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mardi 20 décembre 2016

Le coût de l'éducation en 2015 (MEN-DEPP)

Près de 7 % du PIB consacrés à l'éducation,
soit 147,8 milliards d'euros 

Note d'information, n° 32
11.2016
Auteurs : Jean-Pierre Dalous, Lisa Fratacci et Aline Landreau-Mascaro



La France a consacré 147,8 milliards d’euros à son système éducatif en 2015, soit 6,8 % du PIB. La dépense moyenne pour un élève ou un étudiant est de 8 440 euros. Elle augmente avec le niveau d’enseignement, allant de 6 190 euros pour un écolier à 11 680 euros pour un étudiant. L’État est le premier financeur de l’éducation (57 %), devant les collectivités territoriales (24 %). Les dépenses de personnel, en augmentation, représentent trois quarts du total.


L’infographie

Évolution de la dépense intérieure d’éducation (DIE) et de sa part dans le PIB (depuis 1980)


Depuis 1980, la DIE est orientée à la hausse. Après des années de croissance soutenue (+ 3,1 % par an en moyenne de 1980 à 1996 en prix constants) la hausse est ralentie depuis 1997 (+ 0,9 % en moyenne annuelle). La crise de 2008-2009 n’a pas affecté immédiatement les dépenses d’éducation qui, malgré ce contexte, bénéficient d’un effort soutenu de la Nation. Ainsi, en 2009 la DIE progresse de 2,9 % par rapport à 2008. En revanche, de 2010 à 2012, avec la politique de maîtrise des dépenses budgétaires, la DIE décroît (- 0,4 % puis - 0,7 %). À partir de 2013, elle reprend sa croissance (+ 1,5 % en 2013, + 0,9 % en 2014 et + 0,5 % en 2015) : le budget de l’État dédié à l’enseignement scolaire augmente de 1,7 % en 2014 et 1,6 % en 2015, l’effort portant notamment sur les rémunérations et la formation des personnels enseignants.

La part de la DIE dans le PIB atteint son point haut en 1996, à 7,7 %, et décroît lentement ensuite. Elle se maintient de 2006 à 2008 aux environs de 6,7 %, pour augmenter à 7,1 % en 2009, décroître jusqu’à 6,7 % en 2012 et osciller autour de 6,8 % depuis. Notons qu’en 2015, 0,1 point de PIB représente environ 2 milliards d’euros.


L’essentiel

En 2015, la dépense intérieure d’éducation (DIE), qui mesure l’effort consenti par la Nation pour le fonctionnement et le développement du système éducatif de la métropole et des DOM, est estimée à 147,8 milliards d’euros (Md€). Elle se répartit entre le premier degré pour 42,5 Md€ (28,8 %), le second degré pour 58,3 Md€ (39,4 %) et l’enseignement supérieur pour 30,1 Md€ (20,3 %) ; le reste finance la formation continue et extrascolaire à hauteur de 17,0 Md€ (11,5 %).

La dépense par élève ou étudiant s’élève à 8 440 euros en 2015, en hausse de 15 euros par rapport à 2014 et 430 euros par rapport à 2006 (en prix constants). L’évolution de la dépense par élève ou étudiant dépend du niveau d’enseignement, et est fonction de celle des effectifs et de la DIE. Elle croît dans le premier degré de 8,6 % sur la période 2006-2015, pour atteindre 6 190 euros en 2015 ; elle poursuit le redressement amorcé en 2012 et 2013 dans le second degré, en s’élevant à 8 510 euros au collège et 11 070 euros au lycée. Dans l’enseignement supérieur, la dépense moyenne par étudiant passe de 11 830 euros en 2014 à 11 680 euros en 2015.

L’État reste le premier financeur de l’éducation. Près des trois quarts de la dépense d’éducation de l’État sont consacrés à la rémunération des personnels, charges comprises (62,2 milliards d’euros) : 63,2 % pour le personnel enseignant et 10,1 % pour le personnel non enseignant.

Les collectivités territoriales, deuxième financeur de la DIE avec 34,8 Md€, prennent en charge, pour les premier et second degrés, les dépenses des personnels techniques et de service ainsi que la quasi-totalité des dépenses de fonctionnement et d’investissement, et gèrent la restauration, l’hébergement et le transport scolaire. Depuis 2006, leur contribution a augmenté de 3 points (passant de 20,7 % en 2006 à 23,5 % en 2015), en liaison avec la baisse de la part de l’État.


Repères

Compte de l’éducation
Le Compte de l’éducation mesure l’effort monétaire que la collectivité nationale consacre au système éducatif. Il constitue un compte satellite de la comptabilité nationale. Il a donc un statut de compte économique permettant de rassembler et d’organiser, dans un cadre synthétique, l’ensemble des flux relatifs aux dépenses d’éducation et à leur financement.

Dépense intérieure d’éducation
La dépense intérieure d’éducation est la somme des dépenses effectuées par l’ensemble des agents économiques pour les activités d’éducation en France métropolitaine et dans les DOM :
- les dépenses pour les activités d’enseignement de type scolaire ou extrascolaire de tous niveaux (premier degré, second degré, enseignement supérieur, apprentissage, formation continue) effectuées dans les établissements publics ou privés ou dispensées lors de leçons particulières ;
- les dépenses pour les activités visant à organiser le système éducatif : administration générale, documentation pédagogique et recherche sur l’éducation, orientation ;
- les dépenses pour les activités visant à favoriser ou accompagner la fréquentation des établissements scolaires : restauration et hébergement, médecine scolaire, transports scolaires ;
- les dépenses demandées par les institutions scolaires : achats de livres, de fournitures, d’habillement.

Les modifications du Compte de l’éducation
La dépense intérieure d’éducation est évaluée chaque année par le Compte de l’éducation, dont les méthodes, le champ et les concepts évoluent périodiquement.
Pour permettre un suivi chronologique, les principales séries de données sont alors rétropolées et les montants ainsi recalculés peuvent donc différer de ceux des éditions précédentes de cette publication.
Les montants des dépenses de la dernière année sont des montants provisoires.


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