Translate

vendredi 8 mars 2013

Une formation professionnelle déficiente

Formation des enseignants : éléments de comparaison internationale

Concertation sur la refondation de l'école de la République

 Télécharger le document



Cette étude le rappelle d’emblée : « Les systèmes les plus performants sont la preuve qu’in fine, c’est le niveau de compétence des enseignants qui fait la qualité d’un système scolaire. » [1]

Le problème reste que la formation, surtout initiale mais aussi continue, est particulièrement déficiente en France. Et ce, depuis des années. Déjà les écoles normales d’instituteurs ne préparaient pas vraiment au métier dans les années 70 et 80. L’arrivée des IUFM, dans les années 1990-2000, n’a fait qu’aggraver la situation. Jusqu’à la disparition pure et simple de la formation sous le ministère Chatel !

Comment a-t-on pu accepter de telles déficiences sur une telle durée ? Quelle entreprise privée consacrerait autant d’argent à une formation professionnelle au terme de laquelle celles et ceux qui l’ont reçue doivent, s’ils veulent faire correctement leur métier, tout oublier et se former sur le tas ?

Voici quarante ans que le lobby constructiviste a investi la plupart des instances de l’Éducation nationale, plaçant depuis ses affidés par cooptation. C’est connu de tous : il faut faire partie de cette mafia pour espérer bénéficier de ses prébendes. Tout cela, bien entendu, au détriment de l’intérêt général du système éducatif.

Or, depuis Rosenshine, on sait quelles sont les pratiques efficaces en enseignement. Mais personne (ou presque, soyons optimiste) n’en pipe mot dans les modules de formation professionnelle ! On continue de ressasser les vieilles théories des pédagogies soi-disant “actives” : découverte, projet, travail de groupe, auto-construction des savoirs, etc. Alors que les plus récentes recherches en sciences cognitives ont démontré que le présupposé constructiviste de base était faux : les apprentissages naturels ne marchent pas pour les habiletés secondaires (Geary).

Alors on pourra faire toutes les réformes que l’on veut : IUFM ou ESPÉ, allonger ou raccourcir la durée, adopter le modèle simultané ou consécutif… Tout cela ne changera rien tant qu’on continuera à former les enseignants à des pratiques obsolètes, inefficaces et infondées.

Et dire que les autres pays sont dans les mêmes errances que nous n’est pas une consolation.




[1] . Cette citation tirée du rapport du cabinet McKinsey, Les clés de l'amélioration des systèmes scolaires, auquel on pourra se reporter avec profit.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Les commentaires reçus n’ont pas tous vocation à être publiés.
Étant directeur de publication de ce blog, seuls les textes qui présentent un intérêt à mes yeux seront retenus.