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lundi 10 février 2014

Enseigner et apprendre – Atteindre la qualité pour tous (UNESCO)

Rapport mondial de suivi sur l’EPT 2013/4
UNESCO
2014




Il s’agit de la 11e édition du Rapport mondial sur l’Éducation pour tous. L’état des lieux ne porte pas à l’optimisme : « Pour 57 millions d’enfants, l’apprentissage est inaccessible. La raison en est simple : ils ne sont pas scolarisés. Les difficultés d’accès ne sont cependant pas les seules en cause : même lorsque les enfants vont à l’école, une éducation de mauvaise qualité nuit à l’apprentissage. Ainsi, qu’ils aient été scolarisés ou non, un tiers des enfants en âge de fréquenter l’enseignement primaire ne possèdent pas les compétences de base. » La mauvaise qualité de l’enseignement est estimée à 95 milliards d’euros par an, soit 10 % de la dépense mondiale en éducation !

Extrait :
« Pour que tous les enfants scolarisés puissent obtenir les compétences et les connaissances qu’ils sont censés acquérir, il faut des politiques nationales vigoureuses, mettant la priorité sur l’amélioration de l’apprentissage et de l’enseignement. Les plans d’éducation doivent définir des objectifs et fixer des repères pour faire rendre des comptes aux gouvernements, et indiquer les moyens de réaliser ces objectifs. L’amélioration de l’apprentissage, en particulier pour les plus désavantagés, doit devenir un objectif stratégique. Les plans doivent proposer, en consultation avec les enseignants eux-mêmes et leurs syndicats, un éventail d’approches qui permettent d’améliorer la qualité du corps enseignant. Ils doivent aussi garantir que ces stratégies bénéficient de moyens suffisants.
(…)
Pour améliorer l’apprentissage pour tous, les plans d’éducation nationaux doivent renforcer la gestion et la qualité du corps enseignant. Seuls 17 plans sur 40 comportent des stratégies d’amélioration des programmes de formation, et seuls 16 d’entre eux prévoient une formation continue pour les formateurs. Ils sont encore moins nombreux à reconnaître explicitement qu’un enseignement de meilleure qualité favorise la réussite des élèves. [souligné par moi] »
Le rapport fournit la clé pour une amélioration : « Ce sont les enseignants qui font la qualité d’un système éducatif. Il est donc essentiel de valoriser le potentiel des enseignants afin d’améliorer la qualité de l’apprentissage. »

Et pour valoriser leur potentiel, il faut former les enseignants aux démarches efficaces.

5 commentaires:

  1. Je suis d'accord avec ce rapport et notamment sur le fait qu'il faut former des enseignants aux démarches efficaces. Néanmoins, j'ai pu lire qu'Alain Lieury était favorable à un enseignement plutot basé freinet du fait de la motivation que cette pédagogie engendre sur l'élève.

    J'ai remarqué que le modelage peut etre assez difficile à supporter pour certains élèves qui ne sont plus motivés par les activités de modelage au bout de quelques mois même si ils sont en réussites.

    Donc maintenant on en revient à la question former les enseignants oui, mais à quelle pédagogie ?

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    Réponses
    1. Chacun est libre de ses prises de position. Mais la pédagogie est une chose assez sérieuse pour que l’on ambitionne de dépasser le stade de l’opinion (ou de l’idéologie souvent) afin de baser ses choix sur des données probantes.

      Selon celles-ci, la pratique Freinet, de type constructiviste, n’appartient pas à la famille des pédagogies efficaces. L’expérience l’a largement montré par ailleurs.

      J’ignore quelles données ou expériences personnelles sont à l’origine de vos observations sur le modelage. Ni de ce que vous entendez par modelage, de toute évidence il ne s’agit pas d’enseignement explicite. Auquel cas, cela révolutionnerait le monde de la recherche…

      Par conséquent, la question de la formation des enseignants a une réponse simple : il faut les former aux pratiques dont l’efficacité a été avérée. L’Enseignement Explicite en est une. Le dernier référentiel pour l’éducation prioritaire y fait largement référence.

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    2. Je suis d'accord avec les données probantes. La difficulté est de mettre en place la pédagogie explicite.

      Par exemple dans le modelage, j'ai du mal à vérifier la compréhension de tous mes élèves même si ils ont les ardoises. Il y a des élèves qui écrivent en fonction de leur camarade et d'autres qui n'écrivent pas.

      J'aimerai avoir une vidéo plus explicite d'une séance ou même d'une séquence de pédagogie explicite dans une vraie classe en ZEP.
      Ca reste des données mais mon problème c'est son application en classe, je trouve que les outils de travail restent limités .

      A réfléchir de votre coté ou m'aiguiller si vous avez des vidéos ou outils facilitant pour un débutant en Pex.

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  2. Comme je l’écrivais en conclusion, pour moi la question ne se pose pas : il faut former les enseignants aux pratiques efficaces. La recherche récente et portant sur un grand nombre d’élèves et de classes (niveaux 2 et 3 dans la classification d’Ellis et Fouts) a amplement démontré que l’enseignement explicite est une démarche qui se distingue par son efficacité.

    Par constraste, toutes les démarches constructivistes (dont la pédagogie Freinet qui commence sérieusement à dater) sont peu performantes sur le plan du rendement scolaire. Ce qui coule la France dans les comparatifs internationaux, puisque le constructivisme pédagogique domine outrageusement depuis une quarantaine d’années d’abord dans les écoles normales d’instituteurs, puis dans les IUFM et maintenant dans les ESPE.

    Quant aux affirmations de M. Lieury, je me contenterai de dire comme Barak Rosenshine : « Show me the data ! » : Montrez-moi les données sur lesquelles vous vous appuyez..

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  3. Dans le moment de modelage, qui doit être bref et rythmé, l’enseignant met en place les conditions d’une grande écoute des élèves, puis « met un haut-parleur sur sa pensée » pour permettre à ses élèves de modeler leur stratégie cognitive sur la sienne. Ce n’est qu’à partir du moment de pratique guidée que les élèves commence à s’entraîner et à faire par eux-mêmes ce qui est l’objet même de la leçon, avec un étayage de l’enseignant qui va en diminuant jusqu’à la pratique autonome.

    C’est à vous de trouver les démarches qui conviennent le mieux à votre classe et à votre façon de faire. La pédagogie explicite décrit le cadre dans lequel se fait un enseignement efficace, il montre les “invariants” sur lesquels on doit impérativement s’appuyer. Mais il laisse libre l’enseignant de décliner à sa guise toutes les prescriptions pédagogiques qu’il énonce.

    Dans le courant américain du Direct Instruction, les enseignants ont un script très détaillé pour chaque leçon, script qu’ils suivent à la lettre. Cela leur permet de mieux se concentrer sur les réactions des élèves et les événements de la classe. Ils y gagnent donc en efficacité, mais nous n’avons pas encore l’équivalent en français.

    Pour vous aider à trouver des solutions, nous avons mis en ligne des vidéos qui montrent Anita Archer, une experte en enseignement explicite, dans des séances de classe. Ces vidéos sont en américain, mais on peut facilement comprendre la démarche suivie. Et s’en inspirer…

    Bonne continuation !

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