la lecture, des mathématiques, notamment la résolution de problème, elles refluent peu à peu, mais trop lentement.
Considérons seulement que la résolution de problèmes n'était plus systématiquement enseignée à l'école primaire au motif que l'élève, pour apprendre, devait chercher laissant ainsi les élèves se débrouiller avec la complexité d'énoncés à jamais impénétrables pour les élèves les plus fragiles. Les conséquences sont connues : une école qui a dû mal à lutter contre les inégalités scolaires, la scandaleuse dernière place des élèves français en résolution de problème à l'évaluation Timss, le faible niveau en mathématiques de la population active et sa désastreuse conséquence sur le taux d'emploi et la compétitivité du pays.
En matière d'éducation, il est facile d'agiter de grandes idées qui sont souvent des slogans creux. Agir réellement, comme le font les professeurs chaque jour dans les classes, nécessite une expertise fine qui ne s'acquiert pas en claquant des doigts.
La pédagogie explicite recentre l'école sur l'essentiel : le savoir-faire du professeur. S'il est démontré depuis les années 1960 que l'origine sociale pèse sur les résultats des élèves, de très grandes études américaines, menées à partir des années 1990, prouvent que l'action du professeur a une influence plus importante que la sociologie sur les performances scolaires dès lors que la méthode utilisée est efficace. La pédagogie n'est ni un syncrétisme ni un occultisme. C'est pourquoi la création d'un conseil scientifique de l'éducation nationale en 2017 a été si importante pour débarrasser nos débats pédagogiques des ombres de la subjectivité et les renforcer à la lumière de la science.
En
matière d'éducation, il est facile d'agiter de grandes idées qui sont souvent
des slogans creux. Agir réellement, comme le font les professeurs chaque jour
dans les classes, nécessite une expertise fine qui ne s'acquiert pas en
claquant des doigts. La dynamique enclenchée, qui a su mieux faire réussir les
élèves des autres pays, peut en moins de dix ans d'action résolue hisser notre
école au niveau des systèmes éducatifs les plus performants, nous permettant
ainsi de rester une grande nation culturelle, une puissance économique de
premier plan et d'honorer la promesse républicaine d'égalité.
jeudi 17 juin 2021
Nouvelle publication
lundi 17 février 2020
samedi 1 février 2020
Quel combat pour les enseignants progressistes ?
mercredi 1 janvier 2020
L'Enseignement Explicite en 2020 !
mardi 5 novembre 2019
mardi 26 mars 2019
L’enseignement explicite : une approche pédagogique efficace pour favoriser la réussite du plus grand nombre ?
Appel de textes – Volume 8 n° 2
dimanche 17 mars 2019
Parution : L'École à la croisée des chemins (Stevan Miljevic)
dimanche 9 décembre 2018
Les constructivistes découvrent "l'explicitation"
Si cette ambiguïté (de taille !) est levée, il s'avère que le Centre Alain Savary semblerait enfin comprendre ce qui caractérise l’Enseignement Explicite, tel qu’il a été modélisé par Barak Rosenshine. Miracle !
« “Enseigner plus explicitement” est un levier efficace pour les apprentissages de tous les élèves, et particulièrement ceux les plus scolairement fragiles, les plus dépendants de l’action du maître, si on en croit les textes en vigueur dans l'Institution scolaire, mais aussi plusieurs courants de la pédagogie ou de la recherche malgré la polysémie de ce terme. L’“explicitation” cherche à réduire les inégalités scolaires. Encore faut-il savoir de quoi on parle et comment on fait dans la classe... À quoi ressemblerait une consigne explicitée de manière à ce que tous les élèves comprennent ce qu’il y a à faire ? Comment concilier l'explication de ce qu'il faut faire avec “l'explicitation” qui vise la mise en activité intellectuelle de l'élève, de tous les élèves ? Suffit-il d’expliciter une consigne pour que tous les élèves entrent dans le travail cognitif ? Même lorsque l'élève sait reformuler la consigne, a-t-on la garantie qu'il a compris le sens de la tâche ? »
samedi 21 avril 2018
mardi 13 mars 2018
Franck Ramus : L’Éducation nationale ne peut se passer de la science
lundi 12 février 2018
Rapport Villani et pédagogie explicite
21 mesures pour l'enseignement des mathématiques
samedi 27 janvier 2018
Éduscol et l'Explicite
« Expliciter les démarches d’apprentissage pour que les élèves comprennent le sens des enseignements - Les objectifs du travail proposé aux élèves sont systématiquement explicités avec eux. Les procédures efficaces pour apprendre sont explicitées et enseignées aux élèves à tous les niveaux de la scolarité. La pédagogie est axée sur la maîtrise d’un savoir enseigné explicitement (l’élève sait avant de commencer une leçon ce qu’il a vocation à apprendre et il vérifie lui-même après la leçon qu’il a retenu ce qu’il fallait). L’enseignement est progressif et continu ; la vérification de la compréhension de tous les élèves est régulière. »
Dès lors, on ne s’étonnera donc pas, à la lecture de ce dossier, de ne trouver aucune mention de Barak Rosenshine ni de ses travaux fondateurs. Clermont Gauthier, Steve Bissonnette et Mario Richard ne sont cités que dans le but de montrer à quel point ils attaquent « violemment l’approche constructiviste », crime absolu s’il en est aux yeux des auteurs.
dimanche 14 janvier 2018
Installation du Conseil Scientifique de l'Éducation nationale
mercredi 20 septembre 2017
Les enseignants préfèrent les pratiques pédagogiques claires et structurées
Pratiques pédagogiques : qu’en pensent les élèves et les enseignants ?
samedi 27 mai 2017
La recherche de l'efficacité en éducation est-elle de droite ?
Sciences cognitives et Éducation :
dépasser les prétentions
idéologiques
Pour mieux comprendre la place
des sciences cognitives à
l’école
« Les expérimentations pédagogiques basées sur “l’efficacité” et les recherches en psychologie cognitive portent une vision de l’école comme fabrique de l’acteur économique. » (Laurence de Cock)















