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samedi 3 mai 2014

Sondage : Le métier d'enseignant

OpinionWay pour l’APEL
04.2014




Principaux enseignements


Une image positive du métier d’enseignant auprès des parents que les enseignants ne partagent que faiblement…

70 % des parents ont une image positive du métier d’enseignant, dont 10 % une image très positive. Ce niveau traduit à la fois un sentiment général positif, mais aussi une absence forte d’intensité. Si l’image est bonne, elle n’est pas « convaincue ».

Avec 69 % des enseignants satisfaits de leur métier, dont 11 % très satisfaits, se reproduit le même schéma. Globalement positifs, les enseignants semblent très largement interroger leur métier et même 31 % expriment leur insatisfaction.

Plus symptomatique est l’articulation des questions autour de l’attractivité du métier pour ses enfants. 69 % des parents déclarent qu’ils conseilleraient ce métier à leur enfant car il permet notamment de concilier vie professionnelle et vie privée (46 %); mais aussi qu’il prépare les générations futures à construire la société de demain (41 %).

À l’inverse, les enseignants font des constats très durs, ils ne sont que 41 % à déclarer qu’ils conseilleraient ce métier à leur enfant s’il en exprimait le souhait, mais surtout 78 % leur diraient qu’il s’agit d’un métier dont le travail invisible n’est pas suffisamment pris en compte et 81 % que ce métier est mal reconnu socialement et financièrement. Ainsi les enseignants sont 96 % à choisir au moins un item négatif parmi les réponses quand les parents ne sont que 66 %.

Afin de creuser ce qui fragilise l’intensité d’appréciation des uns comme des autres, nous pouvons d’ores et déjà tirer les enseignements suivants des décalages entre ce qu’ils observent et ce qu’ils attendent :

- La transmission des savoirs : 62 % des parents pensent que les enseignants transmettent avant tout des savoirs, c’est aussi leur attente première à 48 %, un niveau sensiblement plus bas traduisant le fait que cette transmission puisse être considérée comme trop centrale dans les apprentissages.

- La transmission des savoir-faire : 39 % des parents pensent que les enseignants transmettent des méthodes de travail et savoir-faire, ils sont 40 % à déclarer que cela correspond à leur attente.

- Le vivre ensemble : 35 % des parents pensent que le fait d’apprendre aux enfants à vivre ensemble et se respecter tient un rôle important dans le quotidien des enseignants, 29 % en font une attente.

- L’encadrement : 31 % voient dans le quotidien des enseignants de l’encadrement des élèves, quant 11% en font une attente, soit 20 points de moins.

- La préparation à s’insérer dans la société : 22 % déclarent que cela correspond bien à ce qu’ils pensent du métier d’enseignant, 27 % à ce qu’ils attendent.

- Le développement des compétences personnelles : une attente pour 38 % des parents là où seuls 18 % pensent l’observer aujourd’hui dans le métier enseignant.

Enfin 12 % pensent qu’ils apportent une aide aux enfants pour acquérir de la confiance en eux alors que 26% l’attendent.

Concernant les parents se dégagent donc 4 constats :

- Les attentes tendent vers un équilibrage entre savoirs (trop présents) et savoir-faire.

- La part du vivre ensemble et de l’encadrement leur paraît trop importante dans la réalité au regard de leurs attentes.

- Le développement des compétences personnelles et l’aide à l’acquisition de la confiance en soi sont les dimensions les plus déficitaires dans le rapport entre les attentes et les opinions sur la réalité.

- Enfin, le goût de l’effort, attente mineur (19 %), mais nous le verrons qui fait écho auprès des enseignants, ne semble une réalité que pour 5 % des parents.

Les enseignants forment de leur côté des constats très différents, à la fois sur ce qui caractérise leur métier et ce qu’ils souhaiteraient faire davantage :

- Ainsi ils placent en premier dans leurs souhaits le fait de transmettre le goût de l’effort, 45 %, alors même que cela ne caractérise leur pratique quotidienne que pour 38 %.

- 33 % des enseignants souhaiteraient pour davantage développer les compétences personnelles de chaque élève.

- De même 29 % souhaiteraient participer davantage à la promotion sociale par l’éducation, pour 12 % qui y voient une caractéristique aujourd’hui.

- 28 % souhaiteraient préparer davantage les élèves à s’insérer dans la société, seuls 13 % disent réussir sur ce point et 21 % considèrent que cela caractérise actuellement leur métier.

- 16 % souhaiteraient aussi aider les familles à accompagner la scolarité de leurs enfants, 5 % disent y parvenir et 6 % en font une caractéristique actuelle de leur métier.

- En revanche, la transmission des savoirs et savoir-faire apparait comme plus à « saturation », caractéristiques de leurs métiers pour 48 % et 47 %, missions réussies pour 39 % et 40 % (les principaux critères), ils ne sont plus que 22 % et 18 % à en souhaiter davantage.

Les réponses des enseignants nous permettent de tirer là aussi 4 constats qui replacent les enseignants dans le vocationnel :

- Leurs souhaits sont pluriels, avec en premier lieu l’idée de pouvoir transmettre le goût de l’effort et de développer les compétences personnelles.

- Ils ont plutôt le sentiment de bien réussir ce qui caractérise le plus leur métier… à l’exception du goût de l’effort, mais aussi du développement des compétences personnelles.

- Ils souhaiteraient que la prise par l’encadrement, ou encore l’apprentissage d’un vivre ensemble, soit moins importante.

Enfin, le sentiment, sans aucun doute source de frustrations, que participer à la promotion sociale par l’éducation ne caractérise pas assez leur métier alors même qu’ils souhaiteraient davantage y contribuer.

Savoirs et savoir-faire, un débat ouvert ?

34 % des enseignants et 38 % des parents partagent l’idée que l’on donne trop de place aux savoirs, mais parallèlement32 % et 24 % ont le même sentiment concernant les savoir-faire. Les enseignants du lycée sont, sur les savoir-faire, les plus critiques. À l’inverse de leurs collègues des collèges et plus encore du primaire qui trouvent la place des savoirs trop élevée et les savoir-faire trop peu présents. Cette analyse à front renversé illustre bien la nécessité de faire le bilan et de repenser la continuité éducative avec l’idée de renforcer les savoir-faire plus tôt pour davantage se concentrer sur les savoirs au lycée.

Des constats sur les évolutions souhaitables le plus souvent partagés

Les propositions qui sont faites pour favoriser la réussite de tout élève trouvent très majoritairement des échos favorables auprès des parents comme des enseignants, à l’exception notable et relativement partagée de la bivalence (34 % favorables chez les enseignants) ou encore l’importance des notes, avec uniquement 52 % chez les parents et 55 % chez les enseignants qui la soutiennent.

- 94 % des enseignants sont favorables à l’idée d’alterner davantage travail en classe entière et en petits groupes (90 % chez les parents).

- De même 84 % des enseignants partagent le souhait que l’on puisse renforcer l’attention portée aux enfants en situation de handicap ou ayant des besoins éducatifs particuliers.

- 74 % des enseignants sont favorables à ce que l’on accorde moins d’importance aux programmes et plus à la maîtrise des compétences qui doivent être acquises à la fin de la scolarité obligatoire, les parents sont 84 % à soutenir cette idée.

- Le numérique dans la pédagogie trouve aussi pour 73 % des parents et 78 % des enseignants un fort soutien.

- Enfin l’individualisation des parcours scolaires n’est pas rejetée malgré son apparente complexité, 69 % des enseignants et 72 % des parents y sont favorables.

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