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mercredi 16 février 2011

L'École primaire au bas du tableau pour l'encadrement des élèves et les salaires

Tableau de bord de l'emploi public

Situation de la France et comparaisons internationales

Auteurs : Amélie Barbier-Gauchard, Annick Guilloux, Marie-Françoise Le Guilly
Centre d'analyse stratégique
12.2010




Déjà, dans son rapport de 2010, la Cour des Comptes avait signalé que la France consacrait moins de moyens en Primaire que la moyenne des pays de l’OCDE : 5% de moins en maternelle et 15% de moins à l’élémentaire.

Institution placée auprès du Premier ministre, le Conseil d’analyse stratégique (CAS) publie une note dont le chapitre 2 est consacré à l’Éducation (pp 37 à 49). Comme toutes les comparaisons internationales le montrent depuis une dizaine d’années, cette note constate l’état de délabrement de l’enseignement primaire en France. En pointant notamment deux déficiences que nous avions déjà évoquées lors de la publication d’autres comparatifs internationaux.

Avec 5 instituteurs pour 100 élèves, la France se situe en bas de tableau pour le taux d’encadrement des élèves du Primaire. C’est même le taux le plus bas des pays de l’OCDE. À titre de comparaison, signalons qu’aux Pays-Bas, on compte 8 enseignants pour 100 élèves, la Grèce et l’Italie en ont 10, c’est-à-dire très exactement le double de la France !

Les salaires des enseignants français sont également à la traîne. Que ce soit en niveau absolu (parité du pouvoir d’achat) ou en niveau relatif (part du PIB consacrée aux rémunérations par enseignant). Comment attirer les meilleurs avec des salaires aussi dérisoires ? Il est à craindre que les seules motivations des volontaires, parmi les bac+5, seront désormais la sécurité de l’emploi et les vacances. Tant qu’elles existent encore !

Ce traitement infligé à l’École primaire est sans doute la cause des résultats très décevants que les élèves français obtiennent dans les tests internationaux. Cette situation n’est pas nouvelle et aucune amélioration ne se profile. Au contraire, l’absence de toute formation professionnelle et la suppression de milliers de postes d’enseignants décidées tout récemment constituent des aggravations majeures qui mettent en danger mortel le service public d’éducation de notre pays. Tout cela répond à une logique strictement budgétaire sans aucun égard pour les conséquences désastreuses de telles décisions sur le rendement scolaire. Une politique à courte vue, à court terme, à courtes ambitions…



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