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mercredi 24 septembre 2014

Évaluer pour (mieux) faire apprendre

Olivier Rey et Annie Feyfant

Dossier de veille de l'IFÉ, n° 94
09.2014 




Pour les partisans de l’Enseignement Explicite, l’alignement curriculaire est indispensable : « L’efficacité de l’enseignement et de l’école sera améliorée s’il y a congruence entre le curriculum prescrit, l’enseignement offert et l’évaluation réalisée. Nous appelons cette recherche de cohérence l’alignement curriculaire ».

Or, il semble que les auteurs de cette étude semblent également de cet avis. Voici ce qu’ils écrivent en conclusion :
« En France, le Conseil supérieur des pro­grammes, institué par la loi de refonda­tion de l’école, a commencé ses travaux en octobre 2013. En juin 2014, alors que le terme de curriculum semble trouver difficilement sa légitimité auprès de cer­tains acteurs éducatifs, la réforme de l’évaluation des élèves semble inéluc­table. C’est l’évaluation notée, la mise en cohérence de l’évaluation certificative de fin de collège et du livret de compétences (par ailleurs trop complexe ou mal utilisé) qui sont évoquées en premier lieu.
Or, si la refonte de l’évaluation, qu’elle soit certificative ou sommative, est né­cessaire, il convient de donner toute sa force à l’ensemble du processus évaluatif pour les apprentissages. Les travaux de recherche consultés dans le cadre de cette revue de littérature montrent la nécessite d’une réflexion sur les moda­lités de l’évaluation mais aussi sur les motivations de cette évaluation. Il ne sagit pas d’évaluer des individus mais bien l’état des connaissances et compé­tences acquises, en conformité avec un parcours curriculaire déterminé [mis en gras par moi]. Chaque entité concernée doit y prendre sa part de responsabilités, pour construire ce parcours continu de formation, à charge pour les enseignants de construire un processus évaluatif garantissant ce par­cours et aux cadres de l’éducation de les former et les accompagner en ce sens. Ce tour d’horizon des dispositifs, prin­cipes et modalités d’évaluation des élèves ne peut être déconnecté des contenus d’enseignement. L’évaluation n’est pas un but en soi, il s’agit d’éva­luer ce qui est acquis et d’évaluer pour apprendre. Mais apprendre quoi ? Il convient donc de s’entendre sur ce que sont les savoirs, connaissances et com­pétences à apprendre. Comme le sti­pule la proposition de socle commun du Conseil supérieur des programmes, « la validation du socle commun pour tous les élèves est aussi stratégique que les contenus enseignés ». L’inverse est vrai et la réflexion et la mise en œuvre d’un curriculum tout au long de la scolarité obligatoire doit intégrer, pas à pas mais aussi en continu, les démarches évaluatives.
On note une corrélation positive entre de bons résultats aux évaluations interna­tionales et un cadre opérationnel cohé­rent pour les évaluations, cest-à-dire une gestion des contenus articulée à une définition claire de l’évaluation au niveau national et local, ce que lon ap­pelle aussi lalignement du curriculum [mis en gras par moi].
Comme le disaient Black et Wiliam en 2010, l’évaluation formative n’est pas un remède miracle (magic bullet), les condi­tions de réalisation sont trop complexes pour être applicables sans un investisse­ment de tous les acteurs et une impulsion forte des décideurs. Pour les défenseurs de l’évaluation pour les apprentissages, il ne fait pas de doute qu’un changement de culture du « faire apprendre » amène­rait une amélioration des standards et un impact positif sur les acquis des élèves. Au-delà d’une préoccupation évaluative, l’école ne pourrait-elle pas s’emparer du concept d’apprendre à apprendre, en fa­vorisant l’évaluation formative plutôt que l’évaluation sommative, en poussant les élèves vers l’autonomie, la maîtrise des connaissances et surtout de leur utilisa­tion ? »

On retrouve dans le dernier paragraphe la caractéristique des constructivistes : la crainte de toute évaluation sommative. Pourtant, c’est la seule évaluation qui puisse renseigner l’élève, ses parents et l’institution sur le niveau de compétence atteint à un moment donné. Cette indication reste particulièrement cruciale pour attester de la réussite d’une scolarité. Notamment (et surtout) pour les futurs employeurs dans le cadre d'une recherche d'emploi…

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