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lundi 9 novembre 2015

Les effets pervers des nouveaux rythmes scolaires sur les enseignements

Rapport du comité de suivi de la réforme des rythmes éducatifs

Une année de généralisation des rythmes


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Il s’agit du rapport du Comité de suivi de la réforme des rythmes scolaires qui ne compte que 4 enseignants (dont 2 syndicalistes) sur 19 membres.

Ce rapport souligne la stabilisation à cette rentrée de l'organisation du temps scolaire. On n'a pas vu la ruée vers les dérogations permises par le décret Hamon ni vers la libération du vendredi après-midi.  La cinquième matinée de cours le samedi matin reste très minoritaire (2 % des écoles). Les nouveaux rythmes n'ont pas su convaincre le privé où seulement 5 % des écoles les ont adoptés. Les PEDT, qui sont obligatoires pour bénéficier de l'aide financière de l'État, concernent 80 % des communes. Une commune sur cinq préfère faire l'impasse du pactole public...

Le rapport confirme le coût de la réforme pour la collectivité nationale. L'État a déjà donné 463 millions d'euros aux communes pour les activités périscolaires. La CNAF prévoit 574 millions pour la seule année 2015. On n'a par contre pas d'évaluation sur le coût pour les familles. On ignore le pourcentage de communes qui proposent des activités payantes. Un seul chiffre est donné : parmi les 14 000 premières communes à mettre en place les PEDT, la moitié les propose gratuitement.

Dans les écoles régies par le décret Hamon, on est généralement resté à 8 demi-journées de cours. Dans plusieurs académies, l'absentéisme qui pouvait exister le samedi matin s'est déplacé sur le mercredi matin.

Didier Jacquemain (Francas) montre la complexité introduite par les APC à côté des TAP. « Les APC ont constitué le moyen de ne pas abandonner l’aide personnalisée... Devons-nous transformer la réponse éducative par la réforme des rythmes scolaires ? Si oui, nous devons admettre qu’il sera difficile de mettre en cohérence une intervention éducative qui concerne tous les enfants, une autre intervention qui concerne certains enfants sur décision des enseignants et une autre intervention qui concerne certains enfants, sur décision des parents. »

Le rapport recommande d'évaluer les effets de la réforme. Ce sera chose faite en 2017 puisque 4 études sont lancées par la Dgesco. « Une étude portera sur un panel de 15 000 élèves, en intégrant des évaluations cognitives en français et en mathématiques en fin de CM2 et un questionnaire adressé aux familles, aux maîtres, aux élèves portant sur les manières d’apprendre ou de faire classe ». Une autre « portant sur un échantillon de 5 000 élèves répartis sur des modes d’organisation représentatifs permettra de comparer l’impact des différentes organisations des temps sur les apprentissages ». Enfin une recherche sera menée dans une académie pour « identifier les organisations qui permettent le mieux de prendre en compte le temps global de l’enfant ». Une dernière enquête étudiera l'effet de la réforme sur l’absentéisme.

Le rapport met en annexe une déclaration du SNUipp qui montre, un an après la généralisation des rythmes, que l'hostilité des enseignants n'a pas baissé. Dans une enquête portée auprès de 16 764 enseignants, 74 % des répondants estiment que le temps périscolaire impacte négativement le temps scolaire en termes d'organisation, de fonctionnement de l'école mais aussi d'attention et de fatigue des élèves. Seuls 9 % décèlent des effets positifs sur les apprentissages, notamment dus à l'étalement des 5 matinées notamment en cycle III et 8 % sur le climat de la classe. 73 % notent une baisse de concentration et d'attention chez certains de leurs élèves sur le temps de classe. 79 % demandent une autre organisation horaire de l'école.

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