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mardi 22 mai 2012

La scolarisation des jeunes handicapés (MEN-DEPP)

Auteurs : Sylvie Le Laidier, Patricia Prouchandy
Note d'information, n° 12.10
05.2012

La loi du 11 février 2005 favorise l’inscription des enfants handicapés dans les écoles ordinaires. Depuis, l’accueil en milieu ordinaire a surtout progressé pour les élèves porteurs de troubles intellectuels et cognitifs (31 200 élèves de plus) et porteurs de troubles psychiques (12 500 élèves de plus). C’est-à-dire les élèves les plus difficiles à inclure dans une classe ordinaire.

Pour aider les enseignants, dont la plupart n’ont pas été professionnellement formés pour prendre en charge les déficiences de ce type, la loi de 2005 prévoyait notamment le recours aux AVS (auxiliaires de vie scolaire). L’étude le rappelle : « L’importance de l’accompagnement par un auxiliaire de vie scolaire est souvent évoquée en matière de scolarisation des élèves handicapés. » Dans la réalité, seulement 41 % des élèves handicapés scolarisés dans le premier degré sont accompagnés individuellement. Mais il s’agit d’un accompagnement partiel dans 84 % des cas ! Par surcroît, ce sont les élèves qui présentent des troubles intellectuels et cognitifs qui en bénéficient le moins…

Les enseignants se trouvent donc avec une charge de travail supplémentaire, loin d’être négligeable, et pour laquelle ils ne reçoivent pas de formation professionnelle. Rappelons tout de même que le cœur de notre métier est la pédagogie. Cela signifie que l’enseignant n’est pas un orthophoniste, un rééducateur, un infirmier, un pédopsychiatre, un thérapeute qui sont des professions à part entière.

Soulignons enfin – et ce n’est pas un détail – que les enseignants qui accueillent des élèves handicapés dans leur classe ne perçoivent aucune indemnité financière pour le surcroît de travail, parfois considérable, que cette situation nécessite.
L’inclusion des élèves handicapés dans les classes ordinaires se pare de bons sentiments, mais cette générosité n’est qu’une façade. Cette solution coûte en effet nettement moins cher que l’accueil dans des établissements spécialisés dotés de personnels formés. C’est sans doute cruel à rappeler, mais il en va de l’intérêt même des enfants handicapés qui progresseraient bien mieux et plus vite dans des structures vraiment adaptées à leur déficience…

Voir aussi Internet Le site HSERA

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