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mardi 25 mai 2010

L’éducation nationale face à l’objectif de la réussite de tous les élèves (Cour des Comptes)

05.2010




Dans ce rapport de plus de 200 pages, la Cour des Comptes a analysé l’organisation mise en place par le ministère de l’Éducation nationale, « tant du point de vue de son efficacité (sa capacité à atteindre les objectifs assignés par la Nation) que de son efficience (son aptitude à le faire en maîtrisant ses coûts) ». La Cour précise que ce travail d’investigation s’est fait « sans entrer dans les domaines de la pédagogie, qui ne relèvent pas de sa compétence ». Dommage, tant il est évident que les pédagogies instructionnistes sont bien moins coûteuses (et bien plus efficaces) que les pratiques constructivistes à la mode depuis une quarantaine d’années.

Les rapporteurs constatent que « les enquêtes nationales et internationales livrent des résultats convergents et peu satisfaisants sur les résultats du système scolaire : ainsi, à la fin de la scolarité obligatoire, la proportion d’élèves éprouvant des difficultés sérieuses en lecture est de l’ordre de 21 % et cette proportion augmente depuis 2000. De même, une proportion considérable d’élèves ne maîtrise pas les acquis attendus des programmes d’enseignement : cette proportion était par exemple de 72 % en mathématiques en fin d’école primaire, de même qu’en fin de collège. Enfin, les comparaisons internationales de l’OCDE, qui mesurent les compétences acquises par les élèves de quinze ans, montrent qu’il existe en France une aggravation de l’écart entre les résultats scolaires des meilleurs élèves et des plus faibles qui révèle un problème aigu, spécifique et croissant de traitement de la difficulté scolaire ». On peut avancer sans craindre de se tromper que les meilleurs élèves trouvent dans leurs familles ce qu’il faut pour compenser l’incurie de l’École, alors que les plus faibles subissent lourdement l’échec des pratiques inefficaces du constructivisme qui se sont généralisées dans les écoles depuis la loi Jospin de 1989.

La Cour des Comptes peut donner une estimation fiable des dépenses de l’éducation (État, collectivités locales, familles). Celles-ci s’élevaient « en 2008 à 37,8 Md€ pour le premier degré et à 54,3 Md€ pour le second degré ». Soit un total de 92,1 Md€. Ce qui équivaut à plus de 30 porte-avions Charles De Gaulle, pour une année seulement !

Le rapport pointe également ce que nous ne cessons de signaler : « par rapport à la moyenne de l’OCDE, la France se situe à un niveau de dépenses annuelles par élève inférieur de 5 % pour l’école maternelle et de 15 % pour l’école primaire ». Tout cela pour un niveau de salaire des enseignants qui « n’est pas supérieur à celui des pays comparables » ce qui, sans la langue de bois, veut dire inférieur. Comment attirer les meilleurs lorsque les salaires sont si bas ?

Au final, le rapport livre quelques “recommandations”, dont celle d’« accroître la part des financements allouée à l’école primaire ». Considérant l'importance du Primaire pour le reste de la scolarité des élèves (que ce rapport reconnaît amplement), espérons que ce soit enfin entendu…

1 commentaire:

  1. Merci pour cet article.
    Même si la Cours des Comptes ne s'occupe que des aspects financiers, il est bon que d'autres que des enseignants, relèvent que le niveau à l'écrit et en maths s'effondre en primaire. Que ces enfants déjà sur la corde raide, n'ont pas les outils pour progresser, et donc, qu'ils peuvent faire toutes les réformes qu'ils veulent au collège, cela n'arrangera rien. De plus, la solution pour "l'égalité" qui consiste à couper toutes les têtes qui dépassent, nuit à ceux qui n'ont pas les moyens de fuir le système.

    Cordialement
    C.A.

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