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jeudi 7 août 2014

Personnels de l'éducation nationale : des métiers exposés aux menaces et aux insultes (MEN-DEPP)

Auteurs : Hélène Guedj, Benjamin Beaumont
Note d'information, n° 25
07.2014




Selon l’enquête Cadre de vie et sécurité (CVS) de l’Insee, 12 % des personnels de l’éducation nationale déclarent être victimes chaque année de menaces ou d’insultes dans l’exercice de leur métier, soit une proportion près de deux fois plus élevée que dans l’ensemble des autres professions. Les violences physiques contre les professeurs, les personnels de direction et les personnels d’éducation restent peu fréquentes.


L'essentiel

Les agressions physiques contre les personnels de l’éducation nationale, dans l’exercice de leur profession, sont relativement rares : elles concernent chaque année 0,6 % des personnels, un taux qui n’est pas significativement différent de celui des personnes en emploi dans leur ensemble (0,5 %).

6 % des personnels de l’éducation nationale déclarent avoir fait l’objet de menaces au moins une fois, et 16 % déclarent avoir été victimes d’insultes, toutes circonstances confondues. L’ensemble des autres catégories de personnes en emploi déclarent respectivement 4 % et 12 % de faits de violence du même type.

Les chefs d’établissement, les conseillers et assistants d’éducation sont les plus exposés : en moyenne annuelle, 16 % d’entre eux déclarent avoir été menacés ou insultés dans l’exercice de leur métier.

Les auteurs des menaces ou des insultes à l’encontre des professeurs des écoles sont des adultes dans sept cas sur dix, le plus souvent des parents d’élèves. Dans trois cas sur quatre, ce sont des élèves eux-mêmes qui sont à l’origine des menaces ou des insultes à l’encontre des professeurs de collège et de lycée.

Les personnels les plus jeunes sont particulièrement exposés : 14 % des enseignants de moins de 30 ans sont menacés ou insultés chaque année, un résultat à mettre en relation avec la difficulté des débuts de carrière. Les femmes, par contre, ne sont pas plus menacées ou insultées que leurs collègues masculins.

Les chiffres de l'enquête SIVIS, qui recueille les données sur la violence en milieu scolaire par l'intermédiaire des chefs d'établissement du second degré, concordent avec ceux de l'enquête CVS concernant les faits les plus graves (0,5 %). Les insultes et menaces en direction des personnels sont moins souvent présentes dans SIVIS : 3,4 % seulement.


Chiffres-clés

12 %
C’est la part des personnels de l’éducation qui se déclarent chaque année victimes de menaces ou d’insultes dans l’exercice de leur métier.

0,6 %
C’est la part des personnels de l’éducation qui se déclarent chaque année victimes de violences physiques dans l’exercice de leur métier.


L'infographie

Taux de victimation pour les menaces ou les insultes subies dans l’exercice d’une profession


Note de lecture : en moyenne sur un an, 12 % des personnels de l’éducation nationale déclarent avoir été menacés ou insultés dans l’exercice de leur métier, contre 7 % des personnes en emploi.


Repères

Lutter contre la violence en milieu scolaire
L'objectif est de restaurer le respect dû aux personnes, en particulier aux professeurs et aux victimes de violences, et d'aider les personnels en poste dans des établissements ou environnements difficiles. La lutte contre la violence repose sur le respect des règles de vie dans les établissements. La lutte contre l'échec scolaire et pour l'égalité des chances constitue la première des préventions.

Le système d’information et de vigilance sur la sécurité scolaire
Depuis 2007, il recueille les données sur la violence en milieu scolaire. Pour des raisons de qualité statistique des données collectées, seul le second degré public fait l’objet d’analyses. Chaque mois, les chefs d’établissement signalent si des incidents graves ont eu lieu, et les décrivent : type de fait, lieu, auteur, victime, circonstances, suites données. Afin de garantir l’homogénéité des données recueillies entre établissements, l’enquête est centrée sur les actes les plus graves. Ainsi, pour certains types de faits n’impliquant que des élèves, seuls les incidents présentant un caractère de gravité suffisant au regard des circonstances et des conséquences de l’acte (motivation à caractère discriminatoire, situation de harcèlement) sont enregistrés. Par ailleurs, par l’atteinte grave qu’ils représentent à l’institution scolaire, tous les incidents impliquant un personnel de l’établissement sont retenus.

L’enquête Cadre de vie et sécurité
Chaque année depuis 2007, l’Insee et l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) recensent les faits de délinquance dont les ménages et leurs membres ont pu être victimes dans les 24 mois précédant l’interrogation. Chaque année, environ 17 000 personnes de 14 ans ou plus, résidant en France métropolitaine, sont interrogées. L’enquête aborde les violences dans différents contextes de la vie sociale, en particulier dans le cadre professionnel, mais sans être uniquement centrée sur les violences subies au travail ou sur les risques professionnels.


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