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dimanche 9 octobre 2016

Expertise sur la continuité pédagogique entre l’école et le collège (IGEN-IGAEN)

Auteurs : Marie-Hélène Leloup et Pierre Lussiana
IGEN-IGAENR, Rapport 2016-040
07.2016



Cette histoire de liaison école-collège est un serpent de mer qui remonte loin et qui refait surface de temps à autre. Ainsi, « la question de la liaison entre école et collège se pose depuis l’instauration du collège unique en 1975. L’inscription d’un socle commun de connaissances et de compétences dans la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’École du 23 avril 2005 a marqué une nouvelle ambition, en créant un horizon d’attente pour la scolarité obligatoire qui suppose une véritable continuité pédagogique de l’école au collège. Aujourd’hui, la loi de refondation du 8 juillet 2013 instaure une nouvelle étape dans cette dynamique de coordination entre école et collège. »

Selon moi, le problème principal se trouve, comme le reconnaît ce rapport, dans « les différences de statut entre professeurs des écoles et enseignants de collège ». Par-delà le statut, nous ne faisons pas le même métier et les conditions d’exercice sont très différentes.

De fait, « en dépit de ce souci maintes fois réaffirmé d’une nécessaire continuité entre école et collège, force est de constater que celle‐ci reste un objectif à atteindre. » Et les rapporteurs de pointer un certain nombre de difficultés.

Outre la différence entre les professeurs des écoles et ceux des collèges et « la coexistence de deux cultures professionnelles », il y a le fait que les écoles sont plus ou moins éloignées de leur collège de secteur, que les écoles dépendent de leur IEN et les collèges du principal (d’où une « absence d’unité de direction »). Ces facteurs expliquent « la difficulté à progresser dans la mise en œuvre de la continuité pédagogique entre l’école et le collège. »

Quant aux actions communes, elles sont « très ponctuelles relevant de la découverte, par les élèves de l’école primaire, du collège » (les fameuses visites du collège pour les CM2). Ou alors ce sont des actions assez éloignées des apprentissages (comme des défis inter-classes, par exemple), ce qui « laisse apparaître (…) un bénéfice pour les élèves concernés assez modeste ». C’est le moins qu’on puisse dire…

Les rapporteurs proposent des solutions, mais les difficultés sont telles que cette fameuse liaison école-collège risque fort de rester de l’ordre de l’incantation. Et c'est tant mieux pour les enseignants du Primaire : le risque d'une intégration plus grande est en effet qu'ils passent sous la tutelle étroite de leur collège de secteur et perdent ainsi leur indépendance pédagogique. Ce qui ne ferait que détériorer davantage les conditions d'exercice du métier dans le premier degré.

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