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dimanche 22 janvier 2017

L'état de l'École 2016 : coûts, activités, résultats

n° 26
12.2016




Pour la vingt-sixième année consécutive, L’état de l’École réunit les indicateurs statistiques essentiels pour analyser le système éducatif français et apprécier les politiques mises en œuvre. Structuré autour des moyens affectés à l’École, des conditions de scolarisation et des résultats des élèves, il s’attache à décrire les principales évolutions en cours et apporte l’éclairage des comparaisons internationales. Il souligne les efforts engagés ainsi que les progrès restant à accomplir, notamment en matière de lutte contre les inégalités liées à l’origine sociale, aux contextes économique et culturel des élèves.


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vendredi 20 janvier 2017

Depuis la loi de 2005, la scolarisation des enfants en situation de handicap a très fortement progressé (MEN-DEPP)

Note d'information, n° 36
12.2016
Auteurs : Sylvie Le Laidier, Hélène Michaudon, Patricia Prouchandy



La scolarisation en milieu ordinaire des élèves en situation de handicap a augmenté de 80 % en neuf ans. En 2015, les élèves fréquentent plus souvent une classe ordinaire qu’en 2006. Dans le second degré, les effectifs ont été multipliés par 2,7 ; cette hausse s’est aussi accompagnée d’une très forte augmentation du nombre d’élèves scolarisés en ULIS. L’accompagnement individualisé a plus que doublé et concerne aujourd’hui 39 % des élèves du premier degré et 18 % de ceux du second degré.


L’infographie

Évolution des effectifs d’élèves en situation de handicap scolarisés en classe ordinaire, ULIS ou en établissement spécialisé


La loi du 11 février 2005 a posé le principe du droit à la scolarité pour tout jeune en situation de handicap, et ce dans l’établissement scolaire le plus proche de son domicile. Depuis 2006, les effectifs d’élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire ont augmenté de 80 %, soit 123 600 élèves de plus. Cette hausse est d’ampleur plus prononcée en classe ordinaire (+ 83 %) qu’en ULIS (+ 72 %). Dans le même temps, les effectifs scolarisés en établissements spécialisés n’ont augmenté que de 4 % (+ 2 800 élèves). En 2006, 71 % des élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire l’étaient dans le premier degré ; en 2015, cette proportion n’est plus que de 57 %. En effet, si les effectifs du premier degré ont augmenté de 44 %, ils ont été multipliés par 2,7 dans le second degré. Le nombre d’élèves scolarisés en ULIS y a pratiquement quadruplé.


L’essentiel

À la rentrée 2015, 350 300 enfants ou adolescents en situation de handicap sont scolarisés. Près de 80 % d’entre eux le sont en milieu ordinaire, dans une école, un collège ou un lycée, et 20 % sont accueillis en milieu spécialisé. Dans le premier comme dans le second degré, 30 % des jeunes scolarisés en milieu ordinaire sont en ULIS. Un petit nombre d’élèves (2 à 3 %) bénéficie d’une scolarité partagée entre milieu ordinaire et milieu spécialisé.

L’augmentation massive des effectifs d’élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire est très forte pour ceux présentant des troubles intellectuels ou cognitifs ou des troubles du langage et de la parole. Leur nombre a pratiquement doublé en neuf ans, passant de 59 000 à 112 000 pour les premiers et de 19 000 à 47 000 pour les seconds. L’effectif de jeunes présentant des troubles du psychisme est également en forte hausse (+ 24 000 élèves). Les jeunes ayant des déficiences physiques restent proportionnellement moins nombreux : en neuf ans, leur effectif a doublé pour ceux d’entre eux qui ont un trouble moteur, mais a peu progressé en cas de troubles visuels ou auditifs.

L’accompagnement individuel des élèves en situation de handicap a beaucoup progressé : 83 000 élèves en 2015, soit presque 55 000 de plus en neuf ans. Dans plus de huit cas sur dix, l’élève est accompagné à temps partiel. Dans le premier degré, plus de la moitié des élèves présentant des troubles du psychisme, de ceux ayant plusieurs troubles associés ou un trouble moteur, bénéficie d’une aide individuelle en 2015. Les enfants présentant ces troubles étaient déjà les plus nombreux à bénéficier d’une aide en 2006.


Repères

L’enquête de la DEPP sur la scolarisation des élèves en situation de handicap
La loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées renforce les actions en faveur de la scolarisation des élèves en situation de handicap. Elle affirme le droit pour chacun à une scolarisation en milieu ordinaire au plus près de son domicile, à un parcours scolaire continu et adapté. Les parents sont de plus étroitement associés à la décision d'orientation de leur enfant et à la définition de son projet personnalisé de scolarisation (PPS).
Pour compléter l'évaluation de la politique du ministère en la matière, la DEPP suit depuis la rentrée 2013 un échantillon représentatif d’élèves en situation de handicap nés en 2001 ou en 2005. Les informations recueillies en 2014 auprès de leurs parents décrivent pour la première fois les conditions de vie des familles, les modalités de prise en charge du handicap, leurs attentes vis-à-vis de l’école, les parcours et les performances scolaires des jeunes en fonction du type de troubles qu’ils présentent.

La loi sur l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées
La loi du 11 février 2005 envisage le handicap dans sa dimension sociale, c'est-à-dire en prenant en compte la situation du jeune dans son environnement. Deux principes en découlent : l'accessibilité (accès à tout pour tous) et la compensation (mesures individuelles rétablissant l'égalité des droits et des chances).
En matière de scolarisation, l'accessibilité se traduit, par exemple, par l'inscription dans l'établissement scolaire de secteur, par l'accès au savoir grâce aux adaptations pédagogiques individuelles ou collectives, par l'accès à l'ensemble des locaux et des matériels nécessaires pour leur scolarisation, dans la mesure du possible, par la mise aux normes des bâtiments scolaires et des équipements culturels et sportifs. La compensation peut inclure l'accompagnement en milieu scolaire par un auxiliaire de vie scolaire, la prise en charge de l’enfant par les professionnels des établissements médico-sociaux, le droit au transport.

La maison départementale des personnes handicapées (MDPH)
Répondant à la logique du guichet unique, ce service public dépendant des conseils généraux vise à accueillir, informer, orienter et accompagner les personnes handicapées. La MDPH associe toutes les compétences impliquées dans l’accompagnement des personnes handicapées et de leurs familles. En son sein, une équipe pluridisciplinaire évalue les besoins de chaque élève en situation de handicap, propose un plan personnalisé de compensation qui inclut le projet personnalisé de scolarisation. La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) décide des mesures à mettre en place, sur la base de l'évaluation réalisée par l'équipe pluridisciplinaire.

Le projet personnalisé de scolarisation (PPS)
Il définit les modalités de scolarisation du jeune en situation de handicap ainsi que les actions pédagogiques, psychologiques, éducatives, médicales et paramédicales répondant à ses besoins particuliers. Il tient compte de ses souhaits ainsi que de ceux de ses parents et permet d’assurer la cohérence et la continuité de son parcours scolaire. C’est sur la base du projet personnalisé de scolarisation que la CDAPH se prononce sur l’orientation du jeune en situation de handicap, en particulier dans le cas d’une scolarisation collective ou en milieu spécialisé. Un enseignant référent est chargé de la mise en œuvre et du suivi du PPS de l’élève en situation de handicap. À ce titre, il est en relation avec la MDPH, l’équipe enseignante, les services et les personnels de santé qui interviennent auprès de ce dernier. Il contribue également à l’information de ses parents.

Les modalités de scolarisation
La loi de 2005 accorde la priorité à la scolarisation de l’enfant en situation de handicap en milieu ordinaire, c’est-à-dire dans une école ou un établissement scolaire du second degré, dans une classe ordinaire (scolarisation individuelle).
Lorsque l’exigence d’une scolarité dans une classe ordinaire est incompatible avec la situation ou l’état de santé du jeune, il peut être scolarisé dans une classe pour l’inclusion scolaire (CLIS) dans l’enseignement élémentaire ou une unité localisée pour l’inclusion scolaire (ULIS) dans le second degré (scolarisation collective). Encadré par un enseignant spécialisé, l’élève y reçoit un enseignement adapté à ses besoins spécifiques.
Quand la situation de l’enfant ou de l’adolescent n’est pas compatible avec une scolarisation en milieu ordinaire, il peut être accueilli dans un établissement spécialisé, hospitalier ou médico-social, sous tutelle du ministère chargé de la Santé. Ce type d’établissement offre une prise en charge globale, scolaire, éducative et thérapeutique, qui peut s’accompagner dans certains cas d’une insertion scolaire partielle.
Au cours de la scolarité du jeune, ces différents modes de scolarisation peuvent se succéder ou se combiner : scolarisation à temps complet ou à temps partiel, en milieu ordinaire ou dans un établissement spécialisé, à domicile avec l’aide d’une association ou le Centre national d’enseignement à distance (CNED).

samedi 14 janvier 2017

L’innovation et l’expérimentation et leurs incidences sur l’évolution du système éducatif (IGEN – IGAEN)

Rapport annuel 2015 des inspections générales

16.12.2016



Extrait :

L’innovation implique la nouveauté, l’inédit. Elle est une démarche de création, de combinaison singulière d’éléments préexistants ou d’émergence d’éléments inédits. Dans le domaine technique ou scientifique notamment, elle est particulièrement valorisée puisqu’elle permet d’atteindre de nouveaux buts ou d’optimiser des processus déjà existants. En même temps, à l’instar des nouveaux produits lancés sur le marché, elle ne remplit pleinement sa fonction que dans son propre dépassement, c’est-à-dire lorsqu’elle se diffuse et s’installe dans l’expérience commune, qu’elle quitte son statut pionnier, son splendide isolement, pour se fondre dans la masse des pratiques, laissant la place à d’autres innovations dans une progression infinie. En d’autres termes, elle est prototypique, à la fois unique et représentante de l’à-venir.

L’expérimentation s’apparente au contraire à une mise en œuvre, à une inscription assumée dans le réel, tout en partageant avec l’innovation sa singularité pionnière et son    statut éphémère, préfigurateur de son déploiement à venir, en fonction du retour d’expérience, précisément.

(…)

Ainsi, tout ce qui est expérimenté n’est pas nécessairement nouveau, et tout ce qui est nouveau ne donne pas forcément lieu à expérimentation.