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jeudi 26 février 2015

Les projets de socle commun : quelle utilité ?

Conseil supérieur des programmes






1ère version

08.06.2014

2e version

12.02.2015



Rappelons tout d’abord que le Conseil Supérieur des Programmes (CSP) a été mis en place en octobre 2013 par le ministre Peillon. Comme chacun le sait maintenant, celui-ci n’a pas laissé un grand souvenir de son passage à l’Éducation nationale avec les multiples ratés retentissants de sa fameuse “Refondation”. À croire que les socialistes, faute de pouvoir changer les réalités, préfèrent jouer avec les mots. Appeler “Refondation” quelques dispositions mineures, à la fois contestables et contestées, est une véritable escroquerie. Mais, en matière d'éducation, on n'en est plus à une près...

Revenons à ce Conseil Supérieur des Programmes. Au lendemain de la démission de son président, Alain Boissinot, suite à d’obscurs conflits internes, le CSP rend public, en juin 2014, son premier projet de socle commun de connaissances, de compétences et de culture. Ce projet fait l’objet, en septembre et octobre de la même année, d’une « large consultation des équipes pédagogiques et éducatives ». Les « consultations » de ce type n’existant que pour donner le change et entraîner les gogos dans une parodie de démarche démocratique où les subalternes sont invités à donner leur avis. Après quoi, ils n'auront plus leur mot à dire puisqu'ils ont été consultés. Management de pacotille...

Le socle commun de 2006 – brillante idée de François Fillon - est donc enterré. Et c’est tant mieux puisque, en 8 ans, il n’a servi à rien. Encore un machin inutile, annoncé à son de trompe et décliné en usine à gaz (usine à cases, pour être plus précis), dont l’Éducation nationale est coutumière. Même le Café pédagogique parle des LPC (Livrets personnels de compétences) comme d'un « pensum bureaucratique », avec ses 120 compétences à valider pour chaque élève. De quoi « dégoûter de la notion même de socle ». Mais - bonne nouvelle ! - il est question, dans la deuxième mouture du socle (celle de février 2015), d'abandonner ces LPC ! Vérité un jour, erreur le lendemain. Ayons une pensée pour tous ces enseignants consciencieux qui ont sué sang et eau pour remplir ces livrets et à qui on dit aujourd'hui qu'ils ne valaient rien.

La conclusion de tout cela est bien simple. Au lieu de perdre notre temps avec ces socles éloignés de la réalité des classes, on ferait mieux de s’intéresser à l’efficacité des pratiques enseignantes qui est le cœur de toute amélioration du système éducatif.

Mais, dans ce cas, les nombreux personnages qui siègent dans ces instances aussi nombreuses qu'inutiles perdraient alors leur précieux fromage. Ce qui est inenvisageable en l'état actuel des choses. Le bien commun attendra encore...

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