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samedi 12 janvier 2013

Quelle organisation pour le soutien scolaire ? (Centre d'analyse stratégique)


Auteur : Marie-Cécile Naves
La note d'analyse - Questions sociales, n° 315
01.2013

Cette intéressante étude fait le point sur le soutien scolaire. Elle rappelle d’abord que « selon un rapport de 2010 de l’Inspection générale de l’Éducation nationale (IGEN), le système scolaire français “produit 50 % à 60 % d’élèves dont les résultats sont satisfaisants ou très bons, 20 % à 30 % dont les résultats sont insuffisants et 15 % à 20 % en grande difficulté scolaire”. La France est, parmi les pays développés, “celui dont les élèves en difficulté sont les plus nombreux”. »

Par conséquent, la nécessité d’un soutien scolaire se fait particulièrement sentir. « Il a pour but de faire acquérir aux élèves, outre les savoirs de base, des compétences attendues par l’école mais insuffisamment transmises par elle. Certains parlent de “sous-traitance du travail scolaire”. » Ce qui en dit long sur l’efficacité de notre système éducatif à transmettre les connaissances et les habiletés requises.

Les seuls éléments d’évaluation qui permettent d’envisager un soutien scolaire reposent sur l’appréciation des enseignants et l’engagement des familles. Ce qui reste parfaitement aléatoire. Ainsi, il faut d’abord que les enseignants soient à même de dépister le décrochage scolaire de manière rigoureuse, ce qui constitue une première variable non négligeable. Et comme la participation aux programmes de soutien est fondée sur le volontariat des familles, si celles-ci n’en veulent pas (ou ne peuvent pas, pour des raisons diverses), leur enfant n’en bénéficiera pas.

Il semblerait, de surcroît, que le soutien scolaire ne soit efficace que pour les élèves en léger décrochage ; les élèves en grandes difficultés ne sont pas récupérés, quel que soit le dispositif mis en œuvre.

Justement, en annexe de cette étude, un tableau récapitule l’empilement des dispositifs de soutien scolaire offert par l’école publique. Pour le primaire, il s’agit des PPRE (programme personnalisé de réussite éducative), de l’aide personnalisée (qui sera modifiée avec la réforme Peillon), les aides spécialisées (les RASED, pratiquement disparus sous le ministre Chatel), les stages de remise à niveau (pendant les vacances scolaires) et l’accompagnement éducatif (dans les ZEP). Mais apparemment tous ces dispositifs publics ne suffisent pas : « La France est le premier marché de soutien scolaire privé dans l’Union européenne avec, en 2011, un volume d’affaires de 1,5 milliard d’euros. » L’inefficacité (voulue ou subie ?) du système éducatif permet d’enrichir des entreprises privées qui ont très vite compris tous les bénéfices qu’on pouvait tirer de l’angoisse des parents devant l’inaptitude de l’École à fournir des enseignements structurés et solides à leurs enfants.

L’auteur du rapport ouvre, en conclusion, une piste que je trouve intéressante : « Pour réduire les inégalités sociales, culturelles et territoriales dans l’accès au savoir, un maillage total du territoire par les dispositifs associatifs et les programmes de e-learning pourrait être une piste intéressante. » À une époque où la plupart des familles sont connectées à Internet, il serait judicieux d’offrir toute une palette d’accompagnement scolaire, numérique et interactif, de la maternelle au lycée (et même au-delà). Mais encore faudrait-il qu'il soit de qualité...

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