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mercredi 22 juin 2016

Terra Nova - Que doit-on apprendre à l'école ?

Savoirs scolaires et politique éducative

Auteurs : Roger-François Gauthier et Agnès Florin
Fondation Terra Nova
27.05.2016


Terra Nova est un think tank de gauche. De cette tendance obtuse, persistant dans l’erreur parce que les croyances idéologiques l’exigent et qu’il est difficile de voir la réalité et de manger ensuite son chapeau. Ainsi, chaque fois que Terra Nova pond un rapport sur l’École, on peut être certain qu’on va y retrouver tous les clichés de l’école “nouvelle” ou “moderne”, dont la nouveauté et la modernité sont désormais bien racornies après un siècle d’existence, beaucoup d’eau ayant coulé sous les ponts. 

Quand on est “de gauche”, on est forcément pour le constructivisme pédagogique. Et tant pis si l’enseignement dispensé de cette manière est une catastrophe pour les élèves, surtout ceux des milieux populaires… que les militants de gauche sont censés défendre en priorité. Mais, comme seules les pratiques constructivistes sont réputées “progressistes”, la gauche persiste dans l’erreur en feignant de ne pas voir les résultats désastreux obtenus année après année, évaluation après évaluation, comparaison internationale après comparaison internationale. À tel point que la France est maintenant le pays où les différences entre les meilleurs élèves et ceux qui sont en difficulté sont les plus grandes des pays de l’OCDE. Et ce ne sont pas tant les meilleurs élèves qui creusent l’écart, ce sont plutôt les élèves en difficulté qui le sont de plus en plus et qui s’enfoncent davantage.

Dès lors, à la parution de ce nouveau rapport, Que doit-on apprendre à l’école ? Savoirs scolaires et politique éducative, je ne me suis pas précipité. Je savais déjà ce qu’il contenait.

Pourtant, en parcourant sa présentation, une phrase sibylline a retenu mon attention : « Il s’agit notamment de faire de l’apprentissage des méthodes pour apprendre un objet d’enseignement explicite ». Quel charabia !

Une collègue institutrice ayant compris que cette suggestion évoquait l’idée d’un enseignement explicite aux stagiaires des ESPÉ des différentes façons d’enseigner (ce qui aurait été une excellente proposition), je suis allé voir ce qu’il en était dans le rapport lui-même. À la page 57, j’ai retrouvé cette phrase, mais elle était dans un paragraphe intitulé “Apprendre à apprendre”, qui est une antienne constructiviste selon laquelle les élèves doivent savoir retrouver l’information au lieu d’acquérir des connaissances et des habiletés. Sans se douter un seul instant que c’est justement en ayant des connaissances et des habiletés solidement stockées en mémoire longue qu’on peut chercher utilement et intelligemment une information, au lieu de se contenter de copier/coller comme le font la plupart des élèves au terme d’un enseignement constructiviste.

Ainsi, – si j’ai bien compris – ce sont les élèves qui doivent apprendre des méthodes et pouvoir les expliquer de manière explicite. Ce qui est la base d’un enseignement tenant compte de la métacognition… comme en Pédagogie Explicite. Quelle découverte !

Quant à former les futurs enseignants aux divers courants pédagogiques, il n’en est toujours pas question. De toute façon, les formateurs des ESPÉ ne connaissent que les pratiques inefficaces du constructivisme et s’en contentent depuis des dizaines d’années. À la grande satisfaction de toute la hiérarchie de l’Éducation nationale, dont le rôle aurait pourtant été de veiller au grain et de ne pas permettre les foutaises qui ont mis l’École publique à genoux.

Les courageux liront ce rapport. Surtout s’ils se croient de cette “gauche progressiste” qui fait tourner dans leur tombe les authentiques socialistes, ceux des grands combats menés aux siècles passés pour l’émancipation véritable des classes populaires et pour une instruction de qualité.

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