Translate

mardi 11 décembre 2012

Enseignement primaire : les élèves à risque - de décrochage (IFÉ)

Auteur : Annie Feyfant
Dossier d'actualité Veille et analyses, n° 80
12.2012




Annie Feyfant propose un travail intéressant et documenté sur les élèves décrocheurs.

Malgré ses partis pris constructivistes, elle observe que les malentendus cognitifs entre élève et enseignant « seraient essentiellement le fait d’élèves des milieux défavorisés, pour lesquels un enseignement explicite serait plus approprié. » Après toutes les études menées sur l’efficacité de l’enseignement dans les écoles de quartiers difficiles, je crois qu’on peut raisonnablement se passer à présent de l’usage du conditionnel.

À ce sujet, elle ajoute : « L’équipe de C. Gauthier oppose modèles académiques, centrés sur l’enseignement, orientés “vers un enseignement systématique des apprentissages de base tels que la lecture, l’écriture et les mathématiques” et les modèles cognitifs ou affectifs, centrés sur l’élève. Elle montre, “études probantes à l’appui”, l’efficacité des approches académiques (Bissonnette et al.,  2005). » Apprécions les guillemets qui entourent les études probantes, qui ne le sont de toute évidence toujours pas pour les chercheurs de l’IFÉ. Comme si le projet Follow Through et tous les travaux qui ont suivi n'existaient pas vraiment. D’ailleurs, Annie Feyfant ajoute : « Le débat entre enseignement explicite et pédagogie “nouvelle” reste ouvert (Feyfant, 2011b) ». Les guillemets à “nouvelle” sont, cette fois-ci, parfaitement justifiés pour des pratiques pédagogiques vieilles maintenant d’un siècle.

On comprendra qu’il faut mettre de côté l’inaltérable parti pris constructiviste de l’auteur, qui devient parfois comique. Ainsi, en conclusion, elle suggère, pour réduire les difficultés scolaires, l’« utilisation de situations-problèmes » ! Alors qu’on sait bien que ces pratiques pédagogiques noient parfois les bons élèves, souvent les moyens et toujours ceux qui patinent dans leurs apprentissages…

Ce genre de “solution” improbable pourrait plomber le crédit porté au reste du travail que nous soumet Annie Feyfant. Ce serait regrettable car on trouvera dans cette étude des éléments intéressants pour comprendre certains élèves qui décrochent et sortent du système éducatif sans la moindre qualification, après avoir passé des années sur les bancs de l’école.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Les commentaires reçus n’ont pas tous vocation à être publiés.
Étant directeur de publication de ce blog, seuls les textes qui présentent un intérêt à mes yeux seront retenus.