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mercredi 23 novembre 2011

Usages des ressources numériques éducatives (Enquête)

Enquête TNS-SOFRES / Savoir Livre



Voici les principaux constats que l’on peut tirer de l’enquête pour ce qui concerne uniquement le Primaire :
- l’usage des manuels numériques est deux fois moins répandu au primaire que dans le secondaire (seulement 8 % des enseignants interrogés enseignent avec un manuel numérique) ;
- sur ce nombre, près de 8 sur 10 utilisent le manuel numérique simple (copie du manuel papier) ;
- un quart des professeurs des écoles travaillent sans ordinateur ;
- un quart des enseignants font accéder leurs élèves au manuel par une licence classe sur les ordinateurs de l’école ;
- le manuel numérique est avant tout reconnu pour mobiliser l’attention des élèves (86 % des enseignants) ;
- les avantages mis en avant sont d’utiliser des exercices interactifs, modifier/personnaliser les contenus pour les adapter à la classe, capter l’attention des élèves et stimuler leur curiosité, donner le goût d’apprendre et d’approfondir ;
- 95 % des professeurs ne souhaitent pas la disparition du manuel papier.

Donc il y a encore beaucoup de progrès à faire. D’abord dans l’équipement des classes en TNI (tableaux numériques interactifs, ex-TBI) et en ordinateurs, ce qui dépend des mairies. Ensuite dans l’utilisation de manuels numériques enrichis (avec du son et de la vidéo), ce qui dépend des éditeurs. Enfin dans l’évolution des mentalités : cet attachement massif aux manuels papier démontre la méfiance des enseignants du Primaire pour les outils numériques, alors que ces derniers se révèlent à l’usage très vite indispensables. Quand on a travaillé avec un TNI, il est en effet hors de question de revenir au tableau vert.

Rappelons pour terminer que les ressources numériques sont parfaitement adaptées aux pratiques d’enseignement explicite.

mardi 22 novembre 2011

Inspection scolaire : du contrôle à l'accompagnement ? (IFÉ)

Auteur : Rémi Thibert
Veille et analyse - IFÉ, Dossier d'actualité n° 67
11.2011




L’inspection manque d’efficacité. « Au vu des publications sur le sujet, l’effet positif de l’inspection sur la qualité de l’éducation n’est pas clairement établi. » (p 12). Selon certaines études citées par ce document, l’inspection ne favoriserait pas positivement la réussite des élèves et pourrait même constituer un frein à l’innovation pédagogique.

L’Inspecteur de l’Éducation nationale est le supérieur hiérarchique des instituteurs et des professeurs des écoles. Lors d’une inspection, l’IEN vérifie que l’enseignement dispensé est en conformité avec les programmes, il conseille l’enseignant sur le plan pédagogique et il intervient sur l’évolution de sa carrière (en proposant une note).  Pourtant, « aucune des trois finalités officielles ne semble […] être véritablement atteinte. Naturellement, la forme de la procédure d’évaluation revient irrémédiablement comme un facteur d’échec. La durée, la fréquence, le fait aussi que le système de notation soit contraint et le suivi quasi inexistant, rendent le contrôle assez vain, la gestion des personnels marginale et enfin l’accompagnement insuffisant » (citation de Xavier Albanel).

L’inspection est généralement mal vécue par les enseignants. À la fois juge et conseil, l’inspecteur est davantage perçu par ces derniers comme un juge. Or l’accompagnement pédagogique ne peut se faire que dans un climat de confiance et dans la durée, ce qui n’est pas compatible avec le système de l’inspection.

De fait, ce qui devrait être évalué, c’est la capacité d’un enseignant à faire progresser ses élèves. Quel que soit le niveau qu’ils avaient en entrant dans sa classe. Ce qui compte pour un système éducatif performant, c’est ce que les élèves ont effectivement appris et solidement retenu. La liberté pédagogique reste la règle, mais les pratiques efficaces – comme l’enseignement explicite – pourraient enfin se diffuser. Cet effet-maître devrait faire l’objet d’un constat chiffré, avec la plus grande précision possible, sur des critères véritablement scientifiques et objectifs. Ainsi, les enseignants efficaces seraient récompensés dans leur évolution de carrière. Quant à ceux qui ont des difficultés dans ce métier, ils se verraient proposer des formations continues pour leur permettre de progresser. Cette évaluation devrait en outre être menée par un organisme indépendant pour garantir la neutralité dans la collecte des données.

En France, il n’est hélas pas possible d’avoir une complète cohérence pédagogique dans chaque école publique. Sauf pour les partisans de Freinet qui peuvent se regrouper dans quelques écoles. Ils bénéficient d’un avantage précieux que les autres n’ont pas : ce n’est pas demain la veille qu’une école explicite accueillera les élèves de la Petite Section au CM2. Donc il est parfaitement illusoire de faire des inspections d’école, ce qui est la tendance lourde du moment. L’effet-école ne peut se mesurer que si tous les enseignants adoptent les mêmes dispositifs pédagogiques. Et pas autrement.

Quant à l’auto-évaluation, sa mise en place serait une farce dans le meilleur des cas ou, dans le pire, s’apparenterait aux autocritiques des pays totalitaires. Encore une technique de management qui dégrade celui qui travaille, en s’attaquant à sa dignité professionnelle. Sans parler de toutes les falsifications de la réalité que cette pratique engendrera inévitablement. Dans quelle tête d’œuf une idée pareille a-t-elle pu germer ?

Manifestement le débat est ouvert. Avec le ministère Chatel, nous assistons à une redéfinition majeure du système éducatif français dicté par des contingences strictement budgétaires. Il serait surprenant que le corps inspectoral n’en fasse pas lui aussi les frais…

vendredi 18 novembre 2011

Réussite scolaire : comment les parents peuvent-ils aider leurs enfants ? (OCDE)

PISA à la loupe, n° 10
11.2011



Introduction :

- Les élèves de 15 ans à qui leurs parents ont souvent lu des livres lors de leur première année de primaire affichent des résultats sensiblement supérieurs lors du cycle PISA 2009 à ceux des élèves à qui leurs parents n’ont lu des livres que rarement, voire jamais.
- L’avantage de performance des élèves à qui leurs parents ont lu des livres durant leurs premières années de scolarisation est manifeste, et ce indépendamment du milieu socioéconomique familial.
-
L’engagement des parents auprès de leur enfant de 15 ans est également fortement corrélé à la performance de ce dernier aux évaluations PISA.




Conclusion :

Tous les parents peuvent aider leur enfant à tirer le meilleur parti de ses capacités en passant du temps à parler et lire avec lui – et ce même, voire particulièrement, dès son plus jeune âge. Les enseignants, les établissements et les  systèmes  d’éducation  devraient  réfléchir  aux  moyens  d’aider  des  parents  toujours débordés à jouer un rôle plus actif dans l’éducation de leur enfant, tant dans le cadre scolaire qu’en dehors de ce dernier.

mercredi 16 novembre 2011

L’évolution du nombre d’élèves en difficulté face à l’écrit depuis une dizaine d’années (INSEE)

Auteurs : Jeanne-Marie Daussin, Saskia Keskpaik, Thierry Rocher
France, portrait social, Édition 2011, p 137-152
11.2011



Introduction :

Depuis une dizaine d’années, le pourcentage d’élèves en difficulté face à l’écrit a augmenté de manière significative et près d’un élève sur cinq est aujourd’hui concerné en début de 6e. Si le niveau de compréhension de l’écrit des élèves moyens n’a pas évolué, la plupart des évaluations témoignent d’une aggravation des difficultés parmi les élèves les plus faibles. Alors que la maîtrise des mécanismes de base de la lecture reste stable, les compétences langagières (orthographe, vocabulaire, syntaxe) sont en baisse, ce qui explique l’aggravation du déficit de compréhension des textes écrits, parmi les élèves les plus faibles. En moyenne, les filles ont de meilleures performances que les garçons dans le domaine de la compréhension de l’écrit ; cet écart s’accroît dans la quasi-totalité des pays de l’OCDE depuis une dizaine d’années. En France, le statut économique, social et culturel des parents explique aujourd’hui une plus grande part de la variation des scores des élèves qu’en moyenne dans l’ensemble des pays de l’OCDE. C’est dans les collèges en zones d’éducation prioritaire que l’augmentation des difficultés est la plus marquée : près d’un tiers de ces collégiens éprouvent des difficultés face à l’écrit, contre un quart il y a dix ans. Les élèves de ZEP d’aujourd’hui ne sont peut-être pas tout à fait comparables à ceux d’hier, toutefois la composition sociale de ces collèges semble plutôt stable.