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samedi 23 novembre 2013

Sondage : Des enseignants mieux formés et évalués



Réalisée quelques semaines après la rentrée et en pleine polémique sur les rythmes scolaires, l’enquête de l’Ifop pour Acteurs publics met en lumière les représentations de l’opinion sur trois dimensions essentielles du fonctionnement de l’école : son efficacité, au regard de l’importance de ce poste dans le budget de la nation, sa finalité et les réformes qu’il faudrait prioritairement engager pour l’améliorer.

Le jugement sur la manière dont l’école de la République remplit sa mission dépend considérablement du niveau scolaire auquel on s’attache. Ainsi, les personnes interrogées sont une large majorité (85 %) à estimer que l’école maternelle remplit bien sa mission, un quart (24 %) pensant même qu’elle le fait “très bien”. L’unanimité se brise déjà s’agissant de l’école élémentaire, pour laquelle les jugements positifs reculent à 66 %, et le doute s’installe véritablement au sujet du collège (50 % pensent qu’il remplit bien sa mission, une part exactement équivalente pensant l’inverse), et plus encore du lycée (47 % versus 53 %).

Si l’opinion apparaît relativement partagée quant à la capacité de l’école à remplir ses missions, elle l’est tout autant s’agissant du niveau de la dépense publique consacrée par la France à l’éducation. Une courte majorité (52 %) pense que l’investissement est suffisant, 29 % qu’il est trop important et 19 % pas assez important. Sans surprise, les divergences sont avant tout politiques : ainsi, 41 % des proches de la droite regrettent une dépense trop élevée, quand 17 % seulement des sympathisants socialistes font le même constat.




Dans ce contexte, les missions assignées par l’opinion publique à l’école apparaissent relativement éclatées. Trois d’entre elles se détachent néanmoins et sont évoquées par une part importante des personnes interrogées, traduisant la multiplicité des objectifs fondamentaux donnés par les Français à l’éducation nationale : 56 % évoquent la transmission des valeurs (respect de l’autre, politesse, égalité, etc.), 49 % le fait de donner aux jeunes les connaissances nécessaires pour comprendre le monde et 47 % leur préparation à l’entrée sur le marché du travail, l’apprentissage d’un métier. On constate ainsi que la mission de l’école est double : intellectuelle et sociale d’un côté, l’école conservant indiscutablement de ce point de vue une mission humaniste aux yeux des Français ; opérationnelle de l’autre, l’école devant aussi former concrètement à l’exercice d’un métier, à l’intégration effective dans la vie adulte.

Deux autres missions, l’une d’obédience assez libertaire, l’autre plus conservatrice, sont moins souvent évoquées : le fait d’apprendre aux jeunes à penser par eux-mêmes (25 %) et l’apprentissage du respect de l’autorité et de la hiérarchie (23 %). La comparaison avec une enquête menée en 2011 par l’Ifop ne montre pas d’évolution significative dans cette hiérarchie que font les Français des missions essentielles qu’il convient d’attribuer à l’école.




Enfin, en termes d’organisation, lorsqu’ils sont appelés à prioriser quelques éléments d’amélioration des performances du système éducatif français, les interviewés font un choix assez clair. Le premier objectif, cité par deux tiers des répondants (66 %), réside dans une meilleure formation et une meilleure évaluation des enseignants. Trois autres propositions, plus clivées politiquement, sont évoquées par un tiers ou plus des Français : le recrutement de davantage d’enseignants (32 % au global, 41 % à gauche, 29 % au Front national, mais 8 % seulement parmi les proches de l’UMP), le fait d’accorder aux chefs d’établissement plus d’autonomie, notamment pour ce qui concerne le recrutement des enseignants (35 % au niveau de l’ensemble des Français, mais 48 % à droite et seulement 23 % à gauche), une meilleure répartition des moyens entre territoires (38 % au total, 53 % à gauche et 25 % à droite).






La réduction du nombre d’enseignants (12 %) ne figure pas parmi les priorités des Français, de même que le fait d’accorder plus de place à l’enseignement privé (10 %), ou encore de nouveaux transferts de compétences aux collectivités locales (8 %). Très clairement, certaines des orientations parfois envisagées par les pouvoirs publics ces dernières années sont remises en cause par les Français : il n’est plus question pour eux de tailler dans les effectifs de la sphère éducative ni de décentraliser davantage l’éducation.

Damien Philippot,

directeur des études politiques au département “Opinion et stratégies d’entreprise” de l’Ifop



Sondage Acteurs publics/Ernst & Young réalisé par l’Ifop pour l’Observatoire des politiques publiques auprès d’un échantillon de 1 004 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession de l’interviewé) après stratification par région et catégorie d’agglomération. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI - Computer Assisted Web Interviewing) du 16 au 18 octobre 2013.



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