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mercredi 8 décembre 2010

Résultats de l'enquête PISA 2009






L'enquête PISA est menée sous l’égide de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques). Depuis 2000, elle compare les compétences et les connaissances acquises par les élèves âgés de 15 ans en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences.

Les résultats  de 2009 viennent d’être publiés. La France reste dans un niveau moyen, ce qui n'est pas satisfaisant. D'autant plus que ses performances en mathématiques ont baissé par rapport à 2003.

La proportion d’élèves en échec scolaire ne cesse d’augmenter pour atteindre les 20% aujourd’hui (15% en 2000). A contrario, la proportion des bons élèves (32%) est au-dessus de la moyenne des autres pays (28%). Par conséquent, l’écart s’accroît entre les élèves en difficultés et les élèves qui réussissent. Probablement parce que les méthodes d’enseignement étant inefficaces, le milieu familial joue un rôle de plus en plus grand en compensant – ou non – les déficiences du système éducatif.

Si l’étude PISA n’analyse pas la violence à l’École, elle observe le climat de discipline dans les classes. En France, ce climat s’est dégradé de 2000 à 2009. Ce qui correspond à l’augmentation du nombre d’élèves en difficultés : puisqu’ils n’arrivent plus à suivre les apprentissages, ils ont des problèmes de comportement.

Les analystes accusent la pratique du redoublement. Ils constatent en effet que les pays qui réussissent ne font pas redoubler les élèves. Mais, contrairement à la France, ces pays mettent en place des mesures pour lutter contre l’échec scolaire, comme du soutien personnalisé, des aides aux devoirs et la nomination des meilleurs enseignants dans les écoles difficiles. La France ne parvient pas à détecter les élèves en difficulté scolaire dès le Primaire et ne met pas en place les moyens suffisants pour qu’ils rattrapent leur retard. Si on prend l’exemple de l’aide personnalisée établie par Xavier Darcos, celle-ci perd de son efficacité parce que la journée devient trop longue et fatigante pour les élèves qui devraient en bénéficier.

Un autre constat est également intéressant : augmenter le salaire des enseignants est bien plus efficace que réduire la taille des classes. Le niveau académique des enseignants français est bien souvent supérieur aux autres pays de l’OCDE mais ils restent très mal payés.

Les analystes pointent une formation professionnelle déficiente, notamment en ce qui concerne les pratiques pédagogiques. Et les choses ne vont pas s’arranger dans un contexte de réduction générale des dépenses publiques. Les réformes entreprises pour améliorer les performances d’enseignement n’ont aucune efficacité si elles ne sont pas au minimum à budget constant. Ce qui n’est plus le cas en France…

Plus symptomatique encore : le volume 2 de PISA est basé sur l’environnement familial des élèves. En France, le milieu socio-économique des parents influence plus qu’ailleurs la performance obtenue par leurs enfants. C’est bien le signe que l’École ne remplit pas correctement sa mission. Depuis la méta-analyse de Wang, Haertel et Walberg, on sait en effet que le milieu familial ne vient qu’en quatrième position dans les critères de réussite scolaire. Les analystes suggèrent donc d’aider les familles défavorisées, alors qu’il faudrait plus sûrement revoir les pratiques d’enseignement afin que, par leur efficacité, elles rétablissent l’égalité dans les apprentissages.

Dans tous les pays de l’OCDE, on remarque un écart entre les performances des garçons et des filles. Ces dernières réussissent nettement mieux en compréhension de l’écrit, à tel point qu’on peut considérer qu’à 15 ans elles ont une année d’étude d’avance sur les garçons. En mathématiques, les garçons se débrouillent mieux. Sans qu’on ait d’ailleurs d’explications convaincantes.
Par ailleurs, les performances des élèves sont meilleures dans les écoles privées que dans les écoles publiques. Mais si on tient compte du milieu socio-économique des familles, cet écart disparaît.


Parmi les pays qui ont progressé, il y a l’Allemagne, la Pologne et le Portugal. Les pays asiatiques (Shangaï, Corée du Sud) caracolent en tête. En Corée, ce sont les continuelles évaluations du système éducatif et les remises en question de sa qualité qui l'aident à progresser.


PISA

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