Translate

jeudi 16 mai 2013

L'enseignement de l'informatique en France (Académie des sciences)

Il est urgent de ne plus attendre


Rapport de l'Académie des sciences
05.2013





De ce rapport de l’Académie des sciences, je tire deux extraits.

Le premier dresse un état des lieux sans complaisance mais bien réel : « L’Europe et la France en particulier accusent un important retard conceptuel et industriel dans le domaine par rapport aux pays les plus dynamiques, comme les États-Unis et certains pays d’Asie. Ce retard est en partie lié aux carences de l’enseignement de l’informatique, resté longtemps au point mort ou réduit à l’apprentissage des seuls usages de produits de base. Un enseignement aussi limité ne saurait permettre de faire basculer notre pays de l’état de consommateur de ce qui est fait ailleurs à celui de créateur du monde de demain. »

Le second concerne l'indispensable formation des enseignants du Primaire : « À l’école maternelle et à l’école primaire, il n’est pas d’usage de recourir à des enseignants spécifiques pour chaque discipline et il ne nous semble pas souhaitable de le faire pour l’informatique. Il est donc nécessaire d’inclure l’informatique dans les cursus de formation des Professeurs des écoles, à l’instar des autres disciplines, afin qu’ils puissent l’enseigner, comme ils enseignent les autres disciplines. Il est également nécessaire de proposer une formation aux Professeurs des écoles qui enseignent déjà. Sur ce point, il est important de noter que les solutions existantes qui permettent de former quelques dizaines de professeurs par an sont largement insuffisantes. Nous avons besoin d’un véritable plan de formation national si nous voulons sortir notre pays de l’illettrisme informatique dans lequel il se trouve aujourd’hui. »

Tout cela est bien nécessaire. Mais l’Académie des sciences ayant toujours apprécié l’approche constructiviste de La Main à la pâte, on ne sera pas surpris qu’elle recommande une fois encore cette “solution” pour enseigner l’informatique à l’École primaire. Au mépris de toutes les données probantes, ces messieurs de l’Académie font l’erreur classique de prendre les novices pour des experts. Or, il est maintenant démontré qu’avant d’expérimenter, il faut détenir des notions de base et des habiletés élémentaires qui ne s’apprennent pas par l’opération du Saint-Esprit. Les activités du type La Main à la pâte sont idéales pour un club Sciences de village ou de quartier. Pas pour un apprentissage structuré dans le cadre scolaire.

Depuis que Georges Charpak a pompé, en 1996, le programme Hands on pour en faire La Main à la pâte – et que cette démarche a été imposée dans les écoles au mépris de toute liberté pédagogique – les résultats obtenus par la France en sciences dans les comparaisons internationales n’ont cessé de dégringoler, sans surprise. Gageons qu’avec les recommandations de ce calibre de notre Académie des sciences, le retard français en matière d’informatique n’est pas près de disparaître. Bien au contraire…

1 commentaire:

Les commentaires reçus n’ont pas tous vocation à être publiés.
Étant directeur de publication de ce blog, seuls les textes qui présentent un intérêt à mes yeux seront retenus.