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dimanche 6 juillet 2014

Augmenter aussi le nombre de bons élèves

Une lecture complémentaire de l’enquête PISA 2012

 Auteur : Vanessa Wisnia-Weill
Commissariat général à la stratégie et à la prospective
La note d’analyse, n° 12
05.2014




Synthèse :

Le principal problème soulevé par les résultats pour la France de l’enquête PISA 2012 (programme international de suivi des acquis des élèves) est celui des inégalités scolaires liées à l’origine sociale. Ces questions ont attiré l’attention, car elles sont fondamentales, et elles ont été abondamment analysées, y compris dans les travaux du CGSP1. En complément de ces analyses, nous nous centrons ici sur la question des niveaux, des bons élèves notamment, car, sans perdre de vue l’enjeu majeur d’égalité, celui de bien “équiper” les élèves français dans une société de la connaissance est également important. De fait, équité et efficacité, deux objectifs souvent assignés aux systèmes scolaires, ne sont pas antinomiques. Examiner les résultats des bons élèves apporte ainsi un éclairage complémentaire à celui des élèves en difficulté sur l’efficacité du système. L’analyse des tests PISA de l’OCDE sur les compétences des élèves de 15 ans et des enquêtes CEDRE (cycle d’évaluations disciplinaires réalisées sur échantillon) de l’Éducation nationale sur les performances en fin de collège est éclairante pour décrire le haut (les bons ou très bons élèves) et le bas (les élèves en difficulté) de la distribution des niveaux des élèves français.

Sans épuiser la question des compétences, l’analyse PISA 2012 montre que, contrairement aux idées reçues, la France compte moins de bons élèves que nombre d’autres pays, notamment en sciences et en mathématiques (12,9 % d’élèves au-dessus du niveau 5 vs 17,5 % en Allemagne pour les seules mathématiques), ce qui place la France dans la moyenne des pays développés dans cette matière (15e sur 34 pour les élèves au-dessus du niveau 5). Les performances de la France sont ainsi presque aussi moyennes s’agissant des bons élèves que des élèves en difficulté. En mathématiques, une baisse depuis 2003 semble avoir suivi un effritement depuis les années 1990. La France se classe mieux dans la catégorie de résolution de problèmes non scolaires, sauf en ce qui concerne les très bons élèves (ceux au-dessus du niveau 6). Cette situation est peut-être à mettre en relation avec une faible exposition des élèves français à des contextes d’apprentissage “exigeants” en mathématiques. En français, le tableau plus contrasté peut laisser supposer une polarisation entre une frange de très bons élèves, en effectifs importants, et des élèves très en difficulté.



Extraits :
« Outre que l’exposition à une faible dose de mathématiques avancées ralentit probablement la courbe de progression des élèves motivés au niveau scientifique, cela peut aussi pénaliser plus globalement l’ensemble des élèves : les méta-analyses ont ainsi montré que ce sont les méthodes d’enseignement réciproque entre élèves, et d’enseignement explicite (enseignement des règles, principes, méthodes et concepts à partir d’une démarche structurée), qui améliorent le plus les performances des élèves en difficulté au niveau élémentaire ; a contrario l’apprentissage contextualisé (approche centrée sur l’application des mathématiques dans la vie de tous les jours et concepts favorisant la résolution de problèmes) semble avoir peu d’effet 30. »
30. Bissonnette S., Richard M., Gauthier C. et Bouchard C. (2010), “Quelles sont les stratégies d’enseignement efficaces favorisant les apprentissages fondamentaux auprès des élèves en difficulté de niveau élémentaire ? Résultats d’une méga-analyse”, Revue de recherche appliquée sur l’apprentissage, vol. 3.

« On sait par ailleurs que la réussite face à une tâche scolaire est un élément clé de l’estime de soi 38. »

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