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samedi 29 novembre 2014

Sondage : Les Français et les notes à l’école

OpinionWay pour l'APEL
11.2014



Principaux enseignements

  
La note, une réponse adaptée à certains objectifs

L’usage des notes sous forme de moyennes est une bonne chose selon les parents, qu’il s’agisse de faire la moyenne des notes dans différentes matières pour obtenir une moyenne globale (76 %, et notamment concernant les parents de lycéens : 85 %) ou sur un trimestre, par exemple sur une seule matière (63 %).

De même, 81 % des parents considèrent que c’est un bon moyen de classer les élèves entre eux, là où ils ne sont que 60 % à admettre le risque que ces moyennes puissent masquer les points forts et points faibles de l’élève.

Sur la question du classement, les parents valorisent les dimensions pédagogique et communicationnelle de la note. C’est pour eux un moyen :
- d’information : permettre aux parents de suivre les résultats de leurs enfants (44 %) ;
- de validation : vérifier que toutes les nouvelles notions et les nouveaux savoirs sont acquis (40 %) ;
- d’identification : mettre le doigt sur les difficultés de l’élève (37 %) ;
- puis de classement (29 %) et de mesure des progrès des élèves (29 %).


Plutôt valorisées, les notes apparaissent le plus souvent légitimes, sans pour autant garantir une égalité de traitement entre les élèves…

Les notes, sans pouvoir être toujours décryptées, sont majoritairement accueillies avec le sentiment qu’elles étaient légitimes : seuls 35 % des parents ont déjà pensé que leur enfant avait eu une mauvaise note à l’école sans qu’elle soit justifiée et 37 % reconnaissent qu’il leur est arrivé de ne pas savoir si la note était au final bonne ou mauvaise, ou comment leur enfant avait été noté (51 %).

Mais malheureusement 56 % des parents se sont déjà trouvés un peu démunis face à des notes sans savoir quels points devaient être retravaillés, un point qui limite leur capacité à servir de levier.

Les notes sont aussi en premier lieu le produit de critères objectifs, sans pour autant garantir leur caractère universel ou égalitaire :

Si 86 % des parents soutiennent l’idée qu’elles sanctionnent le travail fourni par l’élève ou encore le comportement de l’élève en classe (84 %), les notes sont aussi le fait :
- de la personnalité du professeur (77 %) ;
- du niveau global de la classe (74 %) ;
- de l’établissement dans lequel se trouve l’élève (68 %).

Dès lors, la note garantit fonctionnellement pour les parents une information et une validation suffisantes, sans pour autant apparaître comme une garantie d’un traitement équitable des enfants.

Pour les parents, les notes, réduites à une moyenne, permettent de classer les enfants. En revanche, leur caractère en partie aléatoire doit alerter sur la pertinence d’un outil aussi déterminant dans la scolarité des élèves et on le sait, bien au-delà.


Les mauvaises notes, marqueur par l’absurde des limites de l’outil

Les mauvaises notes sont un révélateur par l’absurde de la nature spécifique de l’outil. Si, on l’a vu, la note permet de classer, qu’en est-il de son impact si elle est mauvaise ? Est-elle un outil de mobilisation au-delà de ce qu’elle semble révéler ?

Les résultats sont sur ce point aussi impactants que la capacité d’une moyenne à classer les élèves. La note est en effet pour les parents :
- une alerte anxiogène : 90 % des parents déclarent que des mauvaises notes inquiètent les parents ;
- un facteur déstabilisant pour l’élève : 75 % pensent que cela fragilise leur propre estime mais aussi que cela leur donne le sentiment qu’ils sont mauvais ;
- un facteur de découragement : 73 % des parents pensent que cela est un facteur de découragement ;
- un piètre outil de mobilisation : 47 % uniquement considèrent qu’une mauvaise note a tendance à donner envie aux élèves de travailler davantage.

Les notes, fonctionnellement efficaces pour hiérarchiser, informer et valider, laissent derrière elles une trainée plus complexe. Inquiétantes pour les parents, ce qui peut participer à les mobiliser, elles ont sur les élèves un impact qualitativement plus problématique tout en ne permettant pas d’agir comme un levier de mobilisation. Les parents sur ce point notent même le risque d’un effet d’entraînement plutôt négatif. En effet selon eux, des mauvaises notes régulières ne change rien aux rapports avec les autres pour 56 %, mais pour 30 % les poussent à aller le plus souvent avec d’autres élèves dans le même cas contre 13 % vers ceux ayant de bonnes notes.


73 % des parents favorables à une diminution de l’importance des notes

Bon outil d’évaluation dans une approche systémique (principalement la finalité mais manquant « d’universalité » car soumises à de nombreux aléas), mais aux dommages collatéraux qui touchent à l’intime des enfants (souvent à des âges où l’estime de soi est très fragile), les notes peuvent aussi être interrogées dans l’usage que l’on en fait.

Ainsi, l’hypothèse que leur importance dans l’évaluation des élèves soit réduite au profit d’autres outils d’évaluation basés sur les compétences et les qualités personnelles est soutenue les parents :
- 73 % des parents, sont favorables à voir diminuer le poids des notes dont 22 % tout à fait favorables.
- Ce chiffre monte même à 87 % chez les parents dont les enfants sont scolarisés en ZEP, permettant d’illustrer là aussi le fait que l’enjeu de l’impact des notes est concentré en premier lieu sur ceux qui sont en situation d’être réellement sanctionnées par elles.

Les parents eux seraient 54 % à trouver inacceptable d’être notés de 0 à 20…

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