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jeudi 25 mai 2017

Jean-Michel Blanquer : Entretien avec Jean-Jacques Bourdin (RMC)



mardi 23 mai 2017

Jean-Michel Blanquer : « L’expérience, le recours à la science, les comparaisons internationales seront les trois piliers de ma méthode. »

Source : Le Monde, 21/22.05.2017

Jean-Michel Blanquer :
« Il nous faut dépasser le clivage gauche-droite sur l’école »




Dans un entretien au Monde, le nouveau ministre de l’éducation nationale précise la manière dont les engagements de M. Macron vont se concrétiser, certains dès septembre.

Jean-Michel Blanquer, nouveau ministre de l’éducation nationale, n’arrive pas rue de Grenelle en terrain inconnu. Celui qui dirigeait l’Essec depuis 2013 a été deux fois recteur d’académie et numéro deux de ce même ministère entre 2009 et 2012, en prenant la tête de la direction générale de l’enseignement scolaire.
Dans le premier entretien qu’il accorde à la presse écrite, il livre des précisions sur la manière dont les engagements d’Emmanuel Macron vont se concrétiser, certains dès septembre. Des précisions, aussi, sur sa méthode : il ne veut pas être un ministre « de l’injonction » mais des « solutions de terrain ». Les classes de douze élèves dans les zones d’éducation prioritaire (ZEP) seront bien en place à la rentrée, mais sans nécessairement supprimer le dispositif du « plus de maîtres que de classes ».

Comment avez-vous rencontré le mouvement En marche !, qui vous propulse aujourd’hui à la tête de ce ministère dont vous aviez été le numéro deux sous la droite ?

Emmanuel Macron m’a contacté durant la campagne. Immédiatement, j’ai été frappé par le fait que nous avions en commun un socle de principes, à commencer par le dépassement du clivage gauche-droite, un clivage qui fait plus de mal à l’école que de bien. Nous partageons aussi l’idée du pragmatisme au service du progrès et la volonté de regarder avec lucidité ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas.

M. Macron a promis une série de changements dès la rentrée de septembre : sur les rythmes scolaires, le collège, les classes à douze élèves en ZEP. Quelle est la priorité ?

Ce sont trois réformes à court terme, mais qui prendront leur sens sur le temps du quinquennat. Je ne donnerai pas dans la verticalité, dans l’injonction. Je serai un ministre qui pousse aux solutions de terrain. Mon message aux enseignants, c’est qu’il n’y a pas de chape de plomb : qu’ils se sentent libres, qu’ils innovent, qu’ils créent…
Les classes de CP à douze élèves en REP+ [réseaux d’éducation prioritaires renforcés] sont le début d’une réforme qui vise les 100 % de réussite à l’issue du cours préparatoire. Dans la grande majorité des cas, nous aurons réussi ces dédoublements pour septembre. Si je n’avais qu’une priorité, ce serait celle-là : que tous les élèves de France sortent de l’école primaire en sachant lire, écrire, compter… et respecter autrui.

Certains enseignants redoutent que cette première réforme ne se fasse au prix de la suppression du « plus de maîtres que de classes », mis en place depuis 2013…

Je vous l’ai dit, nous ne voulons pas tomber dans le travers d’imposer la même façon de faire partout. Autrement dit, non, on ne va pas supprimer ce dispositif par principe à la rentrée, mais l’évaluer et, si besoin, le faire évoluer. Je n’ignore pas que dans certaines villes les dédoublements posent un problème de locaux. Si, ailleurs, le dispositif donne satisfaction, il faut être capable de l’entendre.
Il y a un travers français à tout interpréter en négatif. Réduire les effectifs des classes est une bonne nouvelle ! Ce « nouvel optimisme français » qui compte beaucoup pour Emmanuel Macron, c’est précisément ce que nous voulons diffuser.

Concernant les rythmes scolaires, en laissant les communes décider, ne redoutez-vous pas de raviver un foyer à peine éteint ?

Certaines municipalités se satisfont de l’organisation actuelle, d’autres voudraient probablement changer si on leur en laissait la possibilité. C’est ce chantier-là que nous engageons en 2017. Lancer des concertations locales et des expérimentations – sur la base du volontariat – pour que chaque commune puisse trouver, avec les écoles, les parents d’élèves, ce qui lui paraît la meilleure organisation de la semaine.
Sur les rythmes, je crois qu’il faut se garder des certitudes. Entre la semaine d’école sur quatre jours et celle sur quatre jours et demi, aucune étude ne tranche quant à l’impact sur les résultats scolaires.

Que remettrez-vous en cause dans la réforme du collège ?

Il ne vous a pas échappé que cette réforme ne fait pas l’unanimité. Certains aspects sont intéressants, à commencer par l’autonomie accrue qu’elle confère aux établissements. Mais j’ai été choqué de la suppression, de manière verticale, de dispositifs qui marchaient bien, comme les classes bilangues, les sections européennes, l’option latin. Je l’avais dit à Najat Vallaud-Belkacem [ancienne ministre de l’éducation]. Certains ont utilisé l’argument de l’égalité de manière inadéquate, en prétendant que ces dispositifs créaient de la ségrégation, alors qu’ils permettaient de rendre attractifs des collèges qui ne l’étaient pas.
Nous allons rétablir les classes bilangues. Nous allons valoriser le latin et le grec, qui sont au cœur de notre civilisation et de notre langage. Arrêtons de considérer que ces disciplines rigidifient les différences sociales ; ce sont des outils de promotion pour tous.

La polémique a aussi porté sur les enseignements pratiques interdisciplinaires…

L’interdisciplinarité est très intéressante, mais doit venir des acteurs du terrain. On ne la décrète pas. C’est pourquoi nous donnerons plus de liberté aux enseignants.

Comment conciliez-vous ces évolutions avec la nécessité d’une continuité pour l’école ? Vous avez d’ailleurs régulièrement critiqué les mouvements de balancier d’un gouvernement à l’autre…

Je n’exige des établissements aucun retour en arrière. Ceux qui souhaiteront rester dans le cadre actuel de la réforme du collège le pourront. Il s’agit de revenir à l’esprit initial de l’autonomie.
Ce qui prime est de préserver une cohérence pour les élèves, de faire en sorte que leur scolarité soit continue et efficace. Je suis capable de reconnaître des évolutions positives qui ont traversé les quinquennats : je pense, par exemple, à la poursuite de l’expérimentation de la « mallette des parents » [engagée à Créteil, du temps où M. Blanquer en était le recteur] mais aussi à la lutte contre le décrochage ou encore au développement du numérique.

Vous n’allez donc pas revenir sur la loi d’orientation sur l’école de 2013 ?

Nous n’avons absolument pas besoin d’une nouvelle loi.

La communauté éducative garde de vous l’image d’un haut fonctionnaire qui a servi sous la droite, faisant appliquer les suppressions de postes notamment. Pensez-vous pouvoir vous dégager de cette image ?

Évitons les caricatures. Je me conçois, depuis toujours, comme un professeur qui est aujourd’hui honoré d’être ministre. Ma conviction est la même depuis le début : l’éducation est un vecteur de progrès humain. C’est mon fil directeur.

Votre arrivée est saluée par SOS éducation, une association très libérale qui a soutenu la candidature de François Fillon. Comment vous situez-vous par rapport à ce courant ?

Nous sommes peut-être, aujourd’hui, à un moment historique où ce n’est pas seulement le clivage gauche-droite qu’il faut dépasser. Il nous faut concilier la tradition et la modernité, l’exigence et la bienveillance, réussir cette synthèse française qui, à mon sens, est la clé de tout. Pour ma part, je m’inspire de penseurs extrêmement différents, d’Edgar Morin à Régis Debray en passant par bien d’autres. Je ne pratiquerai donc jamais l’invective ni l’exclusive.

L’enseignement de l’histoire ne cesse de faire polémique. Son rôle est-il de connaître l’histoire ou de cultiver l’amour de la France ?

L’amour du pays et l’enseignement de l’histoire ne se confondent pas mais sont en interaction. Ce qui est important est la structuration de l’enseignement et pour cela une approche chronologique est nécessaire, au moins jusqu’à la fin du collège. Nous allons renforcer cette dimension chronologique.
Les enfants ont besoin de points de repère historiques. Le fait de connaître les rois de France, ce n’est pas du passéisme. Que l’on apprenne ensuite que tel ou tel point est plus compliqué qu’on ne l’avait d’abord appris, c’est l’affaire de l’enseignement à l’adolescence et à l’âge adulte.

Remettrez-vous alors en chantier les programmes d’histoire ?

Non, pas du tout. Il faut plutôt s’intéresser à ce qui se passe en pratique dans cet enseignement, à travers les outils pédagogiques, la formation des professeurs et les débats scientifiques que nous allons avoir. Et voir aussi ce qui se passe dans les autres pays. Pourquoi ne connaissent-ils pas nos polémiques ?

D’une enquête internationale à l’autre, le diagnostic est le même : l’école française est malade de ses inégalités. Quelle place accordez-vous à ce combat-là ?

C’est le premier des combats. Il faut le mener en se concentrant d’abord sur les premières années de la scolarité : cette maternelle à laquelle les enfants accèdent avec, déjà, des différences de vocabulaire très marquées. L’école maternelle doit être un bain de langage.

Vous vous référez beaucoup à l’Organisation de coopération et de développement économiques, aux neurosciences…

L’expérience, le recours à la science, les comparaisons internationales seront les trois piliers de ma méthode. Quand on regarde par-delà nos frontières, on est frappé de voir que les systèmes qui réussissent ne sont pas toujours très différents du nôtre, mais qu’ils entretiennent la confiance.
En France, il n’y a pas une nostalgie de l’école d’antan, mais une nostalgie de cette confiance en l’école. La rétablir, chez les enseignants qui doivent savoir qu’ils sont respectés, chez les élèves qui doivent avoir confiance en eux-mêmes, c’est une des réussites dont j’aimerais être fier.


Propos recueillis par Mattea Battaglia, Aurélie Collas et Luc Cédelle

mercredi 17 mai 2017

Jean-Michel Blanquer, nouveau ministre de l'Éducation nationale




Les enseignants explicites félicitent le nouveau ministre Jean-Michel Blanquer pour sa nomination à la tête de l’Éducation nationale et saluent en lui un authentique et fidèle soutien de leur courant pédagogique.

L’objectif est d’établir en France une École totalement efficace grâce à une Éducation nationale complètement rénovée.

Nous rejoignons bon nombre des objectifs tracés par Jean-Michel Blanquer dans son dernier livre, L’École de demain, et nous nous tiendrons désormais à ses côtés pour lui permettre de réussir dans la mission qui lui a été confiée.

Bien former les générations montantes est un devoir qui nous est incontournable. Il s’agit d’un enjeu crucial pour le rayonnement culturel, économique, social et scientifique de notre pays.

Après quarante années d’égarements pédagogiques constructivistes, il est grand temps de revenir à une École instructionniste capable d’enseigner de manière solide et durable les connaissances et les habiletés indispensables à tout citoyen éclairé et à tout travailleur compétent.

Pour y parvenir, nous disposons de solutions basées sur des données probantes massives, récentes et incontestables. L’enseignement peut et doit devenir enfin efficace. Cela se fera notamment par la mise en œuvre dans les classes des procédures de la Pédagogie Explicite. Celles-ci permettent déjà à de plus en plus d'élèves de réussir dans leurs apprentissages grâce à des enseignants qui sont des professionnels sérieux, reconnus et respectés.

De fait, l’École de demain commence aujourd’hui.

lundi 15 mai 2017

Un ministre attentif pour une école efficace




par Blanche Lochmann,
présidente de la Société des agrégés
 
Il y a deux sortes de ministres : celui qui, marchant à la tête de ses troupes, les emmène et les guide ou celui qui, les lançant devant lui dans une course désordonnée, leur brise les jarrets.

Les professeurs ont plus souvent subi le deuxième modèle que le premier. Ils méritent un ministre respectueux de leur métier. Car rien ne va s'ils sont maltraités : l'énergie qui leur est nécessaire pour entraîner chaque jour élèves ou étudiants s'altère.

On ne considère pas les professeurs comme des cadres à l'avis éclairé. On ne prête pas attention aux solutions concrètes qui leur permettraient de mieux travailler pour leurs élèves. Les ministres imposent la réforme pour la réforme en dépit de ses effets sur les professeurs, épuisés à force d'injonctions paradoxales.

Le recours à des figures médiatiques, à des commissions ne vaut rien. Ce sont des solutions périmées. Les pompeuses “concertations” aboutissant à des conclusions idéologiques sans rapport avec les problèmes du système éducatif sont condamnées à l'échec.

Le ministre doit donc jouer son rôle d'employeur. Quand il lui plairait de lancer de grands projets à son nom avec force communication, prospectus colorés et images d'enfants rieurs, il doit se confronter à la réalité de l'intendance.

La modernité ne réside pas dans la réforme à marche forcée du contenu des enseignements mais dans une gestion des ressources humaines adaptée. De nombreux postes ne sont pas pourvus au concours, le nombre de démissions s'accroît. On ne peut plus se contenter de laisser partir les professeurs mécontents ou épuisés.

L'administration doit être un soutien pour les professeurs. Il faut mobiliser les ressources informatiques afin que les démarches administratives soient simplifiées et mettre fin aux tâches parasitant l'enseignement. Les qualifications des professeurs (leurs concours) doivent être reconnues. Il faut qu'ils soient accompagnés non contrôlés. Il faut que leur formation soit à la hauteur de leurs besoins et à la mesure de leur niveau intellectuel.


De la capacité du ministre à être en marche sans se dérober devant l'intendance dépendra l'excellence de notre enseignement, de nos étudiants, de nos élèves.

mercredi 3 mai 2017

L'Enseignement Explicite dans les Cahiers pédagogiques !



Surprise ! Le site des Cahiers pédagogiques publie un article non polémique sur l’enseignement explicite (qu'il a souvent assimilé à de l'enseignement traditionnel pour mieux le dénigrer). Pour une fois, celui-ci est même présenté, dans la partie qui le concerne, à peu près tel qu’il est. Jugez plutôt :
« L’enseignement explicite, ou enseignement efficace, trouve ses théoriciens chez Clermont Gautier, Steve Bissonnette et Mario Richard. Ils s’appuient sur des recherches comme le projet Follow Through. Cette démarche correspond à des « méga-analyses » (c’est-à-dire des compilations de méta-analyses) de recherches en sciences humaines de par le monde, dans le but d’augmenter la force de la preuve par des échantillons de plus en plus grands. On trouve également la méga-analyse conduite par John Hattie qui semble aboutir à des résultats similaires.
Ces études font apparaître une forte prépondérance de « l’effet-maitre » sur la réussite des élèves. Elles déconseillent fortement les pratiques qui négligeraient la part de cet effet. En premier chef, les pratiques de types socio-constructivistes.
L’enseignement explicite appartient à la famille pédagogique dite « instructionniste. » Il s’oppose aux pédagogies de la seule découverte, centrées sur l’élève. D’après Gauthier, Bissonnette et Richard (2007), un enseignement explicite se traduit par l’enchaînement de plusieurs étapes :
1/ La mise en situation : la présentation de l’objectif d’apprentissage, la traduction de / l’objectif en résultats attendus, l’activation de ce que savent les élèves, la vérification et, si besoin, l’enseignement des connaissances préalables.
2/ L’expérience d’apprentissage : le modelage (présentation claire de l’objet d’enseignement, par des exemples et des contre-exemples), la pratique guidée (pour vérifier la qualité de la compréhension des élèves sur des tâches semblables au modelage, par questionnement et rétroaction) et la pratique autonome (pour consolider les réussites).
3/ L’objectivation : pour extraire les concepts, les connaissances, les stratégies ou les attitudes essentielles, pour ensuite les mémoriser. »
Cet article s'intitule Constructivisme ou enseignement explicite ?. À lire la présentation des deux pratiques, on s'aperçoit immédiatement de la limpidité de la démarche explicite qui contraste vraiment avec le salmigondis verbeux et pseudo-scientifique qui justifie les pratiques constructivistes.

Dans leur introduction, les auteurs, Pierre Cieutat et Sylvain Connac, disent ceci :
« L’enseignement explicite est parfois présenté en opposition aux théories constructivistes et socio-constructivistes. Cet article présente les liens qui existent entre ces conceptions pédagogiques et didactiques, pour dépasser une opposition stérile et tenter une appréhension globale de l’acte d’enseigner. »
Hélas pour eux, l’Enseignement Explicite est toujours présenté en opposition aux pratiques constructivistes, quelles que soient leurs diverses formes. Les seules exceptions à la règle sont le fait des contrefaçons “explicites” suggérées, entre autres, par le Centre Alain Savary (dont la falsification est d’ailleurs placée en lien dans la partie de l’article intitulée “Pour aller plus loin”, plus loin dans le brouillard et la perdition sans doute).

L’opposition, à la fois théorique et pratique, entre Explicite et constructivisme, que les auteurs jugent « stérile », est en fait ontologique, parfaitement fondée et surtout irréductible. Les constructivistes auront beau tourner la question dans tous les sens, ils n’arriveront pas à surmonter cette antinomie. Sauf à dénaturer l’Explicite (solution de Goigoux qui a eu l’audace de parler d’un hold-up sémantique !) ou à manger son chapeau constructiviste (ce que personne ne semble vouloir faire pour ne pas déroger à l’orthodoxie pédagogique dominante).

Évoquons, par exemple, un seul axe d’opposition radicale, de surcroît majeur : en Enseignement Explicite, la complexité chère aux constructivistes n’arrive qu’au terme des apprentissages – réussis et solides – des connaissances et des habiletés nécessaires à sa résolution. Et non en préalable, comme l’exige l’axiome jamais démontré du constructivisme triomphant.

Si on juge de plus haut, l’opposition fondamentale se joue en fait entre les pratiques pédagogiques qui se fondent sur des données probantes nombreuses, massives et incontestables (comme l’Enseignement Explicite ou l’enseignement réciproque) et les pratiques pédagogiques qui se fondent sur des croyances, une tradition ou une idéologie (le reste, dont le constructivisme).

Cependant, je sais gré aux auteurs du ton dépassionné et – relativement – objectif qu’ils ont adopté dans leur article. C’est tellement rare qu’il le faut souligner. Toutefois, j’observe qu'ils parlent d’Enseignement Explicite sans citer une seule fois Barak Rosenshine qui en est “le père”. Cela devient décidément une habitude malgré nos recommandations. Et bien sûr, aucune mention du site Form@PEx qui aurait pu légitimement figurer dans la partie “Pour aller plus loin”, afin de contrebalancer la seule perspective – frelatée – du Centre Alain Savary.

Mais là, j’ai conscience d’en demander trop…