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dimanche 27 mai 2012

Le plan École numérique rurale (IGEN - IGAEN)

Auteurs : Jean-Louis DURPAIRE, Pascal JARDIN, Didier JOUAULT, Bertrand PAJOT, Henri-Georges RICHON, Alain BRUNET, Christian FLOREK
Rapport n° 2011-073
06.2011



Petit rappel historique sur l’introduction du numérique dans les écoles en France : « Dès 1984, la Vienne fut ainsi le premier département à engager un plan systématique d’équipement des écoles et de formation de tous les maîtres (en étroite concertation avec l’État). L’année suivante, le plan Informatique pour tous opéra un saut quantitatif, en dotant l’ensemble des écoles élémentaires et en initiant tous les maîtres volontaires dans le cadre de stages rémunérés hors temps scolaire. Ces vingt-cinq dernières années ont été marquées par la prise de conscience progressive, par les élus, de l’importance qu’il y avait à doter leurs écoles de matériel informatique. Certaines décisions ministérielles, comme l’intégration, dans les programmes de l’école ou dans le socle commun, de compétences à acquérir en matière de culture numérique et leur validation (naissance du B2i) ont également contribué au développement des équipements.
Les villes les plus importantes ont investi dans le numérique éducatif et, parfois, communiqué sur l’intérêt pédagogique de leurs efforts. Inversement, certaines écoles de petites communes rurales ont pu, dans ce même domaine, se trouver distancées par rapport aux écoles urbaines, comme elles pouvaient l’être pour d’autres infrastructures, sportives ou culturelles.
En outre, dès 1995, l’arrivée d’internet dans le système éducatif français a creusé les écarts entre écoles urbaines et écoles rurales, en dépit des initiatives prises en milieu rural, comme dans la Creuse, l’Ardèche avec ses « inforoutes » ou le Vercors avec ses « réseaux buissonniers ».
Dès le début des années 2000, l’État a aidé les communes à achever le raccordement des écoles à internet. Pour autant, dix ans plus tard, au moment du lancement du plan ENR, le décalage entre communes urbaines et rurales restait important.
»


Au moment où le plan ENR est lancé, en 2009, la France occupe une place médiocre par rapport aux autres pays pour les usages du numérique à l’école : « Tous les rapports consécutifs à l’arrivée d’internet à l’école ont ainsi souligné le retard français. Si le rapport de l’IGEN L’école et les réseaux numériques évoquait la richesse des initiatives prises et envisageait les conditions de la généralisation des usages, il relevait aussi la difficulté de cette entreprise. »

À chaque école sélectionnée, le plan ENR apportait notamment un TNI (tableau numérique interactif) et une classe mobile (une douzaine de micro-ordinateurs avec écran de 9 pouces pour les élèves). Globalement, ce plan a satisfait tout le monde et a permis l’équipement numérique de nombreuses écoles rurales.

Reste un point noir (qui se maintient en 2012) : l’offre logicielle et les outils numériques utilisables en classe : « En 2002, dans le rapport L’École et les réseaux numériques, l’inspection générale dressait les trois constats suivants qui, une décennie plus tard, restent largement d’actualité.
- Le manuel scolaire dans sa forme papier n’est pas abandonné et « les éditeurs ne cherchent pas à précéder ni à susciter la demande » d’outils numériques. La numérisation se limite à des pages de manuels à feuilleter, mises à disposition sur leurs sites, pour consultation avant commande éventuelle.
- Les versions numérisées des manuels se sont enrichies « avec schémas animés, des extraits de vidéo ou de documents sonores ». Aux yeux de l’inspection générale, c’est « la première amélioration visible : elle apporte une aide à la découverte, à la compréhension ou à la mémorisation. »
- Les évolutions conduisent à utiliser les ressources de l’ordinateur « pour faire avec le livre numérique autrement qu’avec le manuel papier » : dans son rapport, l’inspection générale souhaitait « un travail commun … à mener pour garantir l’interopérabilité des produits et…[le] développement d’outils standards communs  ».
En 2011, les mêmes analyses peuvent être faites pour l’enseignement primaire. Globalement, les éditeurs fournissent trois catégories de manuels numériques : le manuel numérisé, reproduction du manuel imprimé avec quelques possibilités de visualisation, d’annotation … ; le manuel numérique qui offre en sus des ressources en ligne ; le manuel numérique enrichi qui permet une certaine interactivité. Si le plan ENR est facteur de progrès et si les éditeurs traditionnels ont rejoint le catalogue, l’offre reste encore marquée par le manuel imprimé. La lenteur de cette évolution découle probablement du modèle économique de commercialisation des nouveaux outils qui aligne le prix du manuel numérique sur celui de l’imprimé.
»


Dans le domaine des outils pédagogiques numériques, tout reste à faire.

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