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mardi 18 février 2014

Sondage : Les Français et Vincent Peillon

BVA pour Le Parisien / Aujourd’hui en France
02.02.2014 



Vincent Peillon : impopulaire car clivant


En étant au cœur de débats polémiques, que ce soit sur les rythmes scolaires ou sur le nouvel enseignement des ABCD de l’Égalité, Vincent Peillon, encore méconnu de 17 % des Français, a fortement clivé et politisé son image. Dès lors, il apparaît aujourd’hui impopulaire auprès des Français dans leur ensemble, même si les sympathisants de gauche continuent de largement l’apprécier.
Autre enseignement de ce sondage, si une très large majorité des Français a une bonne image des professeurs, ils sont en revanche très partagés sur l’Éducation nationale dans son ensemble.

52 % des Français ont une mauvaise opinion de Vincent Peillon

52 % des Français ont une mauvaise opinion de Vincent Peillon, contre 31 % en ayant une bonne opinion et 17 % ne le connaissant pas assez pour avoir un avis. Si on observe les résultats uniquement auprès de ceux le connaissant, c’est 38 % des Français qui en ont une bonne opinion et 62 % qui en ont une mauvaise opinion. Son image apparaît par ailleurs très clivée politiquement, presque les trois-quarts des sympathisants de gauche ayant une bonne opinion de lui (72 %), alors que les sympathisants de droite en ont presque tous une mauvaise opinion (88 %).

Une image personnelle mitigée et très clivée politiquement

Moins connu que les personnalités politiques précédemment testées pour Le Parisien – Aujourd’hui en France (17 % ne le connaissent pas assez pour exprimer une opinion sur lui, contre moins de 5 % pour les précédentes personnalités politiques testées), Vincent Peillon, l’agrégé de philosophie, a surtout l’image d’un « intello » (65 %), « ayant des convictions profondes » (61 %), mais « orgueilleux » (54 %) et « jouant trop perso » (50 %).
Mais dans le détail, son image apparait encore assez floue chez des Français, qui sont moins de la moitié à lui attribuer les autres qualificatifs testés dans ce sondage, qu’ils soient positifs ou négatifs : s’ils ne sont qu’une minorité à le trouver « courageux » (47 %), « sachant où il va » (42 %), « compétent » (41 %), « solide, ayant de l’autorité » (41 %), « sympathique » (39 %) et « homme de dialogue » (36 %), ils ne sont aussi qu’une minorité à le trouver « langue de bois » (49 %), « arrogant » (46 %), « arriviste » (45 %) et « démagogique » (43 %).
Autre signe de son image très clivée politiquement, les sympathisants de gauche sont entre 67 % et 80 % à lui reconnaître les différentes qualités testées dans ce sondage et seulement 16 % à 29 % à lui attribuer les différents défauts, alors que les sympathisants de droite sont au contraire 56 % à 73 % à lui attribuer ces défauts, mais seulement 14 % à 47 % à lui reconnaître ces qualités.

La majorité des Français le juge mauvais ministre et moins bon que ses prédécesseurs

Parmi ceux qui le connaissent, 62 % des Français considèrent qu’il est un mauvais ministre de l’Éducation nationale, contre 37 % trouvant qu’il est un bon ministre. Si presque les trois-quarts des sympathisants de gauche en sont satisfaits (72 % le jugent « bon ministre »), la très large majorité des parents d’enfant scolarisés (70 %) et presque tous les sympathisants de droite (88 %) considèrent, au contraire, qu’il est un mauvais ministre.
Toujours parmi ceux le connaissant, 54 % des Français trouvent aussi Vincent Peillon moins bon ministre de l’Éducation nationale que ses prédécesseurs, lorsque Nicolas Sarkozy était Président de la République. 41 % le jugent au contraire meilleur. Logiquement, les clivages politiques sont encore plus marqués sur cette question : 85 % des sympathisants de gauche le jugent meilleur, 89 % des sympathisants de droite le jugent moins bon.

Sa réforme des rythmes scolaires reste très clivante

Comme au mois d’octobre dernier, 54 % des Français sont aujourd’hui opposés à la réforme des rythmes scolaires, contre 44 % y étant favorables.
Les parents d’enfants scolarisés (63 %), les habitants des communes de moins de 100 000 habitants, où la mise en place de cette mesure est souvent plus difficile (60 %), et les sympathisants de droite (74 %) y sont particulièrement opposés, contrairement aux habitants des communes de plus de 100 000 habitants et aux sympathisants de gauche, qui sont respectivement 53 % et 70 % à y être favorables.

Si le nouvel enseignement des ABCD de l’égalité est approuvé par une majorité de Français, les rumeurs ont toutefois laissé des traces

Notre sondage réalisé pour CQFD-I-télé et diffusé samedi, montre que 53 % des Français considèrent que le nouvel enseignement des ABCD de l’Égalité est une bonne chose. Ce nouveau sondage nous montre aussi que 56 % des Français ne craignent pas que cet enseignement soit un moyen de diffuser une « théorie du genre », niant les différences entre les hommes et les femmes. Mais il n’en reste pas moins, que tout de même 40 % des Français et 63 % des sympathisants de droite éprouvent cette crainte. Les rumeurs sur internet, les parents retirant leurs enfants des écoles et les propos de Jean-François Copé disant « être choqué par la théorie du genre et comprendre l'inquiétude des familles » ont visiblement laissé des traces dans l’opinion.

Les Français ont une très bonne image des professeurs, mais pas de l’Éducation nationale

65 % des Français (et 62 % de ceux ayant un enfant scolarisé) ont une bonne image des professeurs, (contre 34 % en ayant une mauvaise) et particulièrement les CSP+ (69 % en ont une bonne image, contre 56 % des CSP-) et les sympathisants de gauche (86 %, contre 53 % des sympathisants de droite).
En revanche, à l’égard de l’Éducation nationale dans son ensemble, les Français sont beaucoup plus partagés : seulement 49 % d’entre eux en ont une bonne image, contre 51 % en ayant une mauvaise image. Logiquement, comme sur les professeurs, l’opinion sur l’Éducation nationale est très clivée politiquement et socialement. Alors que les sympathisants de gauche (75 %) et les CSP+ (54 %) en ont une bonne image, les CSP- et les sympathisants de droite sont respectivement 53 % et 67 % à en avoir une mauvaise image.

Éric BONNET, Directeur d’études BVA Opinion

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