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lundi 16 septembre 2013

Forte augmentation du niveau des acquis des élèves à l'entrée au CP entre 1997 et 2011 (MEN-DEPP)


Auteurs : Marion Le Cam, Thierry Rocher, Irène Verlet
Note d'information, n° 13.19
09.2013

Enfin une bonne nouvelle pour le système éducatif français : le niveau monte… mais en maternelle seulement.

C’est une enquête du ministère qui le révèle. Celle-ci est crédible puisqu’elle porte sur un panel de 15 000 élèves entrant au CP en 2011, dont les résultats ont été comparés à ceux de leurs camarades de 1997 dans les domaines de la phonologie, de la numération, de l’écriture, de la prélecture, du repérage dans le temps et de la compréhension orale.

En 1997, c’étaient deux écoliers sur trois (66 %) qui réussissaient à répondre correctement. En 2011, ils étaient trois sur quatre (74 %). La progression est donc indéniable : le niveau monte. D’autant plus que c’est l’ensemble des élèves qui progressent, y compris les plus faibles et ceux issus de milieux défavorisés. Ces derniers ont même progressé davantage que ceux des familles plus aisées : les enfants d’ouvriers de 2011 réalisent les mêmes performances que ceux des cadres en 1997.

Et ce n’est pas la scolarisation des enfants de 2 ans – en régression sur l’ensemble de la période – qui en est la cause. Contrairement à ce qu’affirment les partisans de cette scolarisation précoce, bien trop précoce pour une école qui n'est absolument pas adaptée à l'accueil d'enfants si jeunes. 

C’est à un changement d’objectifs que l’on doit cette progression. Jusqu’au début des années 2000, on en était resté au modèle fixé jadis par feue Pauline Kergomard qui ne voulait pas faire des écoles maternelles des lieux d’instruction à part entière. Préconisant le jeu plutôt que les apprentissages. Bref, toujours la même chanson reprise plus tard en chœur par les constructivistes de tout poil, trop heureux d’avoir une raison d’occuper les élèves à tout et à rien plutôt que de leur enseigner quelque chose.

Les programmes de 2008 ont changé la donne. Désormais, l’accent était mis sur les apprentissages fondamentaux qui préparent les enfants à devenir des élèves et à réussir leur scolarité élémentaire, base de tout le cursus qui suit. Cela nous satisfaisait car, en Pédagogie Explicite, on estime qu’il n’est jamais trop tôt pour apprendre et pour réussir. Nous préférons écouter les leçons d’Engelmann plutôt que les élucubrations de Piaget.

Hélas, le ministre Peillon veut abolir ces programmes de 2008 et combattre la “primarisation” de l’école maternelle (comme si celle-ci n’était pas un des piliers de l’École primaire !). Les conceptions d’un constructivisme jouissif et ludique reviennent en force avec ce nouveau ministère. Parions que dans quelques années, le niveau se remettra à baisser comme à tous les autres étages d’un système éducatif littéralement miné par cette idéologie délétère dont la pédagogie ne parvient décidément pas à se débarrasser.

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