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vendredi 16 novembre 2012

Professeurs des écoles : un net déclassement


Source : SNUipp


Instituteur / PE

La Direction générale de l’administration et de la fonction publique (DGAFP) vient de publier une série de données statistiques particulièrement déprimantes pour les professeurs des écoles.
Les politiques salariales menées depuis 2000 dans la fonction publique ont favorisé le développement des primes et des indemnités au détriment de la progression indiciaire. Les primes sont généreusement octroyées aux fonctionnaires de la catégorie B. Les heures supplémentaires bénéficient essentiellement aux enseignants du second degré. Les professeurs des écoles, quant à eux, restent les oubliés de ce système. Étant peu concernés par les primes ou les indemnités, ils se retrouvent maintenant avec une rémunération qui se situe au bas de l’échelle de la fonction publique.
Ainsi, aujourd’hui un professeur des écoles débute à 1 660 € net. Il gagne 2 132 € en milieu de carrière et termine à 2 531 €.
En milieu de carrière, la comparaison des rémunérations met en évidence un fort décrochage des professeurs des écoles à l’intérieur de leur catégorie (voir tableau). Ils perçoivent presque 600 euros de moins qu’un professeur certifié. Alors que les professeurs des écoles appartiennent à la catégorie A de la fonction publique, leur rémunération est comparable voire inférieure aux fonctionnaires de la catégorie B (secrétaires administratifs, techniciens contrôleurs ou gardiens de la paix). Ainsi, les professeurs des écoles touchent 200 € de moins qu’un fonctionnaire de police.

Tableau

Le déclassement des professeurs des écoles est également confirmé sur un plan symbolique. Ils sont rangés dans la catégorie des « professions intermédiaires » du classement de l’INSEE. Tandis que les professeurs agrégés et certifiés restent, de leur côté, dans la catégorie des « professions intellectuelles supérieures ». En effet, les salaires moyens ne sont plus regroupés aujourd’hui dans les documents ministériels par catégories statutaires (A, B et C), mais selon les PCS (professions et catégories socioprofessionnelles) de l’INSEE.
Rappelons que, dans la fonction publique, les corps ou cadres d’emplois sont classés en catégories statutaires (ou hiérarchiques) selon le niveau de recrutement et les fonctions exercées. Ainsi aux corps de catégorie A correspondent les fonctions d’études générales, de conception et de direction, avec un recrutement de niveau licence. Aux corps de catégorie B correspondent des fonctions d’application, avec un recrutement de niveau bac. Enfin aux corps de catégorie C correspondent des fonctions d’exécution, avec un recrutement de niveau CAP-BEP.
La rémunération nette d’un fonctionnaire comprend le traitement indiciaire, les indemnités et primes, ainsi que les heures supplémentaires. Bien que tous les enseignants soient alignés sur une même grille indiciaire, le traitement indiciaire moyen des professeurs des écoles est inférieur à celui des autres professeurs (certifiés, agrégés ou PLP).

Graphique

Enfin, la réalité des rémunérations en fin de carrière est beaucoup moins idyllique que ce qui ressort des chiffres donnés par le ministère ou de ceux sur le salaire statutaire des enseignants repris par l’OCDE.
L’analyse des départs en retraite permet de se faire une idée assez précise de ce que gagne un enseignant des écoles en fin de carrière. Ainsi, si on ne prend en compte que les pensions liquidées pour ancienneté, indépendamment des autres départs comme celui des parents de 3 enfants, l’indice moyen des 6 derniers mois est de 660 (contre 734 pour un professeur certifié), ce qui correspond à un traitement mensuel net de 2 531 € (2 815 € pour un professeur certifié).
On observe que 17,85 % seulement des professeurs des écoles partent en retraite au 11ème échelon, (59,2 % partent sans l’avoir atteint !). Quant à la hors classe, elle ne concerne que très peu de professeurs des écoles : 3,42 % à peine terminent aujourd’hui leur carrière au dernier échelon de la hors classe.
Le nouveau ministre déclarait il y a quelques semaines qu’« il serait digne » de mieux rémunérer les enseignants. C'est ce qui s'appelle être payés de mots…

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