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lundi 27 juillet 2015

Sondage : Les enseignants et la politique d’éducation du gouvernement

OpinionWay pour Le Figaro
07.2015


Source : Le Figaro

Les enseignants se détournent de François Hollande


Le monde enseignant restera-t-il en 2017 cet électorat naturellement acquis à la gauche? S'ils étaient appelés aux urnes demain, deux mois après le passage en force du gouvernement sur la réforme du collège, les professeurs ne seraient que 21 % à voter pour François Hollande, selon un sondage OpinionWay pour Le Figaro. Une chute de 23 points, par rapport à leur vote lors de la présidentielle de 2012 (44 % s'étaient prononcés pour François Hollande). La promesse des 60.000 postes n'aura pas suffi. La réforme du collège, le projet de nouveaux programmes et les rythmes scolaires sont passés par là. Ainsi que trois ministres de l'Éducation, du flamboyant Vincent Peillon, qui se voulait le “ministre des enseignants”, à la lisse et souriante Najat Vallaud-Belkacem, “ministre des parents” en passant par Benoît Hamon, ministre frondeur…

Le président Hollande et sa ministre de l'Éducation s'attirent respectivement 76 et 77 % de mécontents dans les rangs des professeurs. Dans cette déception généralisée, François Bayrou fait figure de messie. L'ancien professeur, agrégé de lettres classiques, passé entre 1993 et 1997 Rue de Grenelle sans faire de remous, jouit d'une évidente légitimité dans le monde enseignant.

Le président du Modem arrive ainsi en tête des intentions de vote (26 %). Les voix perdues par le Parti socialiste profiteraient donc davantage au centre droit qu'au front de gauche (18 % des intentions pour Jean-Luc Mélenchon).

Et la droite ? Quelque 13 % des voix iraient à Nicolas Sarkozy, un score équivalent à la présidentielle 2012. « La droite a fait le deuil de l'électorat enseignant, ce qui est à mon sens une erreur, observe Bruno Jeanbart, directeur des études politiques d'OpinionWay. En 2007, le choix de Nicolas Sarkozy de recruter moins d'enseignants mais de mieux les payer avait porté. Aujourd'hui, les professeurs, mais aussi les parents et le grand public attendent une parole à droite sur les dossiers éducatifs ».

En progression sensible, mais continue, le Front national serait aujourd'hui choisi par 6 % des professeurs, contre 4 % à la présidentielle 2012 et 1 % à celle de 2007. « Preuve que la radicalisation touche aussi cette population éduquée, chargée de la transmission des valeurs républicaines », conclut Bruno Jeanbart.

Caroline Beyer


              

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