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jeudi 9 juillet 2015

Le mécontentement domine largement dans l'Éducation nationale

Baromètre UNSA des métiers de l’éducation

3e édition
06.2015


D’après un article du Café pédagogique

Où sont les améliorations ? C'est la question que posent les professionnels de l'Éducation nationale si l'on en croit le Baromètre UNSA publié le 25 juin. Pour la troisième année, ce sondage massif (22 000 réponses) montre des enseignants qui ne se sentent ni reconnus ni rémunérés correctement. Pour 85 % des enseignants, il n'y a pas eu d'amélioration de leurs conditions de travail. Seulement 22 % approuvent les choix politique dans leur secteur.

« Malgré le poids de ce problème central du pouvoir d’achat qui devient un contentieux, les avis positifs relatifs aux choix politiques frémissent légèrement : 1 collègue sur 4 est en accord avec ces derniers en 2015 (1 sur 5 l’an dernier). Même si les réformes des rythmes scolaires et du collège continuent à faire débat, tout particulièrement chez les enseignants concernés, la perception de choix éducatifs plus positifs progresse. Enfin, 43% des répondants conseilleraient leur métier à un jeune de leur entourage contre 51% qui ne le feraient pas. »

Avec 21 921 réponses pour l'ensemble du secteur Éducation Culture, dont près de 8 300 enseignants, 2 000 directeurs d'école,  228 IEN, le Baromètre est une source d'informations sérieuse sur ce que pensent les professionnels de l'éducation sur leur vie professionnelle et la politique gouvernementale.

Sont-ils heureux d'exercer leur profession ? 80 % des enseignants répondent « oui ». C'est le cas de 84 % des directeurs d'école et des IPR. Le taux monte à 91 % chez les personnels de direction. C’est que chacun est persuadé que ce qu'il fait a du sens. C'est vrai pour 76 % des enseignants et des IEN, 73 % des IPR et encore 91 % des personnels de direction. Voilà pour le positif. Car ce que montre surtout le baromètre c'est le mécontentement des enseignants.

Selon le baromètre, 77 % des enseignants sont en désaccord avec les choix politiques faits dans leur secteur. Ce taux monte à 78 % dans l'enseignement primaire qui est le lieu où le mécontentement est le plus fort. 85 % des enseignants ne voient aucune amélioration de leurs conditions de travail dans l'année. Deux enseignants sur trois déclarent ne recevoir ni reconnaissance ni respect dans leur vie professionnelle (67 %) et avoir des conditions de travail insatisfaisantes (65 %). Ce taux monte même à 71 % au primaire. 85 % se plaignent aussi d'une rémunération insuffisante et 37 % changeraient bien de métier. Sur tous ces points, il y a continuité avec l'édition 2014 du baromètre.

Les revendications des enseignants portent d'abord sur le pouvoir d'achat. Les autres points noirs sont la charge de travail.

Le fossé entre l'encadrement et les enseignants est profond. Si les premiers sont favorables aux choix politiques (63 % des IPR, 57 % des personnels de direction, 60 % des IEN), on ne trouve que 20 % des directeurs d'école et 18 % des enseignants qui le sont.

Le portrait dressé par le baromètre UNSA est celui d'une profession en profond malaise. Malaise des directeurs d'école et des enseignants qui ne se sentent ni reconnus, ni valorisés, ni en accord avec ce le chemin que prend l'École. Malaise aussi dans le métier par l'opposition persistante entre l'encadrement et les enseignants. Tout ce contexte pèse évidemment sur les réformes en cours.

C'est d'autant plus grave que ces résultats ne sont pas une surprise. Ils sont dans la continuité de l'enquête de 2014. Ils confirment ce que dit l'enquête TALIS de l'OCDE en juin 2014. Talis montre que seulement 5 % des professeurs estiment que leur métier est valorisé dans la société. C'est le taux le plus faible de très loin (moyenne 31 %) des pays de l'OCDE. Les enseignants français sont aussi ceux qui croient le moins que leur évaluation récompense les meilleurs. Ils sont aussi ceux qui pensent le plus que leur évaluation n'a qu'une utilité administrative.

Le baromètre Unsa montre aussi les aspirations des enseignants à une autre carrière : 37 % envisageraient une autre carrière dans le public et 22 % dans le privé. Là aussi l'éducation nationale va-t-elle continuer à regarder ailleurs ?

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