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lundi 11 août 2014

Sondage : Les Français et Benoît Hamon

BVA pour Le Parisien – Aujourd’hui en France
06.07.2014




Nommé ministre de l’Éducation nationale au lendemain de la débâcle des municipales, Benoît Hamon a dû endosser le costume de démineur  de dossiers brûlants qui concernent un électorat enseignant traditionnellement très précieux pour la gauche et défiant vis-à-vis de Vincent Peillon. Parvient-il à se démarquer de son prédécesseur de la rue de Grenelle ?

Benoît Hamon : une personnalité très clivante

38 % des Français déclarent avoir une bonne opinion de Benoît Hamon (contre 58 % de mauvaises, 4 % des personnes interrogées ne se prononçant pas), soit la même popularité que celle que nous avions enregistrée en janvier dernier pour Vincent Peillon. Assez logiquement, le ministre de l’Éducation nationale suscite un fort clivage politique : plus de 7 sympathisants de gauche sur 10 en ont aujourd’hui une bonne opinion (72 %) alors qu’il est très impopulaire chez ceux de droite, 81 % déclarant en avoir une mauvaise opinion.
Il est en revanche assez consensuel à gauche avec une popularité de 65 % chez les sympathisants à la gauche du PS, de 77 % chez les sympathisants socialistes et de 63 % chez les sympathisants des Verts.
Le positionnement politique de l’ancien porte-parole du PS est d’ailleurs perçu comme équilibré : 45 % des Français le trouvent juste comme il faut, ni trop, ni pas assez à gauche, 31 % trop à gauche et 15 % pas assez à gauche. S’il incarne l’aile gauche du PS, ce positionnement ne transparaît pas clairement dans l’opinion. En effet, les sympathisants socialistes le jugent très majoritairement juste comme il faut (76 %) tandis que les sympathisants à la gauche du PS le trouvent majoritairement pas assez à gauche (63 %).
Après quelques mois à la tête du ministère de l’Éducation Nationale, Benoît Hamon est jugé bon ministre par 36 % des Français, un score là aussi équivalent à celui de Vincent Peillon en janvier dernier (37 %).
Sur la question de comparaison avec ses prédécesseurs de l’ère Sarkozy, Benoît Hamon ne parvient pas non plus à se démarquer. Comme Vincent Peilllon en janvier dernier, il est jugé moins bon que les ministres de l’Éducation nationale lorsque Nicolas Sarkozy était Président par 51 % des Français tandis que 41 % des Français le trouvent meilleur.

Pénalisé par un jugement très sévère des sympathisants de droite, Benoît Hamon a une image d’homme de conviction, sympathique mais qui manque de charisme, d’autorité, de compétence et de courage

Pour une majorité de Français, Benoît Hamon a des convictions profondes (54 %). Une majorité relative (47 % contre 41 %) le trouve sympathique. Mais il s’agit des deux seuls points forts du ministre sur les 9 traits d’image que nous avons testés.
En effet, seule une minorité de Français considère qu’il est doté de charisme (19 %), d’autorité (25 %), de courage (37 %) et de dynamisme (40 %). Plus fâcheux pour le locataire de la rue de Grenelle, les Français estiment qu’il manque de compétence (36 % estiment que ce qualificatif s’applique bien à sa personnalité) et le jugent langue de bois (52 %). Enfin, ils sont partagés sur l’image démagogique du ministre, 43 % estimant que ce qualificatif s’applique bien à Benoît Hamon, 43 % jugeant qu’il s’applique mal.
Son image est toutefois nettement meilleure chez les sympathisants de gauche. Ceux-ci lui attribuent majoritairement chacun des qualificatifs positifs testés dans notre sondage excepté celui sur le charisme (33 %).

Notation, rythmes scolaires, ABCD de l’égalité et baccalauréat, des dossiers sur lesquels Benoît Hamon se heurte à la défiance des Français

De plus en plus en difficulté dans le classement PISA, l’éducation française doit évoluer selon Benoît Hamon. Mais il va falloir faire preuve de beaucoup de pédagogie. En effet, sa dernière sortie sur le système de notation n’a visiblement pas convaincu les Français. Seuls 13 % d’entre eux sont d’accord avec lui pour dire qu’il est trop sévère, 48 % jugent qu’il est équilibré et 34 % considèrent même qu’il n’est pas assez sévère. Même chez les sympathisants de gauche, ce constat apparaît : seule une courte majorité (51 %) juge que le système de notation est équilibré, 22 % estimant qu’il est trop sévère et 22 % qu’il ne l’est pas assez.
La grande réforme des rythmes scolaires initiée par Vincent Peillon n’a elle aussi pas convaincu les Français. Seuls 32 % d’entre eux estiment qu’elle a un impact positif sur le bien-être des élèves, un score qui a même légèrement baissé depuis novembre 2013. Nous mesurions à l’époque une adhésion de la part de 35 % des Français. Consolation pour Benoît Hamon, la majorité des sympathisants de gauche (57 %) approuve considère cette réforme comme bénéfique pour les élèves.
Les ABCD de l’égalité restent approuvés sur le principe – seuls 35 % des Français estimant qu’il faut supprimer ce type d’enseignement à l’école –, Benoît Hamon et Najat Vallaud-Belkacem semblent avoir choisi la bonne option en annonçant leur disparition au profit d’un nouveau dispositif. En effet, parmi les 61 % de Français estimant qu’il faut conserver ce type d’enseignement, 44 % jugent qu’il faut conserver cette idée mais l’adapter quand 17 % tiennent absolument à les conserver tels qu’ils étaient prévus.
Enfin, en cette période de résultats du baccalauréat, les Français tiennent à ce que cette « institution » soit conservée (93 %). Mais parmi eux, ils sont plus nombreux à souhaiter qu’il soit aménagé (50 %) plutôt que conservé tel qu’il existe aujourd’hui (43 %).

Émile Leclerc, Chef de groupe BVA Opinion


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