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dimanche 25 septembre 2016

Les propositions pour l'École du collectif Racine



Le 22 septembre dernier, le collectif Racine a présenté 100 propositions pour contribuer à l’élaboration du projet éducatif du Front national.

Un certain nombre de ces propositions vont dans le bon sens et rejoignent ce que les enseignants explicites conseillent pour améliorer le système éducatif. 

Ainsi :
- la proposition 2 qui veut abolir les cycles et les compétences, « pour lui substituer une définition de ces objectifs en termes de savoirs devant être acquis à la fin de chaque année scolaire » ;
- la proposition 4 qui entend « faire de la méthode syllabique la seule méthode reconnue comme norme pour l’apprentissage de la lecture » ;
- la proposition 5 qui augmente les horaires « dédié à l’apprentissage de la lecture, de l’écriture, et à la pratique des exercices d’entraînement » à tous les niveaux de l’Élémentaire, « pour qu’aucun enfant n’entre au collège sans maîtriser la lecture et l’écriture » ;
- la proposition 9 pour dispenser « à l’École primaire, un enseignement des mathématiques, à partir des fondamentaux, c’est-à-dire de la compréhension et de la maîtrise des quatre opérations de base de l’arithmétique, en mettant en œuvre une pratique du calcul systématique » ;
- la proposition 50 qui entend « limiter les sorties et voyages scolaires à ceux présentant un intérêt pédagogique avéré » ;
- la proposition 55 qui rappelle que « l’École est un service organique de la République au sein duquel des fonctionnaires d’État remplissent une mission de service public à destination des enfants et des jeunes que la nation leur confie, lesquels sont à ce titre les véritables usagers de ce service public, à la différence des parents auxquels il ne saurait donc revenir d’exercer aucun pouvoir décisionnaire relativement aux orientations pédagogiques » ;
- la proposition 56 qui veut « redéfinir les rôles et fonctions des syndicats enseignants en veillant à ce qu’ils jouent librement leur rôle consistant à défendre les intérêts matériels et moraux de leurs mandants, mais ne prétendent pas, et en aucune façon, influer sur les orientations et pratiques pédagogiques » ;
- la proposition 57 qui redéfinit « les rapports entre les parents d’élèves et l’École : c’est à eux qu’il revient d’éduquer les enfants, l’École ayant quant à elle pour mission de les instruire. Au titre de leur devoir d’éducation, les parents doivent responsabiliser leurs enfants, et lorsque le comportement de ceux-ci traduit un défaut d’éducation, ils peuvent en être tenus pour responsables » ;
- la proposition 58 qui prétend « restreindre la représentation des parents d’élèves, au sein des organes décisionnaires aussi bien que consultatifs de l’Éducation nationale : il n’appartient pas aux parents de se prononcer et encore moins de prétendre influer sur les pratiques et méthodes pédagogiques ».

Tout cela est nécessaire pour refonder véritablement l’École, pour redresser le niveau des élèves français, pour professionnaliser vraiment le métier d’enseignant. Ce sont des dispositions que préconisent tous les instructionnistes (et qui, par conséquent, défrisent habituellement tous les constructivistes).

Cependant, si le courant instructionniste, qui mise tout sur la transmission, comprend le jeune courant de l’Enseignement Explicite, il compte également tous les partisans de l’enseignement traditionnel. Et les propositions du collectif Racine, sans surprise, subissent la complète influence de ces derniers. D’où les appels du pied qu’il fait depuis des mois à Brighelli, en lui offrant un râtelier où il n’a pas encore mangé.

Ainsi, la proposition 43 qui veut « instaurer le cours magistral à tous les niveaux » ! Comment peut-on dire aujourd’hui ce genre de chose après tout ce que nous ont appris les neurosciences sur la limitation de la mémoire de travail et sur la nécessité d'être actif dans ses apprentissages ? Même à l’université, les cours magistraux sont indigestes et, sauf talent exceptionnel du professeur qui le dispense, les étudiants décrochent assez vite parce que leur capacité d’attention n’est pas infinie. Alors, imaginons un professeur de lycée ou de collège qui arriverait devant ses élèves, ouvrirait son cours et le lirait de façon magistrale, sans interaction, sans rétroaction, et sans sourciller. Et ne parlons même pas de ce genre de démarche à l’École élémentaire. Quant à la Maternelle, cela deviendrait du plus haut comique, digne des meilleures séquences de caméra cachée…

De même que la proposition 68 qui suggère de supprimer les ESPE pour les remplacer par des Écoles normales régionales « qui délivreront une formation d’excellence centrée sur l’apprentissage disciplinaire, proscrivant les prétendues sciences de l’éducation ». Le marqueur habituel des partisans de l’enseignement traditionnel est leur farouche opposition aux sciences de l’éducation. Ils oublient un peu vite que si celles-ci sont – c’est vrai – l’apanage quasi-exclusif en France de charlatans qui ne cherchent qu’à affirmer leurs croyances, il existe ailleurs des chercheurs sérieux qui suivent une démarche vraiment scientifique et qui obtiennent des résultats tangibles très utiles aux praticiens de terrain. C’est ainsi que l’Enseignement Explicite a été défini et modélisé, grâce aux travaux sur les pratiques efficaces. Notre métier a besoin de s’appuyer sur des données probantes tirées de la recherche. On ne peut plus affirmer, comme certains crétins du courant traditionaliste, que “l’enseignement est un art” et qu’il suffit de posséder cet art – par la grâce du saint esprit – pour être un bon enseignant. Les Mozart ou les Rembrandt de la pédagogie n’existent pas, et quand bien même ils existeraient, il aurait fallu qu’ils maîtrisent d’abord toutes les techniques d’enseignement efficaces qui ne s’acquièrent certainement pas par miracle.

Au total donc, avec ces 100 propositions, le collectif Racine se situent – il fallait s’y attendre – dans l’esprit de SOS-Éducation et de toute la mouvance traditionaliste représentée par un Brighelli. Pas étonnant qu’on y retrouve le port de l’uniforme (proposition 53). Bientôt sans doute, on aura également l’usage du chèque éducation (une ancienne proposition du Front national), le salut aux couleurs, les lignes à copier et le bonnet d’âne. Tout cela, on l’aura compris, s’éloigne de l’objectif primordial : rendre l’École efficace.

Le courant instructionniste est malheureusement lourdement plombé par des nostalgiques qui nous décrédibilisent avec leurs recettes qui sentent la naphtaline. Les constructivistes ont dès lors beau jeu d’en rire et de traiter leurs adversaires de réactionnaires. D’une certaine manière, les outrances de ces propositions tirées du Pensionnat de Chavagnes aide les constructivistes à maintenir leur hégémonie sur le système éducatif, puisque cela conforte leur fausse image de “progressistes”.

C’est pourquoi, dans un tel contexte, les enseignants explicites constituent la seule alternative crédible. Puisque les constructivistes claironnent que leurs pratiques inefficaces sont “basées sur la recherche” (précisons : de quelques copains militants de l’Éducation “nouvelle”), prenons-les au mot. Regardons ce que nous apprend la recherche, la vraie, celle des chercheurs sérieux, écoutons ce que nous dit la masse de données probantes récentes relatives à l’enseignement et suivons les pistes tracées par cette recherche sur les pratiques efficaces.

Voilà la seule proposition qui permettra de déboulonner enfin la camarilla constructiviste qui ruine l'École depuis quarante ans.

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