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dimanche 26 juin 2011

Les effets de l'éducation familiale sur la réussite scolaire (IFÉ)

Auteur : Annie Feyfant
Veille et analyse - IFÉ, Dossier d'actualité n° 63
06.2011




L’importance de la famille dans la réussite scolaire est un serpent de mer depuis les années 60 avec le rapport Coleman et les travaux de Bourdieu. Annie Feyfant nous livre une revue de littérature sur ce thème, en choisissant « de privilégier les travaux de recherches portant sur l’incidence de l’environnement familial sur la scolarisa­tion de l’enfant et de l’adolescent ». J’y ai donc trouvé des réponses à plusieurs questions qui me paraissent importantes.

Quel est le style éducatif qui favorise la réussite scolaire ? La recherche distingue trois types :
- le style permissif, avec un contrôle faible mais un soutien élevé : « autonomie, recours à la motivation ou à la séduction comme technique de contrôle, rôles peu différenciés entre le père et la mère, ouver­ture aux influences extérieures » ; ce style éducatif peut entraîner des problèmes d’attention et d’apprentissage, voire une attitude hostile vis-à-vis de l’école ;
- le style autoritariste, avec un contrôle fort mais un soutien faible : « contrôle coercitif des parents, rôles homme/femme différenciés, grande distance entre parents et enfants, grande réserve envers des agents externes de socialisation » ; ce style éducatif peut provoquer la passivité et même l’anxiété ;
- le style structurant, avec un contrôle et un soutien élevés : « priorité à la conformité, contrôle direct, distinction entre père et mère, faible ouverture à l’extérieur mais proximité parents/enfants » ; ce style éducatif apparaît comme le plus équilibré même s'il n'est pas parfait.
Mais il convient d’ajouter une précision d’importance : « Toute analyse du style éducatif des parents doit cependant prendre en compte le style éducatif des enseignants. Les résultats scolaires sont moins bons si les styles éducatifs sont trop différents ». Mon expérience professionnelle confirme ce constat : l'enseignement explicite fonctionne pleinement avec un style éducatif structurant, alors que les styles permissif et autoritaire placent des freins aux apprentissages.

Quelle importance revêt le contexte socioculturel familial ? Le niveau d’étude de la mère apparaît comme un facteur déterminant pour les compétences de l’enfant, celui du père a plus d’influence sur le niveau scolaire. Il n’est pas surprenant d’apprendre que « la présence de livres, la lecture d’un quotidien, la possession et l’utilisation d’un ordinateur par les parents favorisent une scolarité sans redoublement ». De plus, « le statut social infléchit des choix de valeurs et une attitude par rapport au travail, à l’école, à autrui. De nombreuses études établissent un lien entre statut socioéconomique et développement cognitif ». Et ce lien est fort.

Qu’attendent les parents de l’école ? Les familles attendent de l’école :
- qu’elle apporte les connaissances de base tout en développant la curiosité intellectuelle,
- qu’elle apprenne à vivre avec les autres.
On observe, également sans surprise, que « la réussite scolaire est fortement liée aux aspirations scolaires ou professionnelles des parents pour leurs enfants ». Cela se voit avec l’implication des parents (souvent la mère) dans l’accompagnement du travail scolaire à la maison.

Doit-on pour autant se faire élire au Conseil d’école ? « Les résultats d’une méta-analyse s’appuyant sur 77 études (300 000 élèves du secondaire et du primaire et leur famille), montrent qu’une implication démonstrative des parents comme l’instauration de règles de vie à la maison ou la participation à la vie de l’école est moins significative qu’un style de vie, l’expression de projets, des espaces de communication et de lecture avec l’enfant. Ces éléments sont positifs, quel que soit le milieu social dans lequel vit l’enfant. » Qu’on se le dise…

La méta-analyse de Wang, Haertel et Walberg n’est hélas pas citée dans cette revue de littérature. Rappelons que cette étude place l’école en tête des paramètres permettant la réussite dans les apprentissages (gestion de classe, processus métacognitifs). L’importance de la famille n’arrive qu’en quatrième position. Le travail d’Annie Feyfant y fait écho malgré tout « en rappelant que quel que soit le milieu socioculturel, l’environnement pédagogique a une influence importante sur les performances scolaires, que les enfants de milieux défavorisés y sont plus sensibles et qu’ainsi il convient de se préoccuper d’une amélioration des conditions de prise en charge pédagogique ». On ne saurait mieux dire.

Malgré tout, il est évident que les parents jouent un rôle important durant la scolarité de leurs enfants. Leur rôle est même primordial à l’âge préscolaire :
- par l’acquisition du vocabulaire et la maîtrise d’un lexique favorisant la littératie,
- par les jeux éducatifs (jeux à manipuler, jeux de société) introduisant la numératie.

Au total, une étude très intéressante...

dimanche 19 juin 2011

Comment certains élèves parviennent-ils à surmonter leur milieu socio-économique ? (OCDE)

PISA à la loupe, n° 5
06.2011




Synthèse :

- Dans les pays de l’OCDE, 31 % des élèves issus d’un milieu défavorisé sont dits “résilients” : ils se classent parmi les élèves les plus performants de tous les élèves issus du même milieu socio-économique à l’échelle internationale.
- L’une des différences majeures entre les élèves défavorisés résilients ou non réside dans une fréquentation scolaire plus régulière pour les élèves résilients.
- Les résultats de l’enquête PISA montrent que plus les élèves ont confiance en eux et sont motivés, plus ils sont susceptibles d’être résilients.



Conclusion :

Les élèves défavorisés peuvent réussir malgré les obstacles, et le font d’ailleurs, lorsqu’on leur en donne la possibilité. Pour ce faire, il convient notamment de privilégier l’égalité des chances dans l’apprentissage, tout en encourageant la confiance en soi et la motivation de ces élèves, afin qu’ils puissent tirer pleinement profit de leur potentiel.