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mercredi 22 octobre 2014

660 000 journées non remplacées dans les écoles primaires


Infographie Le Parisien


D’après un article du Figaro

L'Éducation nationale enregistre plus de 600 000 journées d'absence non remplacées de professeurs des écoles. 659 293 journées d'absence des professeurs du premier degré, pour être exact, selon les données confidentielles de la Direction générale de l'enseignement secondaire. Soit plus de trois millions d'heures de classe.

Toutes les académies ne sont pas logées à la même enseigne. Sans surprise, un élève de Poitiers est mieux loti qu'un élève de Saint-Denis. Parmi les académies méritant le bonnet d'âne, on trouve la Corse avec 26,8 % de journées d'absence non remplacées, puis l'académie d'Aix-Marseille avec 21,4 %, celle de Lille avec 19,7 %. Poitiers est le bon élève avec seulement 1,5 % des journées non remplacées. Le taux de remplacement est de 87,96 % au niveau national.

Pourtant, les professeurs des écoles ne battent pas les records de l'absentéisme, qui n'est pas plus élevé dans l'Éducation nationale que dans d'autres catégories de fonctionnaires. Certes, dans une profession hautement féminisée (plus de 80 % de femmes), les congés maternité sont nombreux, et dans certains quartiers difficiles, les congés maladies sont plus fréquents qu'ailleurs. Et surtout, à la différence d'autres professions, l'absence d'un professeur est immédiatement ressentie par une trentaine de familles, et, s'il n'est pas remplacé, nuit directement à la continuité et à l'efficacité de l'enseignement.

Pour les syndicats, le nombre insuffisant de remplaçants est la principale cause de cette carence. Actuellement, il existe 24 600 postes de remplaçants titulaires en primaire. Il en manque 2 000. L'Éducation nationale fait alors appel à des vacataires, aux contrats et à la formation souvent précaires.

Problème : pour l'instant il y a plus de postes que de candidats. S'il paraît louable de ne pas vouloir recruter n'importe qui, le risque est de ne plus avoir personne. Rebutés par la longueur des études et le salaire peu engageant, les candidats sont de moins nombreux à vouloir jouer les hussards.

Les départements du Nord et de la Seine-Saint Denis sont ceux qui ont le plus de mal à assurer leur vivier de remplaçants. Face à la pénurie des vocations en Seine-Saint-Denis, l'Éducation nationale a même fait appel à Pôle emploi pour recruter des professeurs des écoles remplaçants par téléphone. Les chômeurs appelés par l'agence doivent être titulaires d'une première année de Master. Les candidats, qui se retrouveront face à des enfants de 2 à 11 ans, doivent enseigner aussi bien le français que les maths, l'histoire et la géographie, ou encore les sciences, une langue vivante, les arts plastiques... La Seine-Saint-Denis, qui connaît une forte croissance du nombre d'élèves, est confrontée à un manque chronique d'instituteurs, le plus souvent faute de candidats. Selon Le Parisien, des élèves de CM1 et CM2 de l'école Renoir n'ont pas eu cours pendant trois semaines et ont vu défiler 5 professeurs différents. Interrogée par le quotidien une maman s'indigne : « On a même eu une personne qui venait de chez McDonalds, tous ces gens n'ont jamais vu d'élèves de leur vie ! ».


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