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samedi 18 janvier 2014

Le Primaire est la base d'une scolarité réussie



La revue Éducation et Formations s’intéresse, dans son n° 84 de décembre 2013, au décrochage scolaire.

L’article de Cédric Afsa, intitulé “Qui décroche ?”, a particulièrement retenu mon attention. Voici sa présentation :
« Aujourd’hui, un jeune sur six quitte le système éducatif sans diplôme lui donnant un minimum de chances de s’insérer sur le marché du travail. Il s’agit là du cas de figure le plus fréquemment rencontré du phénomène de décrochage scolaire, sur lequel les pouvoirs publics agissent en mettant en place des dispositifs pour aider ces jeunes déscolarisés à trouver des solutions d’insertion sociale ou professionnelle, ou à reprendre leurs études.
Cet article concerne l’autre versant de la lutte contre le décrochage, celui de la prévention. Elle cherche à identifier les facteurs qui font qu’un jeune sera davantage exposé qu’un autre au risque de quitter le collège ou le lycée sans diplôme suffisant. Pour ce faire, elle s’appuie sur le panel de la DEPP qui a suivi, jusqu’à la fin de leur scolarité, une cohorte représentative d’élèves entrés en sixième en 1995.
Parmi tous les déterminants de la sortie sans diplôme identifiés grâce aux informations du panel, le niveau de l’élève à son entrée au collège est de loin celui qui joue le plus grand rôle. Il expliquerait à lui seul près de la moitié des sorties sans diplôme. Ceci confirme la nécessité d’intervenir très en amont, dès l’enseignement primaire, pour en limiter le nombre. »
Voilà donc confirmé, une fois de plus, le rôle crucial que joue le Primaire dans le cursus scolaire des élèves. Or, c’est l’échelon sacrifié par toutes les politiques éducatives menées en France depuis une bonne vingtaine d’années. Alors qu’il fallait porter tous les efforts sur le Primaire, les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, ont préféré favoriser le lycée et le Supérieur. Les résultats du dernier PISA qui pointent le fait que la France augmente les écarts entre les bons élèves – qui restent bons – et les élèves en difficultés – qui sont de plus en plus en difficultés – commence à faire réfléchir au ministère. Il était temps !

C'est pourtant simple : si on veut éviter le décrochage de 150 000 élèves en fin de collège, il faut mettre le paquet sur le Primaire. D’abord au plan budgétaire, en payant décemment les enseignants dont l'OCDE nous a appris qu'ils travaillent plus qu’ailleurs, avec des classes plus chargées et en étant bien moins rémunérés. Cette dévalorisation du métier ne peut plus se poursuivre sans provoquer des dégâts irrattrapables, car tous les bons éléments de l’université fuient désormais une profession mal payée, mal considérée, mal respectée et pour laquelle on est mal formé.

Mais il s’agit aussi d’adopter enfin des pratiques pédagogiques efficaces. Cela signifie de mettre un terme à la prédominance catastrophique des démarches constructivistes. Cela signifie une formation et des formateurs de qualité. Cela signifie de s’appuyer sur les données probantes de la recherche qui définissent avec une remarquable convergence les pratiques efficaces, au premier plan desquelles vient la Pédagogie Explicite.

Si l’État ne fait pas cet effort, si les gouvernements – et tout particulièrement le ministre de l’Éducation nationale – n’ont pas cette clairvoyance et ce courage politique, l’affaire est pliée. Il ne nous restera plus qu’à gloser comme d’habitude sur la misère des élèves en difficulté, qu’à nous lamenter encore et encore sur les piteux résultats obtenus dans les comparaisons internationales, qu’à nous préparer à un avenir en dégringolade pour n’avoir pas su former notre jeunesse, en lui donnant une instruction solide, une éducation de qualité et un mental d’acier.

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