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jeudi 10 janvier 2013

La scolarisation des enfants en situation de handicap dans les pays européens - Quelles voies de réforme pour la France ? (Centre d'analyse stratégique)

Auteurs : Guillaume Malochet et Catherine Collombet
La note d'analyse - Questions sociales, n° 314
01.2013

Le Centre d’Analyse Stratégique nous livre une étude intéressante sur la scolarisation des enfants en situation de handicap, en France et en Europe.

On apprend que c’est depuis les années 1990 que « les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) sont engagés dans un processus d’inclusion scolaire visant à adapter l’école à la diversité de ses élèves, dont les enfants en situation de handicap. »

Comment a-t-on glissé de l’intégration à l’inclusion ? « La classification internationale du handicap (CIH), adoptée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 1980, était fondée sur une approche individuelle et médicale. Sous l’influence des associations de personnes handicapées et d’un courant de recherche dit du “modèle social du handicap”, l’OMS a évolué vers une conception plus environnementale : le regard n’est plus focalisé sur la déficience, mais sur les défauts d’accessibilité. La nouvelle classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF), adoptée en 2001, traduit cette approche qui fait de l’inadaptation de la société le fondement du handicap. Appliquée à l’éducation, cette nouvelle approche conduit à considérer que c’est l’inadaptation de l’école qui exclut un certain nombre d’enfants. Il incombe alors au système éducatif d’assurer la scolarisation de tout enfant, quelles que soient ses difficultés, avec une priorité accordée à l’école ordinaire. Ainsi, l’objectif d’inclusion succède à celui d’intégration qui le précédait et qui était centré sur les déficiences de l’élève. » [1]

Le texte international de référence pour l’approche inclusive est la déclaration de Salamanque, adoptée le 10 juin 1994, sous l’égide de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), par les représentants de 92 gouvernements et de 25 organisations internationales. Cette déclaration «  ne reconnaît qu’un rôle limité à l’éducation spéciale, et assigne aux structures existantes un rôle d’appui aux écoles ordinaires plutôt que de scolarisation dans une filière séparée. »

Et le CAS de poser de bonnes questions : « Assiste-t-on à une disparition du secteur spécialisé ? Comment les besoins éducatifs particuliers des enfants sont-ils évalués et pris en compte ? Quels sont les acteurs professionnels qui interviennent dans la mise en place d’une scolarisation en milieu ordinaire ? »

J’ajouterais, pour ma part, une autre question qui reste fondamentale : Le modèle qui nous est imposé est-il reconnu comme performant ?

Réponse éclairante du CAS : « En France comme dans les autres pays développés, la politique de scolarisation des enfants handicapés n’est pas une “politique basée sur les preuves” (evidencebased-policy), dont les choix seraient justifiés par des évaluations robustes. Si la scolarisation “inclusive” en école ordinaire se fonde sur des arguments de principe, elle ne s’appuie à ce jour sur aucune étude qui démontrerait sa plus grande efficacité par rapport à l’école spéciale, en termes de réussite scolaire ou professionnelle. »

De quoi se contente-t-on ? De la progression du nombre d’enfants handicapés scolarisés en milieu “ordinaire”. Savoir que la proportion de ces derniers a augmenté de 30 % entre 2005 et 2011 semble largement satisfaisant pour tout le monde (sauf pour les instituteurs qui voient leur charge de travail considérablement alourdie sans la moindre compensation). Qu’en est-il des résultats obtenus ? « Les données sont (…) très lacunaires sur les niveaux auxquels ces élèves arrivent, en termes de diplômes, d’acquisition par rapport au socle commun de connaissances ou encore par rapport à leur propre projet. »

Merci aux auteurs de cette étude de rappeler ces réalités passées habituellement et prudemment sous silence…


[1] . Les passages mis en gras l’ont été par nous.

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