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vendredi 15 octobre 2010

Le collège (Haut Conseil de l'Éducation)

Bilan des résultats de l'École - 2010

10.2010


Collège



Une partie du rapport s'intitule “Le collège hérite des déficiences de l'école primaire” (pages 21 et 22). Voici ce qu'on peut y lire :

« L’incapacité de l’école primaire à faire acquérir à tous les élèves les compétences attendues à la fin du CM2 est connue : en 2007, dans son bilan annuel consacré à l’école primaire, le Haut Conseil de l’Éducation avait noté, en se fondant sur une évaluation-bilan réalisée en 2004 concernant la maîtrise du langage et de la langue française, que 25 % des élèves de CM2 avaient des acquis fragiles et que 15 % d’entre eux connaissaient des difficultés sévères ou très sévères. À propos des premiers, le Haut Conseil indiquait qu’ils étaient « condamnés à une scolarité difficile au collège et à une poursuite d’études incertaine au-delà », et à propos des seconds que leurs « lacunes rendent impossibles aussi bien un réel parcours scolaire au collège qu’une formation qualifiante »49.
La dernière étude internationale PIRLS50, réalisée en 2006, qui mesure les performances en lecture des élèves en fin de quatrième année de scolarité obligatoire, c’est-à-dire en fin de CM1 pour la France, révèle des résultats préoccupants pour notre pays : si les performances moyennes des élèves français sont relativement stables entre 2001 et 2006, elles situent la France en queue du peloton des pays de l’Union européenne qui ont participé à l’enquête en 2006. Par ailleurs, on observe que les élèves français sont à la fois surreprésentés parmi les élèves les plus faibles et sous-représentés parmi les élèves obtenant les meilleurs résultats.
Le parcours scolaire des élèves à l’école primaire permet de prédire ce qu’il sera au collège pour la plupart d'entre eux. La comparaison entre les acquis des élèves en mathématiques en fin d’école et en fin de collège, telle qu’elle ressort d’une évaluation-bilan réalisée en 2008, est édifiante : la proportion d’élèves ayant des difficultés lourdes s’élève en CM2 comme en troisième à 15 %, la proportion de ceux dont les acquis sont fragiles à 25 % en CM2 comme en troisième. Ce constat amène à une double conclusion : le collège ne parvient pas à résoudre les difficultés rencontrées par ses élèves, mais celles-ci proviennent, pour l’essentiel, de lacunes antérieures qui n’ont pas trouvé de solution à l’école primaire. D'où l'importance de la mise en œuvre du socle à ce niveau. »


Il est important de remarquer à quel point ce rapport dédouane complètement les professeurs de collège. Pourtant il constate que c'est exactement la même proportion d'élèves en difficulté qui arrivent en 6e et qui repartent en fin de 3e. Leurs quatre années de collège ne changent rien. Ni aggravation ni – surtout – amélioration. Et arrive cette conclusion incroyable : c’est à cause de l’École primaire et, par conséquent, des instituteurs qui y travaillent.

Et moi qui croyais que le devoir de tout enseignant était de prendre les élèves au niveau qui est le leur, et de tout mettre en œuvre pour qu’ils progressent et s’améliorent. Ce principe est appliqué au Primaire… mais, d’après le rapport du HCE, il n'est pas utile au collège. Probablement parce que la maîtrise d'une discipline place les professeurs au-dessus des basses contingences pédagogiques.

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