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vendredi 11 octobre 2013

La notation et l’évaluation des élèves éclairées par des comparaisons internationales (IGEN)

Auteurs : Daniel Charbonnier, Alain Houchot, Christophe Kerrero, Isabelle Moutoussamy, Frédéric Thollon
Rapport n° 2013-072
07.2013



En Pédagogie Explicite, l’alignement curriculaire est essentiel pour assurer la cohérence entre le programme, la démarche d’enseignement et l’évaluation. Lorsque cet alignement curriculaire est bien planifié, il influe grandement sur l’efficacité de l’enseignement.

Dans le livre Enseignement explicite et réussite des élèves – La gestion des apprentissages, on peut lire à la page 119 :

« L’évaluation représente le moment ultime puisqu’il s’agit de vérifier si les élèves maîtrisent les connaissances prévues dans les objectifs d’apprentissage, utilisent les concepts et déploient adéquatement les compétences visées par le curriculum. L’évaluation permet de juger le degré de maîtrise des connaissances et le niveau de développement des compétences acquis par les élèves à la suite des expériences d’apprentissage effectuées en classe. L’évaluation ne comporte donc aucune surprise, aucun piège pour l’élève, car toutes les tâches demandées sont reconnaissables et congruentes avec, d’une part, ce qui a été enseigné en classe et, d’autre part, les contenus curriculaires prescrits. »

De leur côté, que constatent les Inspecteurs généraux dans ce rapport sur les pratiques d’évaluation à l’école primaire ?

« On recourt majoritairement aujourd’hui aux appréciations littérales et ensuite à la validation de type « acquis, en cours d’acquisition, non acquis », voire à la validation binaire (« oui / non ») pour rendre compte des acquis des élèves. La notation chiffrée intervient en troisième position. » Leur enquête permet donc de « rectifier l’image traditionnellement transmise d’une école française qui se distinguerait radicalement des écoles européennes, particulièrement des écoles du nord de l’Europe, en instaurant trop précocement une évaluation chiffrée mettant les élèves très tôt en concurrence. Dans les faits, la note chiffrée n’intervient plus guère, à l’école française, avant le cycle 3, c’est-à-dire quand les élèves sont dans leur neuvième année. On peut donc dire que la notation chiffrée apparaît, à l’école primaire, comme un épiphénomène dans ce qui différencie le système français par rapport à d’autres systèmes éducatifs. »

Toutefois, ils constatent également que, dans la plupart des écoles et des collèges, la réflexion sur l’évaluation n’a guère abouti. « Les démarches sont peu cohérentes, les pratiques d’évaluation le plus souvent individuelles et donc très hétérogènes. Le constat d’une absence d’objectivité est quasi constant : on ne sait pas ce qu’on évalue, les niveaux de performance ne sont pas définis. Il est impossible de savoir ce que maîtrisent effectivement les élèves et de comparer les résultats d’une classe à l’autre, d’une école ou d’un établissement à l’autre. L’absence de différenciation entre évaluation formative et sommative est récurrente. Le mélange des deux empêchent les enseignants de connaître le niveau des acquis des élèves et donnent aux élèves le sentiment d’être en contrôle permanent, ce qui engendre une forme de “stress” pour certains. » Comme on le voit, on est loin de l’alignement curriculaire que nous appelons de nos vœux.

Ce défaut n’incombe pas aux professeurs des écoles qui, très majoritairement, font de leur mieux mais ne peuvent pas tout initier au niveau qui est le leur. Les inspecteurs généraux le disent d’ailleurs fort bien : « Les pays ayant de bons résultats aux évaluations internationales ont tous fait le choix d’un cadrage opérationnel », en ayant défini un cadre cohérent pour leurs évaluations dont ils affichent clairement les finalités. Les enseignants n’ayant plus alors qu’à les mettre en œuvre.

Sans avoir à tout réinventer... au risque de mécontenter à la fois la hiérarchie, les élèves et leurs parents !

vendredi 4 octobre 2013

Les difficultés de recrutement d’enseignants dans certaines disciplines (IGEN-IGAEN)

Auteurs : Marc Fort, Mohamed Baziz, Jean Ehrsam, Michel Leroy, Antoine Mioche, Christine Szymankiewicz, Patrick Allal, Anne Baratin, Jean-Michel Quenet
Rapport n° 2013-071
07.2013



Les campagnes de recrutement lancées par le ministre Peillon ont connu un échec relatif. Pour expliquer le manque d’attractivité du métier d’enseignant, le rapport de l'Inspection générale pointe le niveau de rémunération insuffisant. La France se situe au-dessous des moyennes de l’OCDE (11 % de moins, par exemple, pour un enseignant du Primaire). « Si les enseignants jouissent d’une meilleure sécurité de l’emploi et de vacances plus longues, ils ne gagnent en moyenne en France, au bout de 15 ans de métier, que 80 % de la rémunération d’un individu âgé de 25 à 64 ans, diplômé de l’enseignement supérieur et employé à temps complet. »

Par conséquent, la solution semble facile : il faut augmenter le salaire des enseignants. Or, cette nécessaire revalorisation salariale ne figure pas parmi les propositions de ce rapport au prétexte qu’« il n’est pas à ce jour démontré que les difficultés de recrutement s’expliquent par une faiblesse des rémunérations » ! Attrape-t-on les mouches avec du vinaigre ?

Par ailleurs, on trouve à la page 41 un paragraphe intitulé “Les difficultés rencontrées conduisent de plus en plus souvent à l’abandon précoce du métier”. Voilà un problème intéressant auquel il faudrait s'atteler. Mais les rapporteurs n’envisagent la question qu’en Belgique francophone où « le taux d’abandon de la profession est de 40 % des enseignants dans les cinq premières années et de 50 % dans les huit premières années », et aux Pays-Bas où « 10 % des enseignants débutants quittent la profession à la fin de la première année de travail » par manque d’accompagnement et de soutien. Et en France ? Rien. Aucune donnée ne transpire. Le taux d’abandon des enseignants français semble être un secret d’État et chaque expert respecte strictement l’omerta. Si tant est – ce qui reste encore à prouver – que des statistiques existent…