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mercredi 18 septembre 2013

Neurosciences et sciences cognitives : bref historique




Sous la plume de Marie Gaussel et de Catherine Reverdy, l’IFÉ sort un dossier sur le thème : Neurosciences et éducation : la bataille des cerveaux (Dossier d’actualité n° 86, septembre 2013). Plusieurs sujets sont intéressants, notamment les encarts qui s’attaquent aux neuromythes dont chacun connaît la persistance. Mais les auteurs, sans surprise, chaussent encore les lunettes (à courte vue) du constructivisme pédagogique en évitant soigneusement d’aborder tout ce qui pourrait le réfuter dans les découvertes récentes des sciences cognitives. C’est ainsi que les noms de Geary, de Sweller ou de Willingham (pour citer les plus importants) n’apparaissent pas dans la bibliographie...


Extrait : 
Depuis 50 ans, les neurosciences se sont considérablement développées grâce aux progrès techniques permettant des mesures indirectes très précises de l'ac­tivité de notre cerveau (ou de celui des animaux). Parallèlement, les sciences cognitives, avec la théorie du traitement de l'information (modèle considérant l'es­prit humain comme un système complexe traitant les informations perçues), sont devenues la discipline étudiant le fonc­tionnement de la connaissance humaine ou artificielle, mais « en conservant des contours flous ».
L'histoire des neurosciences est fondée avant tout sur celle du neurone. Suite à la mise en place en 1891 par Waldeyer du concept de neu­rone comme cellule nerveuse, une branche de la physiologie expérimentale, la neurophysiolo­gie, est créée en Angleterre dans les années 1930. Une première bataille (ce ne sera pas la seule) oppose les tenants de la physiologie nerveuse et ceux de la physiologie neuronale jusqu'à ce que la neurobiologie s'impose dans les années 1950 (en orientant les recherches sur le niveau cellulaire et non plus sur les cir­cuits nerveux), ce qui aboutira à la naissance en 1969 des neurosciences, par la création de la société américaine de neurosciences (son pendant français date de 1988). « Le champ disciplinaire "neurosciences" concerne l'étude du fonctionnement du système ner­veux depuis les aspects les plus élémentaires : moléculaires, cellulaires et synaptiques jusqu'à ceux, plus intégratifs, qui portent sur les fonc­tions comportementales et cognitives ».
Les neurosciences ont historiquement com­mencé par l'étude des fonctions mentales affectées par une pathologie, en partant de l'hypothèse de Gall, au début du XIXe siècle, qui postule que le cerveau est séparé en différents organes contrôlant chacun une des facultés de l'esprit. Cette idée correspondant à la localisa­tion cérébrale (à une fonction mentale corres­pond une zone du cerveau) est aujourd'hui en­core très présente dans les recherches, même si les scientifiques penchent plutôt actuellement sur l'hypothèse qu'une fonction mentale pro­vient de la coopération de plusieurs neurones organisés en réseaux, non toujours placés au même endroit du cerveau.
Les sciences cognitives ou sciences de la cognition forment une discipline à la jonction des neurosciences, de la psychologie, de la linguistique et de l'intelligence artificielle (cer­tains ajoutent l'anthropologie, la philosophie ou l'épistémologie), et qui appartient donc à la fois aux sciences natu­relles et aux sciences humaines. La notion de cognition est à la base des sciences cognitives. Elle date du milieu du XXe siècle et désigne la fonction biologique pro­duisant et utilisant la connaissance. Elle com­porte des modes de fonctionnement (appelés mécanismes, procédures, processus, algo­rithmes) de différente nature qui sont traités par des modules spécialisés et contrôlés. Du point de vue des sciences cognitives, les neu­rosciences sont un domaine parmi d'autres d'étude de la cognition, tout comme la psy­chologie cognitive.
Les neurosciences cognitives peuvent donc être définies comme l'« ensemble des disciplines qui ont pour objet d'établir la nature des relations entre la cognition et le cerveau ».

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