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mardi 7 juillet 2015

Des performances plus budgétaires que pédagogiques

Budget général
Mission interministérielle
Rapports annuels de performances
Annexe au projet de loi de règlement du budget et d’approbation des comptes pour l’enseignement scolaire




Dans son rapport relatif à l’enseignement scolaire public du Premier degré (p 26 et suivantes), Florence Robine, directrice de la DGESCO, chante les louanges de la politique éducative menée par le gouvernement depuis 2012.

La France est le pays développé où les déterminismes sociaux sont les plus forts à l’école ? Ce n’est pas grave, car cela conforte « les orientations du gouvernement et justifient les moyens mis en œuvre depuis 2012 pour que l’objectif d’une école juste pour tous et exigeante pour chacun soit atteint ». L’exemple le plus éloquent reste la réforme des rythmes scolaires qui permet aux élèves de faire des activités de garderie dans l’espoir que cela nous fasse remonter dans les classements internationaux…

Sont évoquées aussi « les mesures en faveur de la priorité au premier degré » qu’on attend toujours. Comme, par exemple, celle d’une rémunération décente des enseignants du Primaire, toujours parmi les plus mal payés des pays développés.

Tout au plus est-il concédé que « les résultats des élèves de CE1, évalués cette année (…), montrent que la compétence 1 (maîtrise de la langue française) du socle commun n’est pas maîtrisée à hauteur des prévisions 2014 (80,8 % vs 81,5 %) ». Mais cela légitime « pleinement la nouvelle politique de l’éducation prioritaire ». Espérons que cette nouvelle politique, qui mise notamment sur l'enseignement explicite, obtienne enfin des résultats.

« La politique ambitieuse menée par le gouvernement, concernant l’augmentation de la scolarisation des enfants de moins de trois ans » ne tient pas compte de la réalité de ces jeunes enfants pour lesquels un accueil dans une structure adaptée serait plus judicieux que la mise précoce en école maternelle. Cette structure adaptée, avec des effectifs réduits et un encadrement plus grand de professionnels de la petite enfance, s’appelle... la crèche, dont le nombre devrait être multiplié. Mais cette solution coûterait certainement plus cher.

Autre moyen de faire des économies : supprimer les redoublements et chanter les louanges de l’inclusion des enfants handicapés dans l’école ordinaire. Faire redoubler un élève coûte cher, il vaut mieux le faire passer dans la classe supérieure… et tant pis s’il n’a pas le niveau pour suivre. De même, inclure un enfant à besoins spécifiques est bien plus économique que de le mettre dans un établissement spécialisé… et tant pis pour cet enfant, pour ses parents et pour l’enseignant qui voit augmenter sa charge de travail sans que son salaire bronche.

Après, on s’étonne qu’« il existe un lien fort entre la performance des élèves et leur milieu socioculturel ou socio-économique » !

Rien de surprenant dans une école où la priorité cachée est de faire des économies au détriment de la qualité de l’enseignement. Surtout que, pour aggraver le tout, les démarches constructivistes ont toujours autant de succès dans les instituts de formations des enseignants. Et l'on s'étonne que les élèves soient de plus en plus en perdition ?

C'est le contraire qui serait surprenant…

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