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jeudi 20 juin 2013

Observatoire des professeurs des écoles débutants - 2013 (SNUipp)

Harris Interactive pour le SNUipp
05.2013



Il s’agit de la nouvelle livraison d’une enquête réalisée tous les 3 ans pour le SNUipp. La dernière datait donc de 2010 et j’en avais rendu compte dans ce même blog.

Cette enquête résulte d’un sondage réalisé par Internet portant sur 1 544 professeurs des écoles débutants (moins de 5 années d’ancienneté). Le cru 2013 me laisse une impression assez mitigée.

Et pour cause ! Voici le premier et principal constat : « Une majorité des enseignants a choisi ce métier par vocation (73 %), et par désir d’être avec des enfants (56 %). » Ce métier ne sait donc toujours pas ce qu’est le professionnalisme. On reste dans la logique de la vocation quasi-sacerdotale et dans le registre des sentiments mièvres et convenus sur “lezenfantsmignons”. À quand des enseignants qui soient de véritables professionnels ?

De surcroît, il y a toujours une majorité de débutants satisfaits malgré une entrée dans le métier extrêmement brutale (pas de formation, salaires en berne, postes difficiles…) : « Les enseignants indiquent majoritairement être satisfaits de leurs débuts dans le métier (62 %), près d’un sur quatre les jugeant malgré tout insatisfaisants, en hausse par rapport à 2010 (38 %, +10pts). » Les instituteurs seraient-ils taillables et corvéables à merci, malgré quelques râleurs (moins de 4 sur 10) ?

Pourtant, « 71 % des enseignants jugent leur formation insatisfaisante (+10 pts par rapport à 2010). 78 % considèrent alors qu’elle leur apporte une réflexion globale sur l’école, contre 14 % qu’elle apporte des outils et des méthodes directement utilisables en classes. » Les défaillances de la formation initiale, aggravées par la réforme désastreuse de la masterisation, demeurent année après année. Notamment pour ce qui est de la réalité d’une classe et des connaissances pédagogiques. Pour le courant constructiviste toujours prédominant dans les formations et pour la hiérarchie, la gestion de classe et la gestion des apprentissages ne sont pas essentielles. Seule compte l’orthodoxie du discours tenu sur “la construction des savoirs par des situations-problèmes pour un l’élève au centre”. Gare à celui qui se démarque de ce prêchi-prêcha dont les recherches récentes ont démontré définitivement les effets néfastes !

Le formatage constructiviste se perçoit également à ces constats :
- « Les enseignants sont plus partagés sur les manières d’enseigner à leurs élèves : 49 % cherchent plutôt à utiliser des méthodes innovantes tandis que 48 % font plutôt confiance aux méthodes qui ont fait leur preuve ». L’efficacité s’incline ­– de peu, certes – toujours devant les fameuses “méthodes innovantes”, qui sont généralement des élucubrations parées du label “pédagogie active”. Comme si l’innovation était forcément un gage de réussite, alors qu'elle se fait bien souvent sur le dos des élèves qui servent de cobayes et qui perdent leur temps.
- « Selon une majorité d’enseignants, la priorité de l’École devrait être avant tout l’épanouissement des enfants (52 %, dont 32 % qui le citent en première priorité). » Contrairement à ce que croient les constructivistes, l’épanouissement des enfants ne s’enseigne pas, pas plus qu’il ne se décrète. Il ne résulte pas des aspects ludiques, peu exigeants et peu contraignants des activités scolaires, du manque de cadrage dans les comportements ou de l’attitude démagogique de l’enseignant. L’épanouissement de l’élève découle de l’estime de soi qui s’acquiert par la réussite dans les apprentissages. Et pour qu’il y ait réussite, il faut des pratiques d’enseignement efficaces.
- « 63 % des enseignants estiment que l’objectif de réussite de tous les élèves ne peut être atteint, a fortiori dans l’École d’aujourd’hui. » Le discours convenu veut que l’échec scolaire soit dû aux conditions sociales, aux parents qui ne s’impliquent pas, au décalage culturel entre le milieu familial et l’école, au manque de moyens, etc. À aucun moment, on ne remet en cause les pratiques d’enseignement inefficaces du constructivisme. Or, l’élément déterminant de la réussite scolaire reste et demeure fort logiquement… l’école et les démarches adoptées par l’enseignant. Il ne s’agit donc pas d’estimer si l’objectif de réussite peut être atteint, mais de tout mettre en œuvre pour qu’il le soit en ayant le souci permanent de l’efficacité en enseignement.

Terminons sur une lueur d’espoir : « Les enseignants pointent du doigt l’inadaptation des pratiques pédagogiques (16 %, +5pts) ». Ces 16 petits pour cent, et surtout l’augmentation de 5 points, seraient-ils l’amorce d’une prise de conscience ? 

On peut toujours l’espérer.

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