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samedi 14 septembre 2013

École : qui paie ?



Un article de Maryline Baumard, intitulé “L’école gratuite coûte cher” et paru dans Le Monde daté du 12/09/2013, nous livre un certain nombre d’informations intéressantes. On apprend ainsi que la France « investit dans l’éducation une centaine de milliards d’euros » par an. Soit l’équivalent de « ce que l’armée va dépenser entre 2014 et 2019 en commandes industrielles » !

Cette somme représente 6,9 % de la richesse nationale. Mais cet effort n’est pas exclusivement à la charge de l’État : l’école gratuite n’est plus qu’un souvenir de l’époque de Jules Ferry. En effet, « l’État se désengage en catimini et met à peine plus de la moitié de la dépense ». Plus précisément, il assure 56 % de la dépense… alors qu’en 1980, on en était à 67 %.

Alors, qui paie le reste ?

Les parents, bien sûr : « Sur les 100 milliards, 15 milliards viennent directement de leur porte-monnaie ». Ils paient la restauration scolaire (notons qu’en Finlande, la cantine est gratuite), les fournitures, les leçons particulières (bien qu’il soit difficile d’en évaluer le véritable montant, compte tenu de leur progression annuelle à deux chiffres), les transports scolaires, les frais de scolarité (1 enfant sur 5 est inscrit dans une école privée). À quoi il faudrait ajouter, selon la journaliste, les séjours linguistiques (cours de langue) ou les colonies scientifiques (pour donner le goût des sciences), domaines où l’école n’excelle pas malgré les effets d’annonce sur l’apprentissage des langues vivantes ou l’incontournable dispositif La Main à la pâte.

Les collectivités territoriales sont également mises à contribution. Et de plus en plus. Si, en 30 ans, les dépenses de l’État pour l’éducation ont été multipliées par 4, celles des collectivités ont été multipliées par 8. Et les nouveaux rythmes de Peillon ne font qu’aggraver les choses puisque le financement du périscolaire est laissé à la charge des communes.

Reste enfin un dernier bailleur de fonds : les entreprises. Celles-ci dépensent 6 fois plus pour le secteur éducatif qu’au début des années 1980. Et, comme l’écrit Maryline Baumard, rien d’étonnant à ce que le ministère de l’Éducation nationale remercie les patrons en créant un comité pour rapprocher l’école de l’entreprise.

Désengagement de l'État, financement accru par les parents, investissement des entreprises : les éléments de la marchandisation de l'éducation sont d'ores et déjà en place.

La conséquence est la privatisation rampante du service public d’éducation qui est en marche et qui continue aussi bien avec des gouvernements de gauche que de droite : « les deux y vont d’une même pas ».

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