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mardi 31 mai 2011

La montée de la violence dans les écoles primaires


Rapport du médiateur de l'Éducation nationale


Le lundi 30 mai, Monique Sassier, médiateur de l’Éducation nationale, a remis son rapport pour l’année 2010 au ministre. Elle a traité 17 % de réclamations de plus qu’en 2009.

Capitaine Haddock

Les problèmes de discipline représentent 10 % des saisines faites au médiateur, ce qui est loin d’être négligeable. Cela reflète la montée de la tension entre les enseignants du Primaire et les parents d’élèves. Le médiateur constate en effet une augmentation de la violence et de l’indiscipline chez les élèves : « Jusqu'à présent, la discipline à l'école primaire était un sujet tabou, observe-t-elle. Il ne faut ni le nier, ni l'exagérer. Mais des situations particulières ont mobilisé cette année les médiateurs académiques ». Les rackets, la violence, les jeux dangereux ou le refus d’obéir aux enseignants sont de plus en plus fréquents dans les écoles. 

Face à cette situation qui se dégrade, les parents montrent une « tendance très forte à défendre leur enfant ». Ils prennent le parti de s’opposer aux enseignants en niant que leur enfant puisse présenter des problèmes de comportement. Pourtant, le médiateur rappelle qu’ « à l'école primaire, rien ne se fera sans les parents ». S’il n’y a pas de cohérence éducative entre la maison et l’école, l’enfant continuera à perturber le fonctionnement de l’école et de la classe. Le médiateur regrette que le ministère n’établisse pas un état des lieux de ces problèmes de discipline.

Monique Sassier pointe avec justesse les problèmes qui dégradent l’exercice du métier d’enseignant. Mais cela se gâte quand elle s’aventure à faire des propositions pour les résoudre. On retrouve tous les artifices habituels qui sont déjà, pour la plupart, mis en œuvre et qui ne règlent rien. Par exemple, former les enseignants du Primaire à la gestion des conflits. Quand on connaît à quelle portion congrue est réduite la formation, on se demande bien où on pourra trouver le module « Gestion des conflits ». Autre rustine : faire signer le règlement intérieur de l’école par les parents d’élèves. Mais cela se fait déjà… sans aucun effet sur ceux qui ne veulent rien entendre, préférant prendre systématiquement le parti de leur enfant (forcément adorable) contre son enseignant (forcément méchant). 

On trouve même quelque chose d’encore plus contre-productif : faire établir le règlement par les élèves de CM2. On sait maintenant que faire établir les règles par les élèves est parfaitement inefficace. Les règles de classe ou d’école doivent venir des enseignants. Et ces règles ne sont pas négociables, ni par les élèves ni par leurs parents. On ressort ailleurs la “mallette des parents”, sur laquelle s’assoient confortablement les parents d’enfants-rois. Pour éviter la moindre sanction, on recourt au tutorat, véritable serpent de mer pédagogique toujours évoqué et jamais appliqué faute de personnel adéquat et en nombre suffisant. Enfin, comme certains parents ayant recours au médiateur n’ont aucune confiance dans les enseignants, il faudrait que ceux-ci leur expliquent les sanctions écopées par leur enfant. C'est-à-dire qu'ils se justifient. Après avoir supporté les comportements perturbateurs de l’élève dans la journée, l’enseignant doit passer sa soirée à essayer de convaincre les parents du bien-fondé de la sanction choisie. En vain d’ailleurs, la plupart du temps, comme le prouve l’exercice quotidien de ce métier. 

On rêve du temps où une sanction à l’école s’accompagnait d’une punition à la maison. Les parents étaient peut-être moins instruits en ce temps-là, mais ils étaient certainement plus conscients de leurs devoirs d’éducateurs. Et leurs enfants ne finissaient pas comme des tyrans insatisfaits, ignares et mal élevés.

Dans tout ce catalogue de solutions poussives, il n’est pas venu à l’idée du médiateur de proposer de rendre un peu d’autorité aux enseignants et aux directeurs d’école afin qu’ils puissent avoir les moyens de se faire respecter d’abord des élèves et ensuite de leurs parents.

Monique Sassier ne fait que reprendre les mauvaises idées qui, depuis des années, dominent notre métier et le minent. Mais on lui pardonnera car elle a abordé, dans son rapport, les « interrogations » et les « incertitudes » nées de la masterisation. Notamment au sujet de l’absence de perspectives pour les étudiants qui sont recalés au concours de recrutement. Et bien sûr les difficultés d’entrée dans le métier des jeunes professeurs des écoles stagiaires. Reste à savoir si ces remarques frappées au coin du bon sens seront écoutées, ou du moins entendues, en haut-lieu.

samedi 28 mai 2011

Livre : The Illusion of Full Inclusion (James M. Kauffman et Daniel P. Hallahan)



Livre

The Illusion of Full Inclusion

A Comprehensive Critique of a Current Special Education BandwagonJames M. Kauffman et Daniel P. Hallahan
pro-ed Inc., 2e édition, 464 p, 2005

Caddie



James M. Kauffman : http://people.virginia.edu/~jmk9t
Daniel P. Hallahan : http://people.virginia.edu/~dph/DPH-VITA.htm

Résumé :

Le but de cet ouvrage, intitulé L’illusion de l’intégration, est de pointer les failles et les problèmes de l’intégration des élèves relevant de l’enseignement spécialisé dans les écoles, ce que l’on appelle outre-Atlantique "inclusion".

Il fait le point sur le mouvement de l’intégration depuis ses débuts, au milieu des années 80 jusqu’à ses développements durant les deux décennies suivantes.

Il y a trois parties : la partie I évoque le contexte et se place dans une perspective historique ; la partie II est une série de critiques de ce mouvement, avec un zoom sur les questions conceptuelles et sur les politiques qui en ont découlé ; la partie III  évoque plusieurs possibilités du point de vue de l’intérêt des groupes d’élèves avec handicaps spécifiques.

Le mouvement d’intégration apparaît pour beaucoup comme une solution valable. Il est supposé fusionner l’enseignement généraliste et l’enseignement spécialisé dans un système sans faille qui aiderait tous les élèves de manière adéquate et égale. Cependant, ceux qui émettent des réserves disent que cette option n’est pas assez substantielle pour les élèves qui ont des demandes particulièrement lourdes et ce dans n’importe quel système éducatif. Les critiques ajoutent qu’un système unique peut être assez solide pour aider des élèves en situation de handicap dans les classes généralistes ; mais il ne peut pas offrir une aide aussi efficace en un même lieu et au même moment pour tous les élèves. Une structure spéciale et supplémentaire est nécessaire afin d’éviter que les élèves ayant des besoins particuliers ne passent à travers les mailles.

Cet ouvrage montre pourquoi une intégration totale donne l’illusion d’aider tous les élèves. Tous ceux qui s’occupent d’élèves en situation de handicap devraient lire cet ouvrage de référence. C’est un outil efficace pour informer les éducateurs, les défenseurs des élèves handicapés et les décideurs sur la disparition de l’éducation spécialisée telle que nous la connaissons.

jeudi 19 mai 2011

La discipline en classe s'est-elle détériorée ? (OCDE)

PISA à la loupe, n° 4
05.2011


Synthèse :

- Les élèves qui signalent peu de problèmes de discipline dans leur classe obtiennent de meilleurs résultats aux évaluations PISA que ceux qui déclarent que le manque de discipline en classe perturbe l’apprentissage.
- Entre 2000 et 2009, le climat de discipline en classe s’est amélioré dans de nombreux pays participant à l’enquête PISA et la majorité des élèves des pays de l’OCDE peuvent suivre leurs cours au calme.
- En général, les pays qui ont vu la discipline en classe s’améliorer entre 2000 et 2009 sont aussi ceux où les élèves font état de meilleures relations avec leurs enseignants.


Conclusion :

L’enquête PISA n’apporte aucune preuve soutenant la thèse d’une détérioration problématique du climat de discipline en classe et du décrochage progressif des élèves par rapport à leurs études. En réalité, entre 2000 et 2009, la discipline en classe et les relations entre élèves et enseignants se sont même améliorées.


Voir la position de la France.