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mercredi 16 juillet 2014

École - Quand la prospective déraille…

Quelle France dans dix ans ?

Les chantiers de la décennie

Rapport au président de la République
Sous la direction de Jean Pisani-Ferry, 
commissaire général à la stratégie et à la prospective
06.2014





Le Commissariat général à la stratégie et à la prospective publie un rapport relatif à ce que sera – ou, plus justement, devrait être – la France dans dix ans. Une partie est consacrée à l’école, de la page 103 à page 105.

Le constat est qu'actuellement, « un fils de cadre a douze fois plus de chances d’accéder à une grande école qu’un fils d’ouvrier ». Alors que faire ?

Les rapporteurs se sont creusé la tête et ont trouvé des solutions.

Commençons par les bonnes :
- « garantir d’ici dix ans pour tous les enfants de 6 mois à 3 ans l’accès à un mode de garde, collectif ou individuel », autrement dit on préfère confier les tout jeunes enfants à des structures spécifiquement conçues pour s’occuper d’eux, plutôt qu’à l’école comme le veut la scolarisation dès 2 ans, âge bien trop précoce pour entrer en classe ;
- « investir davantage et mieux à ce moment clé de l’acquisition des compétences de base qu’est l’école primaire est la condition de parcours scolaires réussis », ce qui est fondamental : l’école primaire étant la base de tout le cursus scolaire ultérieur, il faut donc concentrer sur elle tous les efforts, à la fois budgétaires et pédagogiques.

Viennent ensuite les propositions saugrenues, qui n’ont hélas rien de nouveau :
- on devrait permettre « de mener des expérimentations dans le champ de la pédagogie », comme s’il fallait toujours trouver les meilleures façons d’enseigner alors que la recherche a validé et modélisé ces dernières années les pratiques les plus efficaces, dont celle de l’enseignement explicite ;
- enseigner « le codage informatique », décrit comme « essentiel dans beaucoup d’activités » : et si on apprenait plutôt - et d'abord - aux élèves à se servir d’un ordinateur, à avoir recours de manière intelligente aux services d’Internet, à taper à dix doigts ; pour conduire une voiture, a-t-on besoin de savoir démonter et remonter le moteur ?
- les pratiques pédagogiques « sont appelées à être bouleversées par les techniques numériques et la disponibilité de cours en ligne qui vont inévitablement dévaloriser l’enseignement magistral traditionnel », alors que justement les cours en ligne donnent une nouvelle jeunesse au cours magistral, et dans une version pire que celle de l’enseignement traditionnel puisque les élèves sont seuls dans leur coin au lieu d’être en classe avec leurs condisciples et devant le professeur ; je doute que cette forme d’onanisme pédagogique nous permette d’aller « dans le sens d’une plus grande promotion des capacités d’apprentissage autonome et de critique des élèves » comme claironné dans ce rapport.

Mais tout cela n’empêche pas les rapporteurs de se fixer « des objectifs ambitieux pour les dix ans qui viennent : diviser par trois la proportion des élèves sortant du primaire sans maîtriser la langue française (20 % aujourd’hui), et réduire d’un tiers la proportion des élèves ne maîtrisant pas les principaux éléments scientifiques (29 % aujourd’hui). »

Bon courage !

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