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dimanche 26 octobre 2014

SOS-manipulation (2)

Les enseignants, les questions de pédagogie et d'autorité à l'École et Najat Vallaud-Belkacem

Ifop pour SOS-Éducation


Tous les groupements et collectifs, qui luttent pour une amélioration du système éducatif français que j’ai connus, tiraient le diable par la queue. Pas ou peu de sous en caisse, demandes de subventions au ministère qui restaient le plus souvent lettre morte ou qui disparaissaient bien vite quand par miracle elles avaient été accordées une année.

Ce n’est pas le cas de SOS-Éducation qui a une stratégie marketing très au point, avec des fichiers comptant des milliers d’adresses de parents ou de grands-parents inquiets de la situation éducative du pays... au point de donner de l’argent à des gens qui cachent soigneusement leurs véritables buts, dont le principal est la destruction pure et simple du service public d’éducation.

La preuve de cette aisance financière : voilà un deuxième sondage commandé à l’IFOP en l'espace de trois mois !

Je ne compte pas répéter les réserves importantes que j’ai exprimées lors de la parution du premier qui portait sur les enseignants du Secondaire. Les curieux n’auront qu’à s’y reporter…

Que nous apprend ce nouveau sondage ? D'après un article du site atlantico :

- Les enseignants sont quasiment unanimes (89 %, toutes tendances politiques confondues) pour rappeler que la mission de l'école est avant tout d'apprendre à lire, écrire et compter, ils sont plus de la moitié (51 %) à estimer que le Primaire ne remplit plus cette mission.

- 85 % des enseignants (et 95 % de ceux en fin de carrière !) ont ainsi observé chez leurs élèves une dégradation du niveau de maîtrise de la langue écrite depuis leur entrée dans le métier.

- L'heure n'est pas à un énième plan numérique pour l'école (un gadget pour 54 % des enseignants !), mais aux réformes qui permettront la transmission efficace des fondamentaux.

- Sur les questions de discipline, le sondage a interrogé parents d'élèves et professeurs ; il révèle un sentiment général de détérioration de la sécurité dans les établissements (chez 69 % des enseignants, 61 % des parents), de perte du sens du respect (pour 83 % des professeurs et 65 % des parents), ce qui contribue évidemment à la baisse de la qualité de l'enseignement attestée par 57 % des professeurs et 55 % des parents.

- Près de la moitié des enseignants (49 %) affirment ne pas disposer de moyens réglementaires suffisants pour assurer leur autorité. Quasiment tous (91 %) seraient favorables à l'idée de bénéficier de la protection juridique des agents dépositaires de l'autorité publique.

Il n’est pas question de mettre en doute les résultats obtenus par l’IFOP qui est un organisme sérieux connaissant bien son métier. On pourrait dès lors penser qu’il est impératif d'exiger l’amélioration des conditions de travail des enseignants français afin d'obtenir une École publique de bonne qualité dont notre pays, 5e puissance économique mondiale, a grand besoin pour maintenir son rang.

Au lieu de cela, parions que SOS-Éducation va en profiter pour stigmatiser une fois de plus l’incurie du service public d'éducation, pour réclamer sa disparition et son remplacement par le réseau d’écoles hors contrat que construit patiemment la “Fondation pour l’école dirigée par Anne Coffinier, et qui utilisent les manuels de La Librairie des écoles. Deux succursales de la maison-mère qui prospèrent sans que beaucoup, parmi les enseignants, s’en inquiètent. Les anciens instituteurs militants de la Laïque, que j’ai connus en début de carrière, sont bel et bien morts aujourd’hui. 

Hélas !

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