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mercredi 20 juin 2012

Rapport d'information sur le métier d'enseignant (Sénat)

Auteur : Brigitte Gonthier-Maurin
Sénat - Session ordinaire de 2011-2012 - N° 601
19.06.2012




Intéressant rapport de Brigitte Gonthier-Maurin, qui appartient au groupe communiste et républicain. La sénatrice fait d’abord le constat de la souffrance ordinaire des enseignants.
La souffrance ordinaire est largement tue et reste invisible de l’institution scolaire et de la hiérarchie administrative. Pourtant, elle mine en profondeur le travail de nombreux enseignants. Un sentiment d’impuissance, qui se change parfois en découragement, peut naître d’une difficulté perçue à intéresser durablement les élèves, quels qu’ils soient. Ceci se retrouve à tous les niveaux d’enseignement, y compris en classe préparatoire, et contribue à dévaloriser à leurs propres yeux l’action des enseignants.
(…)
Votre rapporteure considère qu’il convient de donner des signes forts de revalorisation matérielle et morale de la condition enseignante à la hauteur de leur implication quotidienne dans leur travail et des responsabilités toujours plus lourdes qu’ils doivent assumer. Elle souhaite également une rénovation de la politique de gestion des ressources humaines au sein de l’éducation nationale afin de garantir un accompagnement des enseignants tout au long de leur carrière. Les fins de carrière nécessitent un traitement particulier afin de tenir compte de l’usure physique et psychologique des enseignants qui accroît la pénibilité de leur travail.
La deuxième partie du rapport établit un diagnostic : le système éducatif français a été déboussolé par une succession de réformes brutales. Ce qui est vrai, tant les coupes budgétaires ont servi de politique éducative sous le ministère Chatel. À tel point que le service public d’éducation ne pouvait plus être assuré convenablement, prélude à une disparition de toute évidence programmée. Sans parler de la formation professionnelle réduite à néant ou presque : le métier d’enseignant n’étant sans doute pas digne d’être appris avant de l’exercer.

Pour autant, les problèmes que rencontre notre système éducatif ne datent pas du ministère Chatel. Il faut remonter une quarantaine d’années avant, avec notamment le triomphe des pratiques inefficaces du constructivisme pédagogique, chaudement approuvées par les ministres de Gauche (et perpétuées par les ministres de Droite). Souvenons-nous de la loi d’orientation Jospin de 1989 qui a constitué une étape majeure du délitement éducatif. Il ne faudrait pas l’oublier, d’autant que la Gauche étant de nouveau aux affaires, on voit les pédagogistes de toute obédience qui reprennent espoir. On peut légitimement craindre que leurs élucubrations soient de nouveau mises à l’honneur.

On trouve d’ailleurs quelques-unes de leurs idées dans la troisième partie du rapport qui s’intitule “Les voies du redressement”. Parmi celles-ci, on ne trouvera pas l'Enseignement Explicite. Le contraire aurait été surprenant...

Nous sortons d’une période qui trouvait son inspiration, avec la Droite, dans l’École de grand-papa. Espérons que le mouvement de balancier ne nous ramènera pas, avec la Gauche, à la pédagogie Freinet et à l’Éducation soi-disant “nouvelle” des mouvements éducatifs qui se disent “progressistes” malgré leurs solutions d'une autre époque. Époque autant révolue que celle des partisans de l'enseignement traditionnel.

Pour refonder l'École, il faut tourner résolument page, mettre le balancier à la ferraille et s'intéresser de près aux pratiques modernes et efficaces. Qui en aura le courage politique ?

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