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mardi 25 juin 2013

Les instituteurs français seraient-ils pris pour des poires ?



Dans Regards sur l’éducation - 2013, le rapport de l’OCDE qui vient d’être publié, une note est consacrée à la France. Le premier des trois thèmes abordés s’intitule “L’environnement pédagogique et scolaire dans le primaire et le secondaire”. On y aborde le cas des instituteurs français en dressant un inventaire très révélateur sur ce qu’est devenu ce métier.

Tenez-vous bien :

- Les enseignants français du Primaire ont des salaires nettement inférieurs à leurs collègues de l’OCDE : 11 % de moins par rapport à la moyenne. En début de carrière, la France se classe 25e sur 36 pays.
- Par rapport aux autres diplômés du Supérieur, les enseignants du Primaire perçoivent 75 % du salaire qu’ils auraient pu avoir dans un autre métier.
- Entre 2000 et 2011, les salaires des enseignants ont augmenté dans la plupart des pays, mais pas en France où ils ont diminué compte tenu de l’inflation.
- En France, les enseignants du Primaire gagnent 9 % de moins que les enseignants du Secondaire : il y a peu de pays où cet écart est aussi important.
- En France, les enseignants du Primaire travaillent 40 % de plus que les enseignants du Secondaire.
- Les enseignants du Primaire sont 936 heures par an devant les élèves, soit 146 heures de plus que la moyenne de l’OCDE.
- Les enseignants du Primaire donnent 6 heures de cours par jour, c’est-à-dire le maximum observé dans les pays de l’OCDE (exemple de la Corée : 3,7 heures par jour).
- En France, les classes du Primaire comptent en moyenne 23 élèves, contre 21 dans les pays de l’OCDE.
- Dans les pays de l’OCDE, on compte en moyenne 15 élèves par enseignant dans l’enseignement primaire contre 18 en France.
- En France, les dépenses par élève du Primaire sont inférieures de 17 % à la moyenne de l’OCDE, alors qu’elles sont plus élevées au Secondaire.

Et face à cette avalanche d’indicateurs particulièrement négatifs, le ministre Peillon ergote depuis le mois de février pour octroyer généreusement aux enseignants du Primaire une prime annuelle de 400 euros, soit une trentaine d’euros par mois ! Dont on ne verra, aux dernières nouvelles, que la moitié en 2013, et encore au mois de décembre. Si cela ne change pas entre temps...

On a donc bien raison de continuer à parler de “vocation” pour évoquer le métier d'instituteur, une sorte de curé des temps modernes qui se nourrit de sa foi et de sa portion congrue.

Mais, tout bien réfléchi, le mot de “poire” me paraîtrait pourtant bien plus adéquat.

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