Translate

samedi 26 juillet 2014

Atlas académique des risques sociaux d'échec scolaire : l'exemple du décrochage

Auteurs : Gérard Boudesseul, Patrice Caro, Yvette Grelet, Céline Vivent
MEN-DEPP – Céreq
06.2014




Quitter le système éducatif sans diplôme, c’est aujourd’hui être grandement exposé au chômage et au sous-emploi en début de vie active, et, avec la crise, bien au-delà de la période d’insertion. En privilégiant une approche territoriale, cet Atlas apporte un éclairage original sur le risque de décrochage scolaire, que l’on sait très inégal selon le milieu d’origine et les conditions de vie. Ainsi, l’ouvrage décrit finement la situation de chaque académie d’un double point de vue : il analyse et cartographie, à l’échelon cantonal, les facteurs plus ou moins propices à la réussite scolaire et la difficulté scolaire qui peut conduire à l’abandon précoce des études.



Introduction méthodologique

Pour observer les spécificités de chaque académie et leurs disparités internes en matière de risques sociaux et de décrochage scolaire, l’Atlas construit des indicateurs de contextes territoriaux en combinant sept variables susceptibles d’agir sur l’échec scolaire et l’orientation des élèves : niveau de revenu des ménages, conditions d’emploi, niveau de diplôme des parents, part des familles monoparentales, nombre d’enfants, conditions de logement. Cette étude aboutit à l’identification de six niveaux de risques sociaux.

L’ouvrage met en regard la carte du risque d’échec scolaire produite par cette typologie avec celle d’un indicateur de sortie précoce du système éducatif : il s’agit de la part des jeunes non diplômés parmi les 15-24 ans non scolarisés, calculée à l’échelle du canton à partir du recensement de la population.

Deux cartes portant sur la France métropolitaine présentent pour chaque canton sa situation dans la typologie des risques sociaux et l’importance du décrochage. L’ouvrage développe ensuite une déclinaison académique de ces deux indicateurs.


Les zones à risques d’échec scolaire en France



Les classes à risques d’échec scolaire élevés ressortent particulièrement de cette cartographie : elles se caractérisent par un « cumul de fragilités économique, familiale et culturelle en milieu urbain » ou une « précarité économique dans les petites et moyennes communes ». Deux classes présentent des risques plus limités bien que persistants : elles se caractérisent par des « difficultés de vie familiale et d’habitat social en milieu urbain », et des « fragilités culturelles dans les petites communes ». Enfin, les classes « milieu rural vieillissant » et « sécurité économique et soutien culturel » se distinguent tout en étant très hétérogènes.


La part des non diplômés parmi les 15-24 ans non scolarisés en France



L’indicateur du décrochage scolaire mesure la part des non diplômés parmi les jeunes de 15 à 24 ans qui ne sont plus scolarisés pour l’année en cours, qu’ils soient ou non en emploi. Il est calculé à l’échelle des cantons à partir des données du recensement de la population de 2006. À titre d’ordre de grandeur, parmi les 2 760 000 jeunes de 15-24 ans qui ne sont plus scolarisés, soit 35 % de cette classe d’âge, 750 000 n’ont pas de diplôme, soit 27 % en moyenne pour la France métropolitaine.



Fiches académiques




Repères

Canton
Le canton au sens de l’Insee s’éloigne légèrement de la définition administrative : le canton-ou-ville (ou pseudo-canton) peut regrouper plusieurs communes. Dans les agglomérations urbaines, chaque canton comprend en général une partie de la commune principale et éventuellement une ou plusieurs communes périphériques.

Contexte spatial ou contexte territorial
C’est l’ensemble des circonstances au sein desquelles s’insère un fait. En matière d’analyse de faits sociaux localisés dans l’espace comme la résidence d’un adolescent dans un canton donné, le contexte de ce fait social est à la fois géographique (enclavement, centre ou périphérie, urbain-périurbain-rural), démographique (zone d’exode rural ou terre d’immigration massive), sociologique (classes paupérisées ou moyennes, aisées), économique (petit bassin industriel en reconversion ou technopole, métropole) et culturel (par exemple de tradition protestante ou catholique, etc.).

Périurbain
C’est un espace de densité de population variable, mais souvent comprise entre 80 et 300 hab./km², avec une présence d’emploi industriel et tertiaire variable. Dans cet ensemble de cantons prédomine la localisation de la résidence de professions et catégories socioprofessionnelles d’employés, de professions intermédiaires, d’ingénieurs et de cadres.

Rural
C’est un espace de faible densité de population (50 hab./km² et moins), avec ou sans forte présence d’emploi agricole. Dans cet ensemble de cantons prédomine la localisation de la résidence et de l’emploi de professions et catégories socioprofessionnelles d’artisans, de retraités et d’ouvriers.

Territoire
En géographie, c’est une portion d’espace appropriée et aménagée par un groupe ou une société en vue de sa reproduction.

Urbain
C’est un espace de forte densité de population (supérieure à 300 ou 400 hab./km²), avec une forte présence d’emploi tertiaire. Dans cet ensemble de cantons prédomine la localisation de la résidence et de l’emploi de professions et catégories socioprofessionnelles d’employés, de professions intermédiaires, d’ingénieurs et de cadres.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Les commentaires reçus n’ont pas tous vocation à être publiés.
Étant directeur de publication de ce blog, seuls les textes qui présentent un intérêt à mes yeux seront retenus.