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mercredi 18 mai 2016

Bilan social annuel du ministère de l'Éducation nationale - 2014-2015



[D’après un article du Café pédagogique]

La publication du Bilan social de l'Éducation nationale jette un coup de projecteur sur les rémunérations réelles des enseignants.

On le sait : les enseignants français sont mal payés par rapport à leurs homologues des autres pays développés. Eurostat et l'OCDE ont publié des données éclairantes à ce sujet. Si l'on s'en tient à l'Europe, exprimé en euros, 14 pays européens versent un salaire de débutant supérieur au salaire français. Alors que le salaire moyen annuel du professeur des écoles est de 24 724 € en France (2014), on est à :
- 42 891 € en Allemagne,
- 25 123 € en Angleterre,
- 27 754 € en Espagne,
- 30 335 € en Belgique,
- 32 225 € aux Pays Bas,
- 48 360 € en Norvège,
- 31 699 € en Finlande, selon Eurostat.
Il atteint même 70 450 € au Luxembourg. Exprimé par rapport au PIB national ce n'est pas mieux. Le salaire du professeur des écoles français débutant représente 79 % du PIB national. Or chez la plupart de nos voisins, il est supérieur au PIB. C'est le cas en Allemagne (126 %), en Angleterre (100 %), en Espagne (124 %) ou au Portugal (138 %).

Mais qu'en est-il des différences entre les corps ? Comment s'expliquent-elles ? Le Bilan social publie des chiffres détaillés pour 2013.

Premier constat : l'écart entre le Primaire et le Secondaire. Le salaire moyen net d'un professeur des écoles est de 2 197 € par mois quand la moyenne des enseignants du second degré est de 2 669 €. L'écart est donc de près de 500 euros chaque mois.  

À cela plusieurs raisons que détaille le Bilan social. La première, ce sont les primes : elles représentent 5 % du salaire brut des professeurs des écoles contre 15 % pour les enseignants du Secondaire. L'exemple le plus célèbre est la différence entre l'ISAE du primaire (400 € par an) et l'ISOE du secondaire (1 200 €). En moyenne un professeur des écoles touche 40 € de prime par mois.

La seconde raison de cet écart c'est la carrière. 3,7 % des professeurs des écoles atteignent la hors classe contre 19,9 % des certifiés et professeurs d’EPS (PEPS) et 22,9 % des PLP. De plus, contrairement aux professeurs des écoles, les certifiés et PEPS ainsi que les PLP peuvent avoir accès au grade de “bi-admissible” (aux rémunérations plus avantageuses qu’en classe normale) qui leur est accordé lorsqu’ils ont été admissibles à deux sessions du concours d’agrégation. Les professeurs des écoles ont donc en moyenne, tous grades confondus, un traitement indiciaire brut plus faible que les autres. De plus, pouvant partir à la retraite cinq ans avant leurs collègues du second degré, les anciens instituteurs devenus professeurs des écoles atteignent, en fin de carrière, des échelons moins élevés.

En février 2013, Bruno Suchaut avait pu calculer que le changement de corps, d'instituteur à professeur des écoles, ne s'était pas accompagné d'une revalorisation réelle de carrière compte tenu de l'allongement des études et des frais de logement.

Pour autant, il y a des écarts à l'intérieur des professeurs des écoles. L'écart varie de 1 806 € à 2 629 € nets. Un PE de plus de 50 ans gagne en moyenne un peu plus de 2 500 €, ce qui est 500 € de plus qu'un trentenaire.

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